Jean-Marc Léger, à la tête des Nations unies des sondeurs

Jean-Marc Léger, PDG de Léger, dans le centre... (Photo David Boily, La Presse)

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Jean-Marc Léger, PDG de Léger, dans le centre d'appels.

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Depuis quelques semaines déjà, Jean-Marc Léger n'a plus une seconde à lui. C'est qu'à titre de président du Worldwide Independent Network of Market Research (WIN), qui regroupe les 75 plus importantes firmes indépendantes de sondage et de recherche de 73 pays, il reçoit à partir de demain les PDG de 65 de ces entreprises pour le congrès annuel à Montréal.

«On forme en quelque sorte les Nations unies des sondeurs et on se rencontre chaque année pour partager l'information, l'innovation et nos clients internationaux», m'explique le président de Léger, Recherche, Stratégie, Conseil, la plus plus importante firme canadienne de sondage et de recherche marketing.

Le WIN existe depuis 68 ans déjà. Lorsque Jean-Marc Léger s'est joint à elle, l'association était constituée des 28 plus importantes firmes de sondage indépendantes du monde, pour faire contrepoids aux 5 piliers mondiaux de l'industrie, les Ipsos, Neilsen, Kantar, GFK et IMS qui ont des bureaux à travers le monde.

Depuis que Jean-Marc Léger a été élu président de WIN, en 2010, l'association s'est mise en mode recrutement pour passer de 28 à 75 entreprises membres, en 4 années seulement.

«Je voulais élargir la représentativité du groupe. Beaucoup de nos clients ont des activités internationales et veulent des recherches et des études pour mieux comprendre les marchés émergents où ils font des affaires.

«J'ai recruté, un à un, chacun des présidents des firmes qui sont toutes des leaders de leur marché respectif. On a, par exemple, la plus importante firme ukrainienne comme membre. Dans le contexte actuel, c'est important», souligne le PDG de Léger.

Au final, ce sont les propriétaires et PDG de 65 firmes, de 65 pays, qui vont assister au congrès de dimanche à mercredi. Jean-Marc Léger a mobilisé le Ritz-Carlton pour l'événement.

«Certains de nos membres n'ont pas réussi à obtenir leur visa, dont le PDG de ROMIR, notre associé russe. La femme de notre partenaire malaisien a laissé son passeport durant six semaines à l'ambassade canadienne mais n'a pas réussi à obtenir son visa. Ça ne fait pas très sérieux», déplore le président de WIN.

Jean-Marc Léger est néanmoins fier d'avoir réussi à organiser le congrès annuel de WIN à Montréal, après Rome, Istanbul, Moscou et Nairobi.

«Le siège social est aussi à Montréal et c'est à partir d'ici que l'on réalise chaque mois nos réunions du conseil d'administration par vidéoconférences», précise-t-il.

Partager l'expertise

Les 75 firmes de sondage et de recherche associées au WIN totalisent une facturation annuelle supérieure à 500 millions d'euros et assurent une couverture de 95% du marché mondial.

«C'est cette ouverture à l'international qui me permet de rester en affaires. Beaucoup de nos clients ont des activités globales, que ce soit Merck, Pfizer, Johnson& Johnson ou des organismes sans but lucratif comme la Croix-Rouge, l'Unicef ou la BBC. Ils veulent avoir accès aux pays du BRIC quand ils font une recherche sur leurs produits ou leurs causes», explique le sondeur.

Jean-Marc Léger donne l'exemple du gouvernement canadien qui veut mener une enquête au Japon. En moins de 10 jours, sa firme associée réalisera la traduction du questionnaire, le sondage auprès de 1500 répondants, et Léger pourra remettre les résultats analysés et complets à son client.

Durant les quatre jours de conférences à Montréal, les 65 firmes partenaires vont présenter des études de cas, échanger sur leurs dernières trouvailles technologiques et prendre le pouls de grands donneurs d'ordres.

«On a les gens du marketing de chez Gazprom qui vont nous expliquer leurs techniques de mise en marché.

«On a aussi des responsables du département d'État américain qui vont nous présenter certaines de leurs études et nous expliquer quelles sont leurs attentes en matière de recherche», résume Jean-Marc Léger.

Expansion accélérée

Jean-Marc Léger n'a pas seulement pris le virage international. Au cours des dernières années, il a accéléré le développement de la firme de sondage qu'il a créée, il y a 28 ans, avec son père, l'ex-ministre péquiste Marcel Léger.

«On a démarré Léger&Léger à deux, dans mon sous-sol, avec un seul téléphone», se rappelle-t-il.

Aujourd'hui, la firme emploie 600 personnes dans des bureaux à Montréal, Québec, Toronto, Calgary, Edmonton, Philadelphie et Zurich. Léger&Léger est devenue Léger Marketing, qui s'est transformée aujourd'hui en Léger.

«Les Américains nous identifiaient comme une firme de marketing. En revenant à Léger, on a dissipé la confusion», observe Jean-Marc Léger.

C'est à partir de 2000 que le PDG a décidé de prendre de l'expansion avec une première acquisition d'une firme de sondage à Toronto, suivie en 2005 et 2006 de deux acquisitions à Calgary et Edmonton.

«On est devenus la plus canadienne des firmes de sondage. Notre bureau de Toronto est devenu plus gros que celui de Montréal, mais on réalise plus de revenus ici parce que j'ai rapatrié toutes les activités de centres d'appels à Montréal», précise-t-il.

Léger a acquis une firme de sondage et de recherche de Philadelphie, en 2008, et une société suisse, Isopublic, en 2011. Au cours des deux dernières années, l'entreprise a complété le rachat de deux firmes de solutions technologiques pour raffiner son offre de recherches.

«Le Fonds de solidarité est devenu partenaire à hauteur de 25% de Léger et nous a permis de réaliser notre expansion par acquisitions. Soixante-cinq pour cent de nos revenus sont canadiens, 25% viennent des États-Unis et 10%, de la Suisse», résume-t-il.

Jean-Marc Léger précise toutefois que 18% de l'ensemble des revenus provient de contrats réalisés à l'international pour ses clients canadiens, américains ou européens.

S'il reste le principal actionnaire de son entreprise, Jean-Marc Léger a ouvert l'actionnariat du groupe à certains de ses vice-présidents, tout comme il favorise le partage des profits avec l'ensemble des employés.




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