Sexisme: une salariée attaque en justice Bank of America

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Dans sa plainte, Megan Messina indique qu'un de ses collègues masculins de promotion a perçu au titre de 2015 un bonus trois fois et demi supérieur au sien.

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Agence France-Presse
New York

Dénonçant le sexisme régnant à Wall Street, une cadre dirigeante de Bank of America a décidé d'attaquer en justice la banque qu'elle accuse de traiter les femmes comme des «citoyens de seconde zone» et de les payer moins que les hommes pour des fonctions identiques.

Dénonçant le sexisme régnant à Wall Street, une cadre dirigeante de Bank of America a décidé d'attaquer en justice la banque qu'elle accuse de traiter les femmes comme des «citoyens de seconde zone» et de les payer moins que les hommes pour des fonctions identiques.

Megan Messina, 42 ans, a déposé plainte lundi devant un tribunal new-yorkais, selon des documents judiciaires consultés mardi par l'AFP.

Recrutée par Bank of America en 2007, elle a accédé en 2011 au poste de «directrice» (managing director), un des plus convoités à Wall Street. Dans sa plainte, elle indique qu'un de ses collègues masculins de promotion a perçu au titre de 2015 un bonus trois fois et demi supérieur au sien.

Mme Messina partageait avec ce collègue les fonctions de co-responsables des produits financiers liés au crédit. En 2013, la rémunération (salaire fixe, bonus, stock-options) de ce collègue s'est élevée à 5,5 millions de dollars, 6 millions en 2014 et 5,5 millions en 2015, selon la plainte. Par comparaison, la plaignante a touché 2,5 millions en 2013, 2,75 millions l'année suivante et 2 millions en 2015.

Mme Messina affirme qu'au moment de sa promotion son supérieur hiérarchique direct, un homme, lui a fait comprendre «clairement qu'elle n'était pas la bienvenue dans son équipe baptisée «club de frères» et composée de flagorneurs», selon le texte de sa plainte.

Pendant toute l'année 2015, ce supérieur l'a exclue des listes de distribution des courriels adressés à l'équipe, des réunions, des dîners. Il lui aurait d'ailleurs dit dès leur première rencontre: «je ne comprends pas ce que vous faites».

«En tant que seule femme dans une mer d'hommes», elle affirme n'avoir jamais eu «l'opportunité d'être intégrée et d'avoir une chance de réussir».

Mme Messina, qui réclame un procès, indique s'être plainte de ces comportements, ce qui lui a valu une mise à pied administrative.

«Nous prenons très au sérieux toutes les allégations faisant état de comportement inapproprié et enquêtons dessus de façon minutieuse», a répondu à l'AFP Bill Halldin, un porte-parole de Bank of America.

Avant de rejoindre la banque, Mme Messina a travaillé chez d'autres boutiques de Wall street - Paine Webber et Solomon Smith Barney - où elle aurait reçu, affirme la plainte, des évaluations «exceptionnelles».

Cette plainte est la dernière en date d'une série d'actions judiciaires pour sexisme engagées contre de grandes firmes. La plupart ont fini en accords en millions de dollars.

En 2008, Citigroup a versé 33 millions de dollars à un groupe de traders femmes qui attaquaient la banque pour harcèlement sexuel, un an après que Morgan Stanley eut conclu un accord à 46 millions avec des salariées.




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