É.-U.: vive déception sur les créations d'emplois en avril

Les créations d'emplois aux États-Unis en avril ont fortement déçu, même si le... (PHOTO PAUL J. RICHARDS, ARCHIVES AFP)

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les créations d'emplois aux États-Unis en avril ont fortement déçu, même si le taux de chômage reste inchangé à 5%, témoignant d'une croissance toujours faible à l'entame du 2e trimestre après un début d'année déjà médiocre.

L'économie a créé 160 000 emplois le mois dernier, contre 208 000 en mars, a indiqué le département du Travail vendredi, un chiffre bien en deçà des attentes des analystes qui tablaient sur 207 000 nouvelles embauches.

Le taux de chômage est resté à 5% comme en mars, ce qui correspond à 7,9 millions de sans-emploi.

Cela reste proche de son seuil le plus bas en huit ans, 4,9%, atteint en février. Mais il a pu rester à ce niveau, pour de mauvaises raisons. En effet, le taux de participation à l'emploi, qui compte ceux qui ont un emploi ou en cherchent activement un, a reculé à 62,8% alors qu'il était en augmentation depuis trois mois. Ainsi quelque 360.000 personnes ont renoncé à chercher du travail et ne sont donc pas comptabilisées comme chômeurs.

Le nombre d'emplois à temps partiel faute de trouver mieux est toujours très élevé en avril (6 millions) et n'a guère évolué depuis novembre.

En outre, les créations d'emplois des mois de février et de mars ont été révisées en baisse de 19.000.

Ces chiffres décevants «confirment que le ralentissement du rythme de croissance au 1er trimestre pourrait persister au second», a estimé Chris Williamson, de Markit. L'expansion de l'économie américaine a marqué le pas de janvier à mars, n'affichant que 0,5% de croissance en rythme annuel.

Tandis que la Réserve fédérale (Fed) prévoit une croissance annuelle de 2,2% pour l'ensemble de l'année, certains commencent à douter que l'expansion parvienne à atteindre les 2%.

L'économiste de Markit relève que les embauches ont diminué «après des commandes décevantes et une incertitude accrue liée aux perspectives économiques et politiques», alors que la campagne à l'investiture des candidats à l'élection présidentielle bat son plein pour un vote en novembre.

En avril, plusieurs secteurs ont détruit des emplois. Les effectifs du secteur minier, dont le pétrole, ont continué, comme depuis plus d'un an, leur hémorragie (-8.000). La production de biens a aussi été dans le rouge (-3.000) de même que le commerce de détail pour la première fois en un an (-3.100). Le gouvernement a également débauché (-11.000), notamment dans les services postaux, alors qu'il réengageait du personnel depuis cinq mois.

Une hausse des taux au lieu de deux

Si ce ralentissement du marché de l'emploi était confirmé en mai, la Réserve fédérale fera sans doute une croix sur le projet de relever les taux directeurs dès sa réunion des 14 et 15 juin.

Pour les économistes de Barclays Research, les chiffres de vendredi laissent présager «une seule hausse des taux en 2016, en septembre, au lieu de deux prévues» par les membres de la Fed.

«Nous croyons aussi que les membres du Comité monétaire de la Banque centrale (FOMC) préféreraient attendre de voir l'issue du referendum britannique (sur le «Brexit») avant d'agir à nouveau sur les taux», écrivent-ils dans une note.

«Vu la nature prudente de la présidente de la Fed Janet Yellen, attendre de voir va être l'attitude adoptée par le Comité monétaire en juin, si le rapport sur l'emploi est encore faible en mai», estime aussi Chris Low de FTN Financial.

Mais le rapport du ministère du Travail présente aussi des signes rassurants. La moyenne hebdomadaire travaillée à augmenté (34,5 heures) et le salaire horaire moyen a progressé de 0,3% sur le mois et de 2,5% sur un an.

«Ce n'est pas fantastique mais c'est suffisant pour que la Fed trouve des raisons d'agir» à la hausse sur les taux, a commenté David Lebovitz, analyste pour JP Morgan Investments.

«La hausse des salaires en avril pourrait être un indice avant coureur du fait que le marché du travail est en train de se resserrer», ce qui peut nourrir l'inflation, ajoute Nariman Behravesh, économiste en chef d'IHS.




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