Fed: une hausse possible des taux en octobre ou décembre jugée «appropriée»

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Selon Dennis Lockhart, le président de l'antenne régionale de la Fed d'Atlanta, l'économie américaine montre «des résultats satisfaisants».

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Une hausse des taux d'intérêt américains est possible dès octobre ou décembre, a affirmé un responsable de la Réserve fédérale (Fed), estimant l'état de l'économie «satisfaisant» malgré les turbulences financières.

Dennis Lockhart, le président de l'antenne régionale de la Fed d'Atlanta, considéré comme un centriste au sein du Comité, estime que l'économie américaine montre «des résultats satisfaisants».

«Je considère qu'une décision sur un relèvement des taux d'intérêt plus tard cette année aux réunions du Comité monétaire d'octobre ou décembre est appropriée», a estimé ce membre votant du FOMC lors d'une conférence à New York.

Il fait référence aux prochaines réunions du Comité monétaire prévues les 27 et 28 octobre et les 15 et 16 décembre.

M. Lockhart reconnaît toutefois qu'il y a eu dernièrement «un regain d'ambiguïté», évoquant les turbulences des dernières semaines sur les marchés financiers qu'il a associées, avec un trait d'humour, à des «montagnes russes portant les noms de "La Tour de l'horreur" ou "Le défi du Dragon"».

Mais selon lui, «les fluctuations sur les marchés financiers ne devraient influer sur une décision (sur les taux, ndlr) que si elles peuvent affecter l'activité de façon plausible à travers des canaux clairs et bien compris», estime M. Lockhart.

Il trouve que l'économie américaine dans son ensemble est proche de son potentiel de production et que le marché du travail côtoie le plein emploi même s'il y a une marge d'amélioration qui explique pourquoi le salaire horaire augmente si peu.

Les chiffres décevants des créations d'emplois en septembre (142 000) font descendre à 167 000 le nombre de nouvelles embauches mensuelles au 3e trimestre, ce qui «est encore bien assez pour accompagner la croissance de la main d'oeuvre», selon lui.

Certes la Fed d'Atlanta prévoit une croissance «relativement molle» au 3e trimestre à 1,1 % après 3,9 % au 2e trimestre, qui représentait un rebond sur l'hiver. «Une grande part de cette faiblesse est associée à l'impact d'un gonflement des stocks», affirme M. Lockhart, impact qui devrait ôter pas moins de 2 points de pourcentage à la croissance.

À cela s'ajoute l'effet d'un creusement du déficit commercial qui devrait aussi peser pour trois quarts de point de pourcentage sur la croissance.

Ce frein représenté par l'accumulation des stocks et le déficit commercial est toutefois compensé, aux yeux de ce responsable, par le dynamisme de la consommation.

«Je continue de penser que les progrès continus de l'économie justifient un relèvement des taux bientôt», mais il ajoute qu'il faudra «porter une grande attention aux données économiques à venir et particulièrement à celles concernant l'activité des consommateurs».

Le président de la Fed de New York entrevoit une hausse avant 2016

Le président de la Réserve fédérale (Fed) de New York William Dudley a affirmé vendredi qu'il était de ceux qui prévoyaient un relèvement des taux d'intérêt avant la fin de l'année.

Interviewé sur la chaîne de télévision financière CNBC sur le fait de savoir s'il était de ceux qui misent sur une première hausse des taux dès cette année, M. Dudley a répondu: «Si je me base sur mes projections (économiques), oui j'en suis. Mais ce n'est pas un engagement, cela se fonde sur mes attentes quant à l'évolution de l'économie».

M. Dudley, qui est le vice-président du Comité monétaire qui décide de la politique monétaire de la banque centrale, a estimé que chaque réunion de la Fed devrait être «en direct», c'est-à-dire susceptible de décider d'une hausse des taux ce jour-là en fonction des données. Les prochaines réunions du FOMC cette année se tiennent fin octobre et au milieu de décembre. Un premier relèvement des taux «est possible en octobre», a-t-il indiqué.

Il a affirmé que le ralentissement de l'économie chinoise n'aurait qu'un lien direct «très mince» avec l'économie américaine, mais qu'il fallait évaluer l'impact indirect à travers les pays émergents et les prix des matières premières.

M. Dudley a aussi averti que la volatilité sur les marchés financiers irait «en grandissant (...) plus on se rapproche du moment où la Fed va relever ses taux».

Comme son confrère Dennis Lockhart de la Fed d'Atlanta, le président de la Fed de New York prévoit un ralentissement de la croissance au deuxième semestre aux États-Unis.

Il y aura un «frein conséquent» causé par une accumulation des stocks qui ne devrait toutefois durer «qu'un trimestre ou deux» et une «faiblesse» du côté du commerce extérieur, engendrée notamment par le renforcement du dollar.

En résumé, a déclaré M. Dudley, c'est «un tableau mitigé» entre une «bonne» croissance intérieure atténuée par le gonflement des stocks et le déficit commercial.




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