Trois banques accusées de manipuler les prix des matières premières

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Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley sont accusées d'avoir «potentiellement» manipulé les prix des matières premières.

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Agence France-Presse
NEW YORK

Le Congrès américain a accusé mercredi les banques Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley d'avoir «potentiellement» manipulé les prix des matières premières, dont ceux de l'aluminium.

Dans un rapport rendu public mercredi, une commission sénatoriale accuse ces trois grands établissements de Wall Street de s'être «engagés dans des activités risquées» au détriment des industriels et des consommateurs.

«Depuis 2008, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley sont engagées dans plusieurs milliards de dollars d'activités concernant les matières premières physiques, en contrôlant ou en étant propriétaires de vastes stocks» de brut, de gaz naturel, d'aluminium, d'uranium entre autres, selon la synthèse du document.

Ces banques sont, selon l'enquête du Sénat, propriétaires d'entrepôts de stockage, de centrales électriques, de mines de charbon et de sites de gaz naturel et d'oléoducs.

Or ce mélange de genres entre leur métier de banquier et le commerce engendre une concurrence déloyale face aux industriels et autres acteurs non bancaires. Il «leur permet de bénéficier de coûts d'emprunts bas contrairement aux autres intervenants», fustigent les sénateurs.

Et d'accuser les trois fleurons de Wall Street de s'être servis de leur position pour «manipuler ou influencer les prix des matières premières».

«L»implication massive de Wall Street dans les matières premières physiques met notre économie (...) et l'intégrité de nos marchés à risque», regrette le sénateur Carl Levin, cité dans le document.

«Il est temps de restaurer la séparation entre la banque et le commerce et d'empêcher Wall Street d'utiliser des informations confidentielles à son avantage et au détriment de l'industrie et des consommateurs», insiste-t-il.

Les sénateurs plaident notamment pour un désengagement des banques du courtage des matières premières.

Chez Goldman Sachs, qui a des actifs dans l'uranium, l'aluminium et le charbon, on faisait valoir dans un argumentaire transmis à l'AFP mercredi, les bienfaits du rôle «d'intermédiaire» sur le marché physique des matières premières.

«Une connexion étroite a toujours existé entre les marchés financiers et les matières premières», affirme Goldman Sachs. «Sur les marchés mondiaux, les matières premières sont achetées, vendues, les prix déterminés, et producteurs et consommateurs comptent sur les marchés financiers pour se protéger contre des mouvements imprévus de ces prix», ajoute le groupe qui nie toute influence sur les prix et les stocks dans ses activités d'aluminium.

Chez JPMorgan, on rappelait mercredi que la banque a déjà cédé une grande partie de ses activités dans les matières premières. En mars dernier, la banque a annoncé la cession de son unité de commerce de matières premières (pétrole, gaz naturel, métaux) au groupe de négoce suisse Mercuria Energy pour 3,5 milliards de dollars.

Quant à la banque d'affaires Morgan Stanley, elle a vendu il y a un an sa division de courtage pétrolier au géant russe du pétrole Rosneft pour un montant non divulgué.

Au sénat, jeudi et vendredi, sont prévues des auditions de responsables des trois banques.

Le fonctionnement du marché de l'aluminium est tout particulièrement dans le collimateur des autorités américaines depuis plus d'un an après qu'un fabricant américain de poutres en aluminium, Superior Extrusion, a lancé une action en nom collectif (class action) visant Goldman Sachs et le London Metal Exchange (LME), principale place boursière mondiale sur le marché des métaux.

La plainte les accuse de «comportements anticoncurrentiels et monopolistiques dans le marché du stockage d'aluminium».

Le régulateur des matières premières et produits dérivés, la CFTC, a ouvert une enquête élargie à JPMorgan, Morgan Stanley et le courtier en matières premières Glencore Xstrata.




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