Les marchés à l'affût d'un changement de ton de la Fed

La présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen... (Photo Susan Walsh, AP)

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La présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen tiendra une conférence de presse à 18h30 (14h30, heure de Montréal), une demi-heure après la publication du communiqué du FOMC et des nouvelles prévisions de la Fed sur la croissance, l'inflation et le taux de chômage.

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
WASHINGTON

La banque centrale des États-Unis (Fed) a repris mercredi une réunion de son Comité monétaire à l'issue de laquelle elle doit sans surprise réduire à nouveau son soutien monétaire à l'économie tout en laissant ses taux inchangés.

Mais les acteurs des marchés seront très attentifs au message d'orientation du Comité de politique monétaire (FOMC) qui, jusqu'ici, assure que les taux resteront proches de zéro pendant «une période de temps considérable».

La présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen tiendra une conférence de presse à 18h30 (14h30, heure de Montréal), une demi-heure après la publication du communiqué du FOMC et des nouvelles prévisions de la Fed sur la croissance, l'inflation et le taux de chômage.

Comme s'y attendent la quasi-totalité des analystes, la Fed devrait annoncer une nouvelle réduction de 10 milliards de dollars de ses achats de bons du Trésor et de titres hypothécaires, destinés à soutenir la reprise.

En portant ces achats d'actifs mensuels à un reliquat de 15 milliards de dollars, cette diminution signera la fin proche, probablement lors de la prochaine réunion du FOMC en octobre, du troisième cycle d'assouplissement monétaire lancé par la Fed depuis la crise de 2008.

Mais de nombreux analystes croient également qu'à la vue du redressement de l'économie et du marché du travail, le FOMC pourrait cesser d'indiquer que les taux d'intérêt resteront proches de zéro «pendant une période de temps considérable» après la fin des achats d'actifs.

La croissance de l'économie a rebondi à 4,2% au 2e trimestre après une contraction (-2,1%) au 1er trimestre tandis que le taux de chômage a glissé à 6,1% contre 6,7% il y a six mois quand Mme Yellen a pris la tête de la Fed.

Aux yeux des analystes, cette formulation, utilisée depuis mars dernier, est synonyme d'un relèvement des taux au milieu de 2015.

Lors de leur précédente réunion fin juillet, les membres du FOMC ont déjà montré leur division sur le sujet, certains étant «de moins en moins en accord avec le message d'orientation monétaire» qui prévoit des taux bas pendant cette «période considérable», selon les minutes de la réunion. Ils estimaient que «ce message devrait communiquer plus clairement comment la politique monétaire va répondre à l'évolution des données économiques».

Recul de l'inflation en août

Un membre du Comité avait fait dissidence --Charles Plosser de la Fed de Philadelphie-- et voté contre ce message d'orientation monétaire, estimant que les taux étaient «déjà en retard» sur la vigueur de l'économie.

«Le communiqué devrait avoir un ton moins ''colombe''», assure Jim O'Sullivan, économiste en chef pour les États-Unis de HFE, faisant référence aux tenants d'une politique monétaire ultra-accommodante. «On s'attend à ce que la Fed reformule son message d'orientation en le basant exclusivement sur les données économiques plutôt que sur une notion de temps et en abandonnant cette référence à un +temps considérable+», ajoute-t-il.

Le ton du communiqué sera aussi donné par l'appréciation que le FOMC fait du marché du travail et s'il continue d'estimer qu'il est «sous-utilisé de manière importante». Malgré un taux de chômage en baisse en effet, les chômeurs de longue durée et les employés contraints au temps partiel sont en surnombre.

Toutefois la Fed pourrait préférer encore attendre avant de modifier son message sur les taux, assurent certains, alors que le gouvernement a publié mercredi un indice des prix à la consommation en retrait de 0,2% en août. Ce recul inattendu de l'inflation est le premier depuis avril 2013. L'objectif d'inflation de la Fed est de 2% alors que celle-ci se situe à 1,7% sur un an (CPI) et 1,6%, selon l'indice PCE davantage pris en compte par la banque centrale.

«Ce fléchissement des prix va alléger la pression que subit la Fed pour modifier sa promesse» de tenir les taux proches de zéro «pendant une période considérable», a commenté Paul Dales de Capital Economics.




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