Les cours du pétrole ont terminé en hausse jeudi, profitant modestement de l'annonce d'un recul des réserves pétrolières aux États-Unis.

Le prix du baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, a pris 39 cents à 45,52 dollars sur le contrat pour livraison en août au New York Mercantile Exchange (Nymex).

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a terminé à 48,11 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 32 cents par rapport à la clôture de mercredi.

Les stocks de pétrole brut et d'essence aux États-Unis ont nettement plus baissé que ce à quoi s'attendaient les analystes, selon les chiffres du département de l'Energie (DoE).

Ajouté au reflux inattendu des réserves de produits distillés cela a propulsé le baril new-yorkais à 46,53 dollars en séance.

Dans le détail, les stocks de brut ont baissé de 6,3 millions de barils (contre une baisse de 2 millions de barils prévue par les analystes), celles d'essence de 3,7 millions de barils (contre -1,8 million attendus) et celles de produits distillés de 1,9 million de barils (contre une hausse anticipée de 500 000).

«Les données publiées sont encourageantes dans tous les domaines», ont résumé les analystes de DNB Markets.

Fin d'échanges décevants

Mais le brut a ensuite concédé une bonne part de ses gains.

«On a du mal à comprendre d'où cela vient», a reconnu Bob Yawger de Mizuho Securities USA.

«Le fait que le marché ne puisse pas conserver ses gains est un peu inquiétant pour ceux pariant sur une hausse», a continué Kyle Cooper de IAF Advisors.

Toutes catégories confondues, mais sans prendre en compte la diminution des réserves stratégiques, les stocks américains de produits pétroliers ont baissé de 13,4 millions de barils.

«Le seul aspect qui était défavorable aux cours c'est que la production américaine est presque revenue sur sa baisse de la semaine dernière», a mis en avant Kyle Cooper.

«Mais on avait réussi à grimper plus tôt quand c'était déjà le cas», a nuancé Bob Yawger.

Les réserves américaines sont scrutées de près par le marché car les efforts de réduction de l'offre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d'autres producteurs, dont la Russie, tardent à se traduire par une baisse des stocks mondiaux.

«Même si le respect des accords est bon, la réduction de la production de l'OPEP n'a pour l'instant guère entamé le niveau des stocks, qui sont à peu près aussi élevés qu'il y a un an», a détaillé Martijn Rats de Morgan Stanley dans une note qui abaisse également ses prévisions de cours jusqu'à mi-2018.

Parmi les facteurs jugés peu favorables aux cours, John Kilduff de Again Capital mettait en avant le contexte géopolitique marqué par la tension autour de la Corée du Nord, ce qui est susceptible de provoquer «des baisses de la demande».