La baisse-surprise des stocks américains fait bondir le pétrole

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Agence France-Presse
LONDRES

Les cours du pétrole progressaient fortement mercredi en fin d'échanges européens, galvanisés par l'annonce d'une nette et inattendue baisse des réserves de brut aux États-Unis la semaine dernière.

Vers 16 h GMT (midi à Montréal), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait 47,02 $ sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,50 dollar par rapport à la clôture de mardi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en juin gagnait 1,24 $ à 45,90 $.

Les cours du Brent et du WTI, qui se montraient hésitants depuis le début des échanges européens, oscillant à proximité de l'équilibre en attendant les chiffres officiels sur les stocks américains de brut, ont soudainement bondi une fois ces derniers publiés.

Une importante baisse des réserves aux États-Unis a en effet agréablement surpris le marché, qui s'attendait à une nouvelle progression des stocks.

Lors de la semaine achevée le 6 mai, les réserves commerciales de brut ont reculé de 3,4 millions de barils à 540,0 millions de barils aux États-Unis, alors que les experts interrogés par l'agence Bloomberg s'attendaient à une hausse de 750 000 barils.

Surtout, ce recul va exactement à l'encontre des estimations privées de la fédération American Petroleum Institute (API), qui tablait sur une hausse de 3,4 millions de barils.

«L'American Petroleum Institute s'est complètement planté», commentait Fawad Razaqzada, analyste chez City Index, soulignant que le déclin imprévu des stocks «pourrait bien être dû aux incendies au Canada, dont les États-Unis sont le principal marché d'exportation».

L'analyste en voulait pour preuve le fait que les importations de pétrole brut aux États-Unis sont ressorties en baisse de quelque 5000 barils par jour par rapport à la semaine précédente dans le rapport du département américain de l'Énergie (DoE).

«Les importations devraient encore baisser cette semaine en raison de la réduction significative de la production de pétrole au Canada», estimée jusqu'à présent à près de 1,5 million de barils par jour, prévenait M. Razaqzada.

En outre, il mettait en avant le fait qu'un nouveau déclin de la production américaine, qui a baissé de 23 000 barils par jour supplémentaires la semaine dernière, avait également contribué à soutenir les cours.

Autres facteurs positifs: les stocks d'essence ont baissé de 1,2 million de barils alors que les experts de Bloomberg n'attendaient qu'un déclin de 500 000 barils et que l'API avait annoncé une hausse de 300 000 barils.

De leur côté, les réserves de produits distillés (gazole, fioul de chauffage, kérosène, etc.) ont également diminué, de 1,6 million de barils, soit un peu plus que les estimations des experts de Bloomberg et de l'API, qui s'établissaient respectivement à un million et 1,4 million de barils en moins.

Avant la publication du rapport du DoE, les prix du pétrole avaient déjà bénéficié ces derniers jours d'inquiétudes sur l'offre en raison de plusieurs interruptions de production, non seulement au Canada, mais également au Nigeria et en Libye, même si la difficulté d'évaluer leur impact réel sur le marché a entraîné une forte volatilité des prix.

Les feux de forêt autour de la ville de Fort McMurray, dans la province de l'Alberta (ouest du Canada) continuaient d'avancer mercredi, et des conditions ont été imposées aux compagnies pétrolières avant un redémarrage de leurs activités, qui pourrait au mieux prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Parallèlement, l'attention des investisseurs se tournait aussi vers le Nigeria, où la compagnie «Shell évacue du personnel et a déclaré une situation de force majeure sur un oléoduc», notait Phil Flynn, analyste chez Price Futures Group.

Cette annonce vient s'ajouter à une récente série de perturbations dans le delta du Niger, où sont actifs de multiples groupes rebelles. La production du Nigeria, premier exportateur africain de pétrole, a déjà chuté au plus bas depuis 20 ans.




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