Le pétrole porté par les incendies de Fort McMurray

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Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en juin gagnait 1,06 dollar à 45,72 dollars.

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Agence France-Presse
Londres

Les prix du pétrole maintenaient leur tendance haussière lundi en cours d'échanges européens, toujours soutenus par les feux de forêts faisant rage au Canada et par la nomination d'un nouveau ministre du Pétrole en Arabie saoudite.

Vers 6h00 (heure de Montréal), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait 46,21 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 84 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en juin gagnait 1,06 dollar à 45,72 dollars.

«Malgré le caractère terne des données américaines de vendredi et plus largement des indicateurs économiques en général, les prix du pétrole continuent de bien résister, (le marché) s'attendant à ce qu'un resserrement de l'offre finisse par se produire», relevait Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Selon l'analyste, les cours bénéficiaient des craintes que les incendies dans l'Alberta puissent faire rage pendant des mois, menaçant de faire baisser la production de pétrole de la région. Ils profitaient aussi de la nomination d'un nouveau ministre saoudien du Pétrole et d'un rapport selon lequel les nouvelles découvertes d'or noir sont au plus bas depuis 60 ans.

Même si un temps plus frais permettait lundi de contenir l'avancée des feux de forêts de la région de Fort McMurray, avec une menace moindre pour les installations pétrolières alentour dont certaines commençaient à esquisser une reprise de l'activité, le secteur restait fortement affecté.

Avec plusieurs sites d'exploitation fermés, certains estiment que le manque à gagner pour le Canada en termes de production pétrolière pourrait atteindre entre 1 et 1,5 million de barils par jour, soit environ un quart de toute la production du pays.

«Le Canada est le principal fournisseur de pétrole (extérieur) des États-Unis», notaient les analystes de Commerzbank, soulignant que les Américains devront trouver une autre source d'importation ou voir leurs réserves de brut chuter de pas moins de 7 millions de barils dans la semaine.

En outre, les cours devaient également digérer le limogeage au cours du week-end de l'emblématique ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaïmi, qui a donné le ton de la politique pétrolière du royaume (le premier exportateur mondial de brut) pendant plus de deux décennies, et son remplacement par le PDG de Saudi Aramco, première compagnie pétrolière au monde, Khaled al-Faleh, qui hérite d'un super ministère de l'Énergie, de l'Industrie et des Ressources minières.

En remaniant le gouvernement saoudien, le roi Salmane et son tout-puissant fils Mohammed ont, selon des experts, mis l'appareil d'État en ordre de marche pour lancer leur plan visant à rendre l'économie moins dépendante du pétrole.

La plupart des analystes estimaient toutefois que ce changement de ministre n'était pas de nature à redessiner profondément la politique saoudienne en matière énergétique, laissant supposer que les prix du pétrole réagissaient davantage aux incendies canadiens qu'à ce remaniement.

«En tant que ministre du Pétrole le plus ancien au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Ali al-Nouaïmi a joué un rôle-clé dans l'élaboration de la politique énergétique de son pays depuis 1995 et a été longtemps considéré comme "le pétrolier le plus puissant du monde"», commentaient les analystes de Commerzbank.

Mais selon ces derniers, son influence avait déjà commencé à décliner dès 2014 avec l'avènement du roi Salmane car la stratégie de al-Nouaïmi consistant à inonder le marché d'or noir pour faire chuter les prix et contrer ainsi la concurrence, notamment le pétrole de schiste américain, a peiné à porter ses fruits.

Les analystes de RBC Capital Markets jugeaient que la nomination d'un nouveau ministre saoudien du Pétrole moins charismatique et indépendant que son prédécesseur faisait surtout partie de la stratégie de consolidation du pouvoir du vice-prince héritier Mohammed ben Salmane et ne représentait pas un changement dans l'actuelle politique pétrolière saoudienne.

Mohammed ben Salmane «est davantage focalisé sur le fait de mettre fin à l'indépendance saoudienne à l'égard des hydrocarbures à travers des réformes profondes et le maintien des parts de marché (du royaume) face à l'Iran qu'il ne cherche à obtenir une hausse des prix du pétrole», expliquaient-ils.




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