Le pétrole perd du terrain dans le sillage des Bourses mondiales

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Agence France-Presse
Londres

Les cours du pétrole repartaient à la baisse lundi en fin d'échanges européens, après avoir été un temps soutenus par la crainte que la crise géopolitique opposant l'Iran à l'Arabie saoudite menace l'approvisionnement mondial de brut, dont le golfe est un producteur majeur.

Vers 17h25 GMT (12h25 à Montréal), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février valait 36,94 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en repli de 34 cents par rapport à la clôture de jeudi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance perdait 53 cents à 36,51 dollars.

Les cours du Brent et du WTI, qui ont un moment bénéficié des inquiétudes suscitées par les tensions entre Riyad et Téhéran, bondissant de quelque 3%, ont finalement opté pour la baisse peu après l'ouverture des marchés américains, alors que Wall Street a perdu plus de 2% dès l'ouverture dans le sillage de la dégringolade des Bourses asiatiques.

Les vives tensions entre l'Iran chiite et ses voisins arabes sunnites ont franchi un nouveau seuil lundi, l'Arabie saoudite et ses alliés rompant ou réduisant leurs relations diplomatiques avec Téhéran après une crise déclenchée par l'exécution d'un dignitaire chiite.

Cette dernière a éclaté samedi avec l'exécution par Riyad du dignitaire chiite Nimr el-Nimr, critique du pouvoir saoudien, avec 46 autres personnes condamnées pour «terrorisme», dont la majorité pour des attentats attribués au réseau extrémiste sunnite Al-Qaïda.

Cette exécution a provoqué une guerre de mots entre Téhéran et Riyad et des manifestations de colère parmi la communauté chiite dans plusieurs pays, dont l'Iran où les représentations saoudiennes ont été attaquées, l'Irak, le Liban, Bahreïn ainsi que le Pakistan et le Cachemire indien.

La plupart des analystes jugeaient toutefois que le rebond des cours du brut était exagéré dans la mesure où la production du Golfe, qui compte pour près de 30% de l'offre mondiale de pétrole, n'était pas menacée dans l'immédiat.

«De faibles liquidités au démarrage de la nouvelle année ont probablement exacerbé la réaction des marchés pétroliers à (cette) dispute politique qui est peu susceptible de perturber la production», commentait Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets.

«Une fois que les sanctions seront levées, l'Iran ne devrait pas laisser ses relations avec l'Arabie saoudite entraver son projet d'augmenter fortement ses exportations. L'Iran pourrait décider d'adopter une position plus intransigeante contre la stratégie menée à l'instigation de l'Arabie saoudite de ne pas réduire la production lors de la prochaine réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Même si cela est dans six mois et que les choses pourraient donc se calmer d'ici là», estimait l'analyste.

De même, les analystes de Capital Economics estimaient qu'il était peu probable que les tensions irano-saoudiennes apportent un soutien durable aux cours du brut, qui se trouvaient par ailleurs affectés, à l'image des l'ensemble des marchés financiers, par la publication de mauvais indices manufacturiers en Chine, venus raviver les doutes sur la croissance mondiale.

«Les prix du pétrole ont grimpé (en début de séance), mais pas sensiblement. En effet, d'importantes réserves mondiales de pétrole et une production en hausse ailleurs signifient que les risques géopolitiques au Moyen-Orient ne sont pas aussi grands que ce qu'ils étaient autrefois», ajoutaient les analystes de Capital Economics.




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