L'OPEP fait chuter le pétrole au plus bas depuis 2009

Les cours du pétrole ont chuté lundi à leur plus bas niveau depuis près de sept... (PHOTO ENRIQUE DE LA OSA, ARCHIVES REUTERS)

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Agence France-Presse
NEW YORK

Les cours du pétrole ont chuté lundi à leur plus bas niveau depuis près de sept ans, plombés par l'immobilisme manifesté avant le week-end par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) face à la surabondance mondiale.

Le cours du baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en janvier a perdu 2,32 dollars à 37,65 dollars sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX), soit le plus bas niveau de clôture d'un contrat de référence depuis février 2009.

À Londres, le prix du baril de Brent, référence européenne du brut, est lui aussi tombé à ses plus bas niveaux depuis début 2009, celui du contrat pour janvier perdant 2,27 dollars à 40,73 dollars.

« Le marché du pétrole est en train de rendre un verdict clairement défavorable sur l'issue de la réunion de vendredi de l'OPEP », a résumé Tim Evans de Citi.

Le marché, que la surabondance d'offre a contribué à faire plonger depuis la mi-2014, comptait sur le cartel pour donner des signes de bonne volonté, si ce n'est en réduisant ses objectifs de production, du moins en tenant des propos plus conciliants.

Or, le cartel a non seulement décidé de maintenir son offre à ses niveaux habituels, fidèle en cela à la position adoptée un an plus tôt et maintenue il y a six mois, mais il n'a même plus pris la peine d'établir un objectif chiffré.

« Manifestement, le marché prend aujourd'hui la pleine mesure de la décision de l'OPEP d'abandonner l'idée d'un plafond de production, après avoir tardé à y réagir vendredi », a jugé John Kilduff, d'Again Capital.

Ce plafond était de toute façon théorique, puisque la production réelle des pays de l'OPEP se situe actuellement aux alentours de 32 millions de barils par jour (mbj), selon différentes études, soit nettement plus que l'objectif de 30 mbj maintenu lors de ses précédentes réunions.

Toutefois, le fait que les membres de l'OPEP n'aient pu s'entendre « ne signifie pas seulement que l'excès d'offre mondiale va rester en place pour une période bien plus importante que prévu, mais pose aussi la question de son rôle en tant que cartel », a jugé Fawad Razaqzada, analyste chez Gain Capital trading group.

Rapports attendus 

« Ce qui trouve le plus un écho chez les investisseurs, c'est le résumé fait par le ministère iranien du Pétrole: ''chacun fait ce qu'il veut'' », a conclu à ce sujet M. Evans.

Certains observateurs notaient que le dollar se reprenait après une chute brutale en milieu de semaine dernière, et restait dans l'ensemble fort, ce qui nuit aux échanges pétroliers, libellés en monnaie américaine.

« On ne voit tout simplement pas comment la surabondance va se résorber... et la reprise du renforcement du dollar ne fait rien pour arranger les choses », a résumé M. Kilduff.

Désormais, « cette semaine, on va prendre connaissance du trio habituel de rapports mensuels sur l'offre », a annoncé Matt Smith, de ClipperData.

« L'Energy Information Agency », dépendant du gouvernement américain, « donne comme d'habitude le signal de départ demain [...] puis jeudi on aura le rapport mensuel de l'OPEP », a-t-il énuméré. « L'Agence internationale de l'énergie », liée à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « fermera la marche vendredi ».




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