Canadian Oil Sands défend le statu quo pour ses actionnaires

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Canadian Oil Sands (COS) s'attend à générer 338 millions $ en flux de trésorerie disponibles l'an prochain. Sur la photo, un excavatrice sur un site de Suncor, qui tente d'acquérir COS.

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La Presse Canadienne
CALGARY

Canadian Oil Sands, cible d'une offre d'achat hostile du géant Suncor Énergie, a détaillé mardi ses plans d'investissements et ses cibles de performance pour l'année 2016, estimant qu'ils démontraient que le statu quo était avantageux pour ses actionnaires.

Depuis le début de la lutte acrimonieuse pour sa prise de contrôle, Suncor (SU) a dépeint COS (COS)  comme un investissement risqué tant qu'elle restait une firme distincte, compte tenu de la forte probabilité que les prix du pétrole restent faibles pendant encore un bon moment.

Mais le chef de la direction de COS, Ryan Kubik, a indiqué mardi qu'avec la fin des dépenses pour de grands projets et les économies de coûts qui commençaient à prendre racine, l'entreprise était destinée à commencer l'année 2016 en bonne santé.

COS s'attend à ce que ses dépenses en immobilisations atteignent 295 millions $ l'an prochain. La société avait indiqué en octobre que ses dépenses pour 2015 s'établiraient à 368 millions $.

« Canadian Oil Sands commence à être plus résiliente et elle émergera de cette baisse des prix du pétrole encore plus forte », a déclaré M. Kubik lors d'une conférence téléphonique.

Au moins un investisseur qui participait à la conférence ne s'est cependant pas montré convaincu.

Robert Cooper, de la firme Acumen Capital Partners de Calgary, a laissé échapper une certaine frustration vis-à-vis de la performance du cours de l'action de COS et de la croissance du dividende par rapport à Suncor. Et il s'est demandé pourquoi COS avait rejeté une meilleure offre amicale au printemps.

Lorsque Suncor a présenté son offre non sollicitée toute en action, le 5 octobre, elle valait 8,84 $ par action. Mais le géant des sables bitumineux avait tenté de s'entendre à l'amiable avec COS plus tôt cette année, et il était prêt, en date du 31 mars, à présenter une offre évaluée à 11,84 $ par action.

En fonction des cours de clôture de lundi, l'offre de Suncor vaut maintenant 9,23 $ par action, soit 4,5 milliards $.

Selon M. Cooper, COS devrait être en train de négocier une meilleure offre avec Suncor.

« J'aimerais vraiment savoir, maintenant que les actionnaires se sont vraiment fait défigurer dans la dernière année, qui cherche à les protéger? » a-t-il demandé.

M. Kubik a répondu que sa société était beaucoup plus exposée aux fortes variations des prix du pétrole brut - tant lorsqu'ils grimpent que lorsqu'ils reculent - que Suncor.

Nouvel acheteur recherché

Selon COS, pour chaque augmentation de 10 $ US du prix du baril de pétrole, les flux de trésorerie grossissent d'environ 300 millions $.

La société s'attend à générer 338 millions $ en flux de trésorerie disponibles l'an prochain. Son calcul pour 2016 tient compte d'un baril de pétrole brut à 50 $ US, par rapport au prix actuel d'environ 42 $ US.

Le principal actif de COS est sa participation de 37 % dans le projet de sables bitumineux Syncrude, situé au nord de Fort McMurray, en Alberta.

En comparaison, Suncor est une bien plus grande société, plus diversifiée, et ses actifs comptent une imposante présence dans le secteur des sables pétrolifères, en plus de raffineries, de stations de gaz naturel et de plateformes pétrolières en mer. Suncor détient une participation de 12 % dans Syncrude, ce qui signifie que sa part dans la coentreprise passerait à 49 % si son offre d'achat était acceptée.

M. Kubik a ajouté que les actionnaires devraient être « rassurés » par le processus mis en place pour trouver un autre acheteur. Un conseiller de COS a indiqué que 25 parties avaient démontré un certain intérêt.

Lundi, la commission des valeurs mobilières de l'Alberta a permis à COS de conserver son régime de droits des actionnaires - aussi appelé « dragée toxique » - en place jusqu'au 4 janvier. Ce régime lui permet de gagner du temps dans sa recherche d'acheteurs potentiels.

« Un coup de pied dans les tibias »

Lors d'un entretien, M. Cooper ne s'est pas montré impressionné par la façon dont M. Kubik a répondu à ses questions.

« Je crois que c'était typiquement une réponse qui ne répond à rien », a-t-il commenté.

Depuis la présentation de l'offre de Suncor, COS a vu le prix de son action progresser, franchissant même par moments le cap des 10 $. Le titre a clôturé mardi à 8,93 $ à la Bourse de Toronto, en hausse de 37 cents, soit 4,2 %.

Si Suncor devait décider d'abandonner sa proposition - ce qu'il a menacé de faire - l'action risque de retomber aux environs des 5 $ ou 6 $, a estimé M. Cooper.

Un autre acheteur pourrait toujours émerger, mais jusqu'à maintenant, même les joueurs les plus logiques - notamment la Pétrolière Impériale (TSX:IMO), aussi partenaire dans Syncrude - sont restés muets.

« En fait, on ne vaut toujours ce que quelqu'un est prêt à débourser », a illustré M. Cooper.

« Il existe vraiment un risque que Suncor abandonne. Et pour les actionnaires de Canadian Oil Sands, cela va être l'équivalent d'un bon coup de pied dans les tibias. »




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