Le pétrole hésite dans un marché perplexe sur l'OPEP

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Agence France-Presse
NEW YORK

Les cours du pétrole ont peu évolué lundi à New York et Londres, les investisseurs hésitant à croire à une inflexion de la politique de forte production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) après des propos conciliants de l'Arabie saoudite.

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en janvier, dont c'était le premier jour comme contrat de référence, a cédé 15 cents à 41,75 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a en revanche gagné 17 cents à 44,83 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

«Le marché est en train d'essayer de déterminer s'il faut accorder foi à des propos de l'Arabie saoudite, qui se dit désireuse de stabiliser le marché de concert avec les producteurs extérieurs à l'OPEP», a résumé Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Alors que la majorité des observateurs jugent que l'OPEP contribue largement à plomber le marché en s'abstenant d'abaisser ses quotas de production, Ryiad, membre dominant du cartel, a fait un pas en avant lundi en exprimant sa volonté de coopérer avec les autres producteurs pour endiguer la chute des prix.

La réaction des investisseurs est restée mesurée, car «ils sont plutôt sceptiques quant à un accord quelconque entre l'OPEP et les producteurs extérieurs», a souligné M. Lipow.

La production élevée, non seulement de l'OPEP, mais aussi des États-Unis et de la Russie, a largement contribué à faire chuter les prix lors du second semestre 2014, puis à les maintenir à un bas niveau malgré quelques tentatives avortées de rebond en 2015.

Instabilité 

«Les déclarations de l'Arabie saoudite sont une chose, mais on peut noter qu'elle mène toujours une politique de prix très concurrentiels, comme en témoigne son rebond au premier rang des fournisseurs de la Chine en octobre», a souligné Tim Evans, de Citi.

«Comme les importations chinoises ont été faibles en octobre, cela semble un exemple de réussite de l'Arabie saoudite dans la capture d'une plus grande partie d'un marché affaibli», a-t-il précisé.

D'un autre côté, les observateurs notent que l'Arabie saoudite et, plus largement, de nombreux acteurs de l'OPEP se trouvent dans une position de moins en moins tenable, vu le poids de plus en plus lourd que fait peser le bas niveau du marché pétrolier sur leur budget.

«C'est un bon signe que les Saoudiens tiennent de tels propos pile maintenant, à l'approche d'une réunion (semestrielle) de l'OPEP le 4 décembre», a jugé Carl Larry, de Frost & Sullivan. «Je ne sais pas s'ils veulent vraiment coopérer (mais) ils vont être obligés de faire quelque chose.»

En ce sens, plusieurs membres du cartel, minoritaires par rapport à Riyad, ont appelé depuis le week-end à une politique moins agressive, comme le Venezuela, qui a mis en garde sur une chute des prix à 20 dollars le baril, ou l'Iran, qui a réitéré son souhait de relever sa production dans le sillage de la levée des sanctions occidentales à son encontre.

Dans l'ensemble, «le marché devrait être dominé par l'instabilité jusqu'à la fin de l'année», a prévenu Matt Smith, de ClipperData. «Les conditions rappellent beaucoup celles de la fin août: les cours se rapprochent de 40 dollars, toutes les actualités semblent défavorables, et les investisseurs spéculatifs accentuent leurs paris à la baisse.»




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