Réduction des GES: les alumineries veulent être exemptées

Les alumineries offrent au gouvernement de l'aider à atteindre son... (PHOTO STEPHEN MORTON, ARCHIVES BLOOMBERG)

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Les alumineries offrent au gouvernement de l'aider à atteindre son objectif de réduction de gaz à effet de serre en maintenant leur performance actuelle, ce qu'elles estiment être déjà tout un défi.

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Hélène Baril

Le secteur de l'aluminium, plus important émetteur de gaz à effet de serre (GES) au Québec, veut être exempté des mesures que prendra le gouvernement du Québec pour atteindre sa cible de réduction des émissions polluantes.

«On a atteint la limite de notre technologie, on ne peut pas faire plus», explique Jean Simard, président et chef de la direction de l'Association de l'aluminium du Canada, qui regroupe les trois producteurs actifs au Québec, soit Rio Tinto, Alcoa et Alouette.

M. Simard plaidera la cause de l'industrie aujourd'hui, lors de la consultation de la Commission des transports et de l'environnement de l'Assemblée nationale.

Le gouvernement québécois veut une réduction globale de 37,5% des émissions de GES à l'horizon 2030, un objectif ambitieux.

Les alumineries ne portent pas de jugement sur l'objectif, mais elles soulignent que leur contribution à cette réduction ne peut être que de zéro.

«L'industrie de l'aluminium a déjà fait tout ce qu'elle pouvait faire pour être moins polluante. La technologie ne peut pas faire plus. Comme industrie, on a maintenant la plus faible empreinte carbone de la planète», dit Jean Simard.

Si les alumineries sont forcées d'acheter des crédits de carbone pour compenser les réductions de GES qu'elles ne peuvent plus faire, «tous les projets de croissance qui sont sur la table sont calés», affirme le porte-parole.

«La phase 3 d'Alouette, l'AP-60 phases 2 et 3 [Rio Tinto] ou la reconstruction de l'usine Vaudreuil [Rio Tinto], ça ne se fera pas parce que [l'achat de crédits] vient rompre l'équilibre financier de tous ces projets-là.»

Les arguments des alumineries pourraient bien être utilisés par d'autres industries pour se soustraire aux cibles de réduction de GES. Peut-être, dit Jean Simard, mais il y a des secteurs qui ont fait plus que d'autres pour réduire leur empreinte carbone et le gouvernement doit le reconnaître.

Dans beaucoup d'autres secteurs, des technologies existent pour réduire les émissions de GES, ajoute-t-il, mais pas pour faire de l'aluminium. «On n'a pas d'option de rechange pour produire de l'aluminium.»

Les alumineries offrent au gouvernement de l'aider à atteindre son objectif en maintenant leur performance actuelle, ce qu'elles estiment être déjà tout un défi.

«Le seul engagement qu'on peut vouloir prendre, c'est tenter de maintenir notre intensité énergétique et aussi d'aider l'industrie du transport à utiliser plus d'aluminium pour réduire son empreinte carbone.»

PRINCIPAUX ÉMETTEURS DE GES AU QUÉBEC, EN TONNES MÉTRIQUES (2014)

> Alcoa (Baie-Comeau): 493 355

> Aluminerie Alouette (Sept-Îles): 1,13 million

> Aluminerie de Bécancour: 794 500

> Rio Tinto (Alma): 827 551

> Rio Tinto (Arvida): 746 293

> Rio Tinto (Grande-Baie): 547 752

> Rio Tinto (Laterrière): 426 294

> Rio Tinto (Vaudreuil): 560 152

Total du secteur de l'aluminium: 5,2 millions

> Valero (Lévis): 1,36 million

> Suncor (Montréal): 1,15 million

> ArcelorMittal (Contrecoeur): 994 148

> ArcelorMittal (Port-Cartier): 974 900

> Rio Tinto Fer et Titane (Sorel): 913 611

Source: Gouvernement du Québec




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