Énergie Est: au tour des Premières Nations de critiquer le processus de l'ONÉ

TransCanada désire acheminer quotidiennement environ 1,1 million de... (Photo Daniel Acker, Archives Bloomberg)

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TransCanada désire acheminer quotidiennement environ 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains à travers un oléoduc de quelque 4600 kilomètres vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Photo Daniel Acker, Archives Bloomberg

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

À l'instar de son pendant ontarien, l'association représentant les chefs autochtones québécois critique le processus d'examen du projet d'oléoduc Énergie Est, qui, à son avis, ne respecte pas les droits des Premières Nations.

Sans ajustements, le processus mis de l'avant par l'Office national de l'énergie (ONÉ) risque d'être «vicié d'avance» et «dépourvu de toute légitimité», estime l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL).

Dans une lettre envoyée au ministre fédéral des Ressources naturelles, Greg Rickford, l'APNQL soulève de nombreuses préoccupations à l'endroit du projet de TransCanada, qui doit traverser plusieurs territoires autochtones au Québec.

«Cette volonté de démarrer en vitesse l'examen du projet (...) malgré les problématiques bien évidentes, s'inscrit dans une volonté plus large du gouvernement fédéral de bousculer l'approbation d'oléoducs», écrit le chef de l'Assemblée, Ghislain Picard.

Dans sa missive, obtenue par La Presse Canadienne, il se demande pourquoi les dates limites pour participer aux audiences de l'ONÉ n'ont pas été prolongées alors que l'on ignore toujours le tracé final que doit emprunter l'oléoduc.

Initialement prévue pour le 4 mars, la période d'inscription avait été prolongée jusqu'au 17 mars par l'organisme fédéral. Au total, 2276 demandes ont été soumises.

TransCanada désire acheminer quotidiennement environ 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains à travers un oléoduc de quelque 4600 kilomètres vers le Québec et le Nouveau-Brunswick.

M. Picard rappelle entre autres dans sa lettre que la société pétrolière semble vouloir abandonner son projet de port pétrolier à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, et qu'elle étudie d'autres options.

Selon lui, au moins 16 communautés autochtones en territoire québécois seraient affectées par le projet de TransCanada, qui suscite diverses réactions au sein de l'Assemblée.

«Il y a des positions qui ne sont pas nécessairement convergentes, a souligné M. Picard, en entrevue téléphonique. Il y a beaucoup de préoccupations et les communautés veulent en savoir davantage (sur le projet).»

Ce dernier a précisé que l'Assemblée comptait sonder les communautés concernées par Énergie Est au cours des prochaines semaines afin de déterminer une position commune.

Dans sa lettre, le chef de l'APNQL s'inquiète également du fait que les documents déposés par TransCanada devant l'ONÉ n'aient pas été traduits dans la langue de Molière, malgré les demandes répétées.

«(Cela) porte atteinte à la capacité de nos Premières Nations de prendre des décisions éclairées dans le dossier étant donné que la langue seconde d'approximativement la moitié de nos Premières Nations est le français», écrit M. Picard.

Il déplore également que les Premières Nations n'aient pas été consultées relativement à la liste des questions sur lesquelles l'Office doit se pencher dans le cadre de l'étude d'Énergie Est.

Le chef de l'APNQL s'inquiète que l'ONÉ refuse de considérer «l'agrandissement majeur» de l'exploitation des sables bitumineux si le projet de TransCanada obtient le feu vert.

Dans un courriel transmis à La Presse Canadienne, le ministère des Ressources naturelles a rejeté le contenu de la missive de l'APNQL, affirmant avoir mis de l'avant plusieurs mesures pour encourager la participation des Premières Nations.

«L'Office, à titre d'organisme indépendant, procède actuellement à l'examen d'une centaine de demandes de participation présentées par des groupes autochtones», écrit un porte-parole, Alain Cacchione.

En ce qui a trait à la traduction des documents en français, M. Cacchione affirme que l'Office a «rempli les obligations que lui impose la Loi sur les langues officielles».

En fin d'après-midi, jeudi, l'organisme fédéral n'avait pas répondu aux questions de La Presse Canadienne.




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