Industrie du fer: la morosité s'installe, croit ArcelorMittal

Vue aérienne de l'usine d'ArcelorMittal, à Contrecoeur.... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Vue aérienne de l'usine d'ArcelorMittal, à Contrecoeur.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Sylvain Larocque
La Presse

L'industrie du minerai de fer ne traverse pas qu'un cycle baissier, mais aussi un «changement structurel», a estimé hier Pierre Lapointe, vice-président d'ArcelorMittal Exploitation minière Canada.

En raison d'un ralentissement de la demande chinoise et d'une augmentation de la production mondiale, les cours du minerai de fer ont fondu de près de la moitié depuis le début de l'année, passant de 135 à 72$US la tonne.

Dans une allocution prononcée hier dans le cadre d'un forum sur les ressources naturelles organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Lapointe a soutenu que le contexte n'était pas susceptible de changer à court ou à moyen terme. Il a souligné que plusieurs mines de fer à faibles coûts, à haute teneur et à grand volume avaient vu le jour ces derniers mois.

ArcelorMittal espère que la dégringolade tire à sa fin, mais la multinationale n'exclut pas que les cours descendent jusqu'à 65$US l'an prochain, voire plus bas. Or, les mines de fer de la fosse du Labrador, y compris celle d'ArcelorMittal, ont des coûts relativement élevés en raison de la faible teneur de leur minerai et de leur éloignement.

Malgré tout, les activités québécoises de la multinationale indo-luxembourgeoise demeurent rentables, a assuré Pierre Lapointe. «C'est un grand défi, mais jusqu'à maintenant, nous avons réussi à le relever, a-t-il dit. Si les prix continuent de chuter, nous devrons ajuster notre stratégie.»

Rendements «limités»

Le dirigeant a reconnu que l'investissement de 1,6 milliard réalisé par ArcelorMittal ces dernières années pour accroître sa capacité de production dans la fosse du Labrador a généré des rendements «limités» jusqu'ici. «Il faut vraiment regarder ça sur une longue période», a-t-il plaidé.

Pour l'instant, ArcelorMittal n'a pas eu à procéder à des licenciements. L'entreprise, qui emploie environ 2800 personnes sur la Côte-Nord et dans la région de Montréal, a toutefois réduit sa main-d'oeuvre par attrition.

Le mois dernier, la société minière américaine Cliffs Natural Resources a annoncé la fermeture de sa mine de fer du lac Bloom, près de Fermont, ce qui entraînera la disparition de 500 emplois. Le gouvernement essaie actuellement de trouver un repreneur.

ArcelorMittal a l'avantage d'être propriétaire d'un chemin de fer reliant son complexe minier de Mont-Wright à Port-Cartier, ce qui l'aide à maîtriser ses coûts. Ce n'est pas le cas de Tata Steel Minerals Canada, qui développe une mine de fer de plus de 700 millions dans la région.

«Les faibles prix du fer ont rendu très difficile la viabilité économique des projets de la fosse du Labrador», a affirmé Rajesh Sharma, PDG de Tata Steel Minerals Canada.

À l'heure actuelle, le transport du minerai de fer vers la Chine coûte environ 23$ la tonne à partir du Labrador, contre 21$ à partir du Brésil et seulement 9$ à partir de l'Australie. Tata Steel fonde de grands espoirs sur le futur quai multiusager du port de Sept-Îles, qui doit être inauguré au début de 2015. Le quai pourra accueillir des navires plus imposants, ce qui devrait se traduire par des économies d'au moins 20% sur les frais de transport, calcule Tata Steel.

Avant d'en arriver là, il faudra régler le litige entre l'américaine Cliffs et le port au sujet de l'accès au quai. Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a réitéré hier qu'une entente était en vue, s'abstenant toutefois de donner plus de précisions.




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