Un projet éolien communautaire bat de l'aile en Montérégie

La MRC Pierre-de-Saurel s'attend à recevoir des profits... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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La MRC Pierre-de-Saurel s'attend à recevoir des profits nets de 48 millions pour la durée du contrat de 20 ans avec Hydro-Québec.

Photo André Pichette, archives La Presse

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Hélène Baril

Ce qui doit être le tout premier parc éolien 100% communautaire du Québec traverse une zone de turbulences qui pourrait l'empêcher de faire à temps les livraisons d'électricité prévues au contrat conclu avec Hydro-Québec et coûter cher aux contribuables.

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a levé plusieurs drapeaux rouges lors de son examen du projet de 67 millions de dollars, financé entièrement par les 12 communautés de la MRC Pierre-de-Saurel.

Le BAPE s'inquiète notamment de la faiblesse des vents sur le territoire, qui pourrait diminuer la rentabilité prévue du parc éolien. L'organisme suggère aussi à la société en commandite qui gère le projet de faire un référendum pour s'assurer de l'acceptabilité sociale du projet, qui n'est pas acquise même s'il s'agit d'un projet communautaire.

En outre, des citoyens s'insurgent contre le fait que c'est le maire de Yamaska, Louis Joyal, qui sera le principal bénéficiaire du projet, avec 4 des 12 éoliennes installées sur ses terres. Les redevances prévues de 16 200$ par éolienne et par année rapporteront 1,3 million à l'élu pendant la durée du contrat de 20 ans avec Hydro-Québec.

Le directeur général du projet, Frédéric Tremblay, explique que le parc a été conçu «sans égard à la propriété des terres». Comme le maire de Yamaska possède d'immenses terres, il y avait de fortes probabilités que des éoliennes soient installées chez lui, dit-il. Pour éviter tout conflit d'intérêts, «le maire s'est retiré de toutes les discussions sur le projet éolien», a assuré M. Tremblay.

Des citoyens mécontents de la façon dont les choses se passent ont néanmoins porté plainte auprès du ministère des Affaires municipales pour ce qui leur apparaît être un conflit d'intérêts flagrant.

Pas de référendum

Selon M. Tremblay, la société en commandite entend donner suite à 95% des recommandations du BAPE, notamment celles qui concernent la faune ailée, mais il n'est pas question de tenir un référendum, parce que les délais sont trop serrés.

Neuf des 12 maires qui sont à l'origine du projet sont toujours en poste, précise-t-il. «L'acceptabilité ne veut pas dire unanimité».

Le projet prévoyait que la construction commencerait à l'automne 2014, et que le parc ferait ses premières livraisons à Hydro-Québec le 1er décembre 2015. Rien n'a encore été fait parce que le financement du projet n'est toujours pas achevé. «On a des offres sur la table», dit à ce sujet le directeur général.

Le projet de 67 millions sera financé en partie par un règlement d'emprunt de 17,7 millions déjà approuvé par le ministre des Affaires municipales et par un financement bancaire conventionnel de 50 millions. Près de 3 millions ont déjà été dépensés pour la réalisation du parc éolien.

La MRC s'attend à recevoir des profits nets de 48 millions pour la durée du contrat de 20 ans avec Hydro-Québec.

Et le vent?

Ça, c'est si le vent est au rendez-vous, s'inquiète Jacques Lévesque, un citoyen dont les terres sont adjacentes à celles du maire de Yamaska.

Pour s'assurer que le vent soit suffisant pour remplir ses engagements avec Hydro-Québec, la société en commandite a déjà opté pour des mâts plus hauts, soit 100 mètres, ce qui a fait augmenter le coût du projet de 7 millions.

Le rendement prévu du parc éolien sera quand même inférieur à ceux des autres parcs en exploitation au Québec, soit 27,6% comparativement à 35%.

De lourdes pénalités sont prévues au contrat conclu avec Hydro-Québec si les quantités d'électricité produites par les 12 éoliennes sont inférieures aux prévisions du promoteur.

De même, tout retard risque de coûter très cher à la MRC. Des pénalités pouvant atteindre 500 000$ seront payables en cas de retard d'un an dans les livraisons.

En plus d'obtenir du financement, le projet doit encore recevoir l'aval de la Commission de protection du territoire agricole et le feu vert du gouvernement avant d'être mis en branle. Malgré tout, la société en commandite croit toujours pouvoir respecter ses engagements envers Hydro-Québec. «On est encore sur la voie du 1er décembre 2015», affirme son directeur général Frédéric Tremblay.

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LE PROJET ÉOLIEN PIERRE-DE-SAUREL

12

Nombre d'éoliennes de 2,05 mégawatts chacune

24,6

Capacité totale en mégawatts

67

Coût du projet en millions de dollars

20

Durant du contrat en années avec Hydro-Québec à 12,5 cents le kWh

2015

Date prévue de la mise en service: 1er décembre 2015




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