Osisko et Virginia: noce aurifère d'un demi-milliard

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Aux termes du regroupement, les actionnaires existants d'Osisko et Virginia détiendront respectivement environ 61% et 39% de la société combinée.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

(Montréal) L'acquisition de la société aurifère Virginia (T.VGQ) par sa vis-à-vis Osisko (T.OR), annoncée hier dans leur projet de transaction évalué à 508 millions de dollars en tout, permettra de créer au Québec «une puissance minière basée sur des redevances aurifères de classe mondiale».

«Le secteur aurifère québécois a perdu Cambior dans le passé, puis le contrôle de la mine d'or Malartic au début de 2014. Mais depuis cette vente forcée par Osisko, qui lui a laissé tout de même une redevance de haute qualité, les avantages d'une fusion nous sont apparus de plus en plus évidents et incontournables», a indiqué André Gaumond, président et cofondateur de Mines Virginia, au cours d'un entretien avec La Presse Affaires.

Dans le secteur minier québécois, cet ingénieur et géologue de profession est considéré comme l'un des entrepreneurs aurifères les plus émérites des 10 dernières années.

Son plus grand accomplissement à ce jour: la découverte du riche gisement d'or Éléonore près de la Baie-James en 2004.

Vendu deux ans après pour 640 millions à la minière Goldcorp, ce gisement a été développé en mine au coût de 2 milliards avant de parvenir à sa première coulée d'or, en avril dernier.

Pour Virginia, ce début de production d'or à la mine Éléonore signifiait aussi l'amorce d'une redevance aurifère qui lui rapportera plusieurs millions de dollars par année. Ces revenus étaient destinés en partie à ses actionnaires, mais aussi au financement d'une demi-douzaine de projets d'exploration minière dans le nord du Québec.

«Grâce à Éléonore, Virginia détenait déjà une redevance aurifère sur un gisement et une nouvelle mine considérés de classe mondiale. Quand Osisko s'est retrouvée dans une situation semblable, avec une redevance de haut calibre après la vente de sa mine d'or à Malartic, à peu près tout le monde dans le secteur aurifère s'est mis à nous parler des mérites d'une fusion entre les deux entreprises», a expliqué André Gaumond.

Des avantages évidents

Selon Sean Roosen, président du conseil et chef de la direction d'Osisko, le regroupement avec Virginia créera «une société de redevances de premier plan, détentrice des deux actifs de redevances les plus précieux du secteur aurifère, tous deux situés au Québec. Nos équipes se complètent et nous comptons intégrer leurs compétences respectives pour stimuler la croissance de la société.»

Quant à la mauvaise conjoncture du prix de l'or et aux perspectives défavorables à moyen terme, André Gaumond affirme qu'il ne s'est agi que «d'éléments circonstanciels» au cours des négociations avec Osisko.

«Les avantages d'un regroupement de Virginia et d'Osisko sont devenus évidents et naturels, au fil de nos discussions, sans égard à l'évolution du prix de l'or», a-t-il indiqué.

Selon le projet de transaction annoncé hier, les actionnaires de Virginia recevront 0,92 action d'Osisko pour chacune de leurs actions.

Cet échange équivaut à 14,19$ environ par action de Virginia, selon le prix de clôture des actions d'Osisko vendredi dernier, 14 novembre, à la Bourse de Toronto.

Selon les calculs de Virginia, ce ratio d'échange correspond à une prime de 41% par rapport au prix de ses actions vendredi dernier, et à une prime de 27% par rapport au prix pondéré en fonction du volume négocié depuis 30 jours.

Près de 1,3 milliard

Au terme de cette transaction proposée, la capitalisation boursière de la nouvelle version de «Redevances aurifères Osisko» devrait voisiner 1,3 milliard à la Bourse de Toronto.

Ce capital-actions remanié sera partagé surtout entre les actionnaires actuels d'Osisko et de Virginia. S'ajouteront deux poids lourds du capital d'affaires au Québec, la Caisse de dépôt et placement et le Fonds de solidarité FTQ, grâce à leurs nouveaux placements privés totalisant 70 millions en actions de Virginia et d'Osisko.

Quant à la structure de direction de la future Osisko, il est prévu que deux membres du conseil d'administration de Virginia, André Gaumond, président, et Pierre Labbé, vice-président du Port de Québec, la ville d'origine de Virgina, se joindront au conseil d'Osisko.

Par ailleurs, André Gaumond, ingénieur et géologue de profession, prévoit passer de la présidence de Virginia au poste de vice-président principal chez Osisko, responsable des projets d'exploration et de développement dans le nord du Québec.

Il prévoit assumer ces fonctions des bureaux de Virginia à Québec, où seront basées désormais les activités d'exploration et de développement d'Osisko.

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LA FUTURE SOCIÉTÉ

> Activités: perception de redevances sur la production d'or de mines au Québec et en Ontario, dont les réserves sont estimées à 29,6 millions d'onces. Projets d'exploration aurifère au Québec, en Ontario et au Mexique. Participation au capital de juniors d'exploration aurifère.

> Actif consolidé: environ 325 millions

> Siège social: Montréal (direction d'exploration minière à Québec)

> Capitalisation boursière prévue: environ 1,3 milliard

> Principaux actionnaires prévus: dirigeants et actionnaires actuels d'Osisko, dont Tocqueville Asset Management (NY), dirigeants et actionnaires actuels de Virginia, dont Mason Hill Advisors (NY), Caisse de dépôt et placement du Québec, Fonds de solidarité FTQ




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