Les gagnants et les perdants de la baisse du brut

Les automobilistes sont les premiers à sauter de... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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Les automobilistes sont les premiers à sauter de joie lorsque le prix à la pompe baisse après un repli des cours du brut. Les prix de l'énergie plus doux permettent aux consommateurs de souffler un peu et d'avoir plus d'argent dans leurs poches.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

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Richard Dufour

Personne ne peut prédire avec certitude si le «fond du baril» a été atteint hier pour les prix du brut et s'ils sont prêts à repartir à la hausse. Aussi, les investisseurs ont tout intérêt à se montrer patients et à analyser les perspectives du marché afin d'être prêts à réagir. La baisse du prix du brut a des impacts négatifs, mais aussi positifs.

Voici trois gagnants et trois perdants.

LES GAGNANTS

Le consommateur

Les automobilistes sont les premiers à sauter de joie lorsque le prix à la pompe baisse après un repli des cours du brut. Les prix de l'énergie plus doux permettent aux consommateurs de souffler un peu et d'avoir plus d'argent dans leurs poches. Combiné à un marché de l'emploi qui semble prendre du mieux (en particulier aux États-Unis), il est permis de croire que les consommateurs auront plus d'argent à dépenser, ce qui ne peut qu'être favorable aux fabricants de biens de luxe ou non essentiels, comme les BRP et Dorel de ce monde.

Les compagnies aériennes

Les transporteurs aériens, comme Air Canada et WestJet autant que leurs vis-à-vis américains Delta et American Airlines, profitent déjà de la baisse du prix du carburant. Cameron Doerksen, de la Banque Nationale, souligne que chaque recul de 1 cent par litre du prix du carburant se traduit par un ajout d'environ 6 cents au bénéfice par action de WestJet sur un an. Un analyste qui préfère ne pas être identifié souligne que la majorité, sinon la totalité des transporteurs ne font plus appel à des programmes de couverture pour se protéger contre les fluctuations de prix en raison du coût de ces programmes et parce que souvent, ces derniers n'étaient pas efficaces.

Les livreurs

Les spécialistes de la livraison UPS et FedEx bénéficient d'une baisse des coûts de transport. C'est aussi vrai pour une entreprise montréalaise comme TransForce. «Ces entreprises facturent un supplément à leurs clients lorsque le prix monte, mais sont moins pressées de réduire la facture quand le prix baisse», explique Maxim Sytchev, chez Dundee. L'impact du coût du carburant est plus important pour UPS et FedEx, dont les flottes comptent des avions en plus des camions. Il faut aussi savoir que UPS et FedEx ont des marchés plus larges que TransForce. Par contre, il faut souligner que 30% des revenus de TransForce sont générés aux États-Unis et que le repli du huard est favorable.

LES PERDANTS

Le dollar canadien

Le huard a toujours été sensible aux variations de prix des matières premières. La pression exercée sur le prix du baril de pétrole sur les marchés financiers semble de nouveau avoir un impact. Le dollar canadien (87,64 cents US hier) continue ainsi de se déprécier par rapport au dollar américain, devise dans laquelle est échangé le baril de brut à la Bourse NYMEX. Statistique Canada a par ailleurs dévoilé hier que la balance commerciale avait enregistré un excédent-surprise en septembre en raison notamment de la dépréciation du huard qui favorise les exportations canadiennes.

Les sociétés pétrolières

Les sociétés pétrolières canadiennes et américaines comme Suncor, Cenovus, Canadian Oil Sands, Exxon, Chevron et autres Halliburton se font secouer en Bourse. Le PDG de Suncor soulignait la semaine dernière que le repli du brut et le taux de change avaient influencé les derniers résultats. «Faire des prévisions à court terme pour le cours du pétrole n'est pas une activité pour les mauviettes. Même les experts se trompent quasiment aussi souvent qu'ils ont raison, [...] L'incertitude des prix est une réalité de notre secteur et nous croyons qu'il est essentiel d'être bien préparé pour les inévitables cycles baissiers.»

Les entreprises exposées à l'énergie

Les fournisseurs d'équipements lourds au secteur de l'énergie, dont Finning, Wajax et Strongco, risquent inévitablement de souffrir de la situation si des projets deviennent irréalisables en raison de la faiblesse du prix du brut. Le raisonnement s'applique aussi aux sociétés d'ingénierie qui génèrent des revenus dans le secteur de l'énergie. On peut penser notamment à l'entreprise montréalaise SNC-Lavalin et à l'ontarienne Aecon. La courbe boursière des titres de ces entreprises semble d'ailleurs bien refléter la dynamique de marché observée présentement.




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