Troubles au Burkina Faso: la plus grosse minière du Québec secouée

Les dirigeants de Semafo ont laissé savoir par... (Photo tirée du site web de Semafo)

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Les dirigeants de Semafo ont laissé savoir par communiqué que l'agitation récente au Burkina Faso n'a pas perturbé le cours normal des opérations à sa mine Mana.

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Richard Dufour

L'instabilité politique et la violence observée cette semaine au Burkina Faso ont un impact majeur sur la valorisation boursière de Semafo, plus importante société minière québécoise, qui exploite une mine d'or dans le pays d'Afrique occidentale.

Après avoir cédé environ 10% en Bourse mercredi et 17% jeudi, l'action de Semafo a largué 20% de plus hier matin avant de récupérer une partie de ses pertes pour clôturer la semaine à 2,75$ à Toronto, en baisse de 7,1% (- 21 cents) pour la journée.

Le titre de Semafo a frôlé hier son récent plancher de 2,37$ atteint en décembre dernier. L'action valait près de 5,50$ en août et avait commencé la semaine à près de 4$.

Pour l'instant, la direction de Semafo a décidé de ne pas accorder d'entrevues. Les dirigeants ont cependant laissé savoir par communiqué que l'agitation récente au Burkina Faso n'a pas perturbé le cours normal des opérations à sa mine Mana. Celle-ci est située à environ 260 km (approximativement cinq heures de route) à l'ouest de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

La confiance d'un ancien dirigeant

De l'avis de Benoit La Salle, fondateur de Semafo et ex-PDG de l'entreprise, les troubles au Burkina Faso n'ont aucun impact sur les activités de la minière.

«Avoir des activités en Afrique, c'est comprendre que tu opères dans une nouvelle démocratie», dit-il. Benoit La Salle affirme avoir vécu plusieurs situations semblables en Afrique de l'Ouest au fil des ans, notamment en Guinée et au Niger.

«Je sais que ça [la situation politique] va se régler correctement», soutient celui qui compte une vingtaine d'années d'expérience dans le secteur minier en Afrique et qui est aujourd'hui à la tête du Conseil canadien pour l'Afrique. «Blaise Compaoré [président du Burkina Faso] a déjà fait un geste important qui montre sa compréhension de la situation en démissionnant.»

Quant à la réaction des investisseurs, Benoit La Salle se dit convaincu que la valeur perdue sera récupérée d'ici un mois. «La Bourse est un animal qui ne tolère pas l'insécurité. Il y a des gestionnaires qui préfèrent reprendre leur argent dans des situations du genre. Mais pour chaque vendeur, il y a un acheteur et ce sont ces derniers qui vont en profiter.»

Iamgold aussi touchée

L'incertitude causée par la chute du gouvernement au Burkina Faso n'affecte pas seulement Semafo. La société torontoise Iamgold, qui exploite la mine Essakane, au Burkina Faso, a perdu près du quart de sa valeur boursière en quelques séances cette semaine.

La direction d'IamGold a également cru bon de publier un communiqué pour indiquer que sa mine africaine poursuivait ses activités sans interruption malgré l'agitation civile dans la capitale.

«Bien que les manifestants aient causé des perturbations dans la capitale et dans deux autres villes, tous les employés d'IamGold sont en sécurité et les activités se poursuivent», peut-on lire dans le communiqué, qui précise que la mine génère sa propre électricité sur

le site.

La petite mais prometteuse société aurifère australienne Orbis Gold, cible d'une offre d'achat hostile par Semafo déposée à la mi-octobre, se fait aussi bousculer sur les marchés. Orbis, qui mène le projet aurifère Natougou dans l'est du Burkina Faso, a largué 17% de sa valeur hier à la Bourse de Sydney.




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