Labrador Iron Mines prie pour une remontée des cours du fer

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Pendant trois ans, Labrador Iron Mines a exploité la mine James, située près de Schefferville, à la frontière entre le Labrador et le Québec.

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Sylvain Larocque
La Presse

La faiblesse des cours du fer a fait une autre victime dans la fosse du Labrador. La firme torontoise Labrador Iron Mines (LIM) a confirmé hier la suspension de ses activités, dans l'attente de capitaux frais.

Pendant trois ans, LIM a exploité la mine James, située près de Schefferville, à la frontière entre le Labrador et le Québec. Quelque 3,5 millions de tonnes de minerai de fer ont été expédiées en Chine par l'entremise du port de Sept-Îles.

Or, le minerai se fait de plus en plus rare dans cette vieille mine, de sorte qu'en 2013, l'entreprise a dû creuser plus profondément pour en trouver. Et la récolte n'a pas été très fructueuse: le minerai extrait n'était pas de la meilleure qualité, ce qui a réduit les prix obtenus par LIM.

Les cours du fer, qui ont chuté de quelque 120$US l'an dernier à environ 95$US ces jours-ci, n'ont rien fait pour aider l'entreprise.

Résultat: au cours de son dernier exercice, LIM a vu ses revenus reculer de 10,2%, à 86 millions. L'entreprise a terminé l'année avec une perte nette de 105 millions (83 cents par action), ce qui comprend une charge de dépréciation d'actifs de 34 millions.

Pour assurer son avenir, LIM mise désormais sur le gisement de plus grande taille Houston, situé non loin de la mine James. Le hic, c'est qu'il lui faut trouver 50 millions pour réaliser les travaux nécessaires à la mise en exploitation.

Court été

L'analyste Jackie Przybylowski, de Valeurs mobilières Desjardins, n'y croit pas, du moins à brève échéance. «Je ne pense pas qu'ils auront le financement pour lancer les travaux cette année, a-t-elle déclaré hier au cours d'un entretien téléphonique. Vous savez, l'été est vraiment court là-bas.»

Comme il se doit, le PDG de LIM, John Kearney, s'est montré beaucoup plus optimiste. «Nous sommes en négociations avancées avec nos partenaires et nous sommes très confiants de pouvoir conclure un financement», a-t-il affirmé à La Presse Affaires. Le dirigeant espère toujours que la production pourra démarrer en avril 2015 au gisement Houston.

M. Kearney a cependant reconnu que le financement pourrait être très dilutif pour les actionnaires actuels de l'entreprise. «L'argent a un prix, a-t-il dit. C'est un marché difficile, il n'y a pas de doute.»

Pour mettre toutes les chances de son côté, LIM réduit ses dépenses de façon draconienne. Le nombre de ses salariés a fondu, passant d'environ 160 l'an dernier à tout juste une trentaine. L'entreprise tente aussi de renégocier ses contrats avec ses fournisseurs.

«Nous devons faire en sorte que l'industrie du fer du Labrador et du Québec soit plus concurrentielle avec celles de pays à très faibles coûts comme l'Australie et le Brésil», a soutenu John Kearney.

Hausse des cours

Pour être rentable, LIM estime que les cours du fer devront s'approcher des 120$US.

Rappelons qu'en février, la minière américaine Cliffs avait annoncé la mise en veilleuse de sa mine de Wabush, au Labrador, ce qui avait entraîné la mise à pied de 500 travailleurs.

Pour sa part, Rio Tinto avait mis en vente, l'an dernier, sa participation de 59% dans l'Iron Ore Company of Canada, active dans la fosse du Labrador. Déçu des offres d'achat reçues, le géant britanno-australien a toutefois mis le processus de côté.

L'action de Labrador Iron Mines a perdu 1 cent pour clôturer à 9,5 cents, hier, à la Bourse de Toronto.




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