Les violences en Irak pourraient faire gonfler les prix de l'essence

La hausse prochaine des prix de l'essence n'aurait... (PHOTO PHILIPPE HUGUEN, AFP)

Agrandir

La hausse prochaine des prix de l'essence n'aurait rien à voir avec l'offre et la demande en Amérique du Nord.

PHOTO PHILIPPE HUGUEN, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Lauren Krugel
La Presse Canadienne
CALGARY

Un conflit à l'autre bout de la planète risque de faire gonfler les prix de l'essence au Canada.

Roger McKnight, analyste chez En-Pro International, a affirmé vendredi qu'il prévoyait une hausse du prix de l'essence à la pompe de plus de deux cents le litre dans la région de Toronto ce samedi, ce qui le placerait à environ 1,42 $ le litre.

Les prix au détaillant sont également en hausse dans l'ouest du pays.

À l'échelle canadienne, le prix moyen à la pompe se situe tout juste en-dessous de 1,36 $ le litre, selon le site Gasbuddy.com.

La hausse prochaine n'aurait rien à voir avec l'offre et la demande en Amérique du Nord. Selon M. McKnight, les coupables sont plutôt les courtiers de Wall Street, qui observent avec nervosité les impacts qu'auront les tensions en Irak sur les réserves mondiales de pétrole.

Des extrémistes inspirés par Al-Qaïda se sont emparés de deux villes importantes en Irak cette semaine et menacent de se tourner maintenant vers Bagdad.

«J'ai l'impression que ces courtiers surveillent ces militants et regardent jusqu'où ils se rendront dans le sud de l'Irak, parce que c'est à cet endroit que se trouvent les champs pétroliers et les terminaux pour l'exportation», a expliqué M. McKnight depuis Oshawa, en Ontario.

Selon lui, plus les militants descendent vers le sud, plus les prix grimpent en Amérique du Nord.

L'Amérique du Nord achète relativement peu de pétrole brut irakien, de sorte que toute interruption de production à cet endroit toucherait davantage l'Europe.

En fait, M. McKnight considère que les choses vont plutôt bien du côté des marchés canadien et américain.

«Les inventaires sont adéquats aux États-Unis. Les raffineries fonctionnent plutôt bien (...), la demande est importante mais pas extrême. Il n'y a pas de problème d'oléoducs ni de problèmes météorologiques jusqu'à maintenant», a-t-il résumé. «Tout va bien en Amérique du Nord, mais tout le monde regarde ce qui se passe à 10 000 km d'ici.»

Les incidents en Irak ont un impact sur le prix du Brent, un pétrole brut utilisé comme référence pour le pétrole pouvant être transporté à travers le monde par voie maritime. La principale référence pour le brut nord-américain transporté sur le continent, le West Texas Intermediate (WTI), présente un coût moins élevé que le Brent mais il a récemment connu des mouvements similaires, selon M. McKnight.

Les prix du pétrole ont atteint un sommet jamais vu au cours des 10 derniers mois, la livraison du WTI en juillet atteignant vendredi 107,68 $ US le baril et celui du Brent 114,40 $ le baril.

La bonne nouvelle pour les automobilistes canadiens est que les vigoureux prix du pétrole font augmenter la valeur du dollar canadien. Cela permet d'adoucir le coup puisque les produits pétroliers se transigent en dollars américains.




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer