Hydroliennes RER: Québec risque la noyade

Une hydrolienne fonctionne comme une éolienne, mais elle... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

Agrandir

Une hydrolienne fonctionne comme une éolienne, mais elle est mue par la force du courant de l'eau plutôt que par la force du vent.

Photo André Pichette, Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
André Dubuc
André Dubuc
La Presse

L'aventure des hydroliennes vire à la catastrophe. L'entreprise RER Hydro, dans laquelle le gouvernement du Québec s'est engagé à investir 85 millions il y a 6 mois à peine, est à court de fonds et son principal dirigeant demande à la cour de destituer son président du conseil, dont le nom est sorti dans les médias en lien avec une affaire de corruption en Algérie.

«Sans l'intervention de cette honorable Cour, les opérations de RER risquent d'être sévèrement affectées, tout comme le seront les 40 emplois stratégiques durables qui ont été créés et les 300 autres à créer à Bécancour», lit-on dans une requête déposée au palais de justice de Montréal le 22 mai dernier par le PDG de RER Hydro, Imad Hamad.

Une hydrolienne fonctionne comme une éolienne, mais elle est mue par la force du courant de l'eau plutôt que par la force du vent.

En novembre dernier, la première ministre Pauline Marois, accompagnée de deux autres ministres péquistes, s'est engagée à contribuer un maximum de 85 millions pour permettre à la société RER Hydro de construire une usine de fabrication d'hydroliennes à Bécancour, un projet dont le coût est évalué à 130 millions.

«RER est l'actionnaire principal du projet, mais ce sont les contribuables québécois qui investissent le plus et qui prennent le plus de risques», soulignait avec à-propos Jean-Paul Gagné dans un éditorial du journal Les Affaires, le 23 novembre 2013.

Un déficit de 23 millions

Ce qui n'avait pas été dit publiquement, c'est que RER avait un déficit cumulé de 23 millions en novembre 2013. Les dettes à long terme s'élevaient à 13,4 millions et les comptes fournisseurs, à 14,6 millions. Ces informations sont tirées de la requête de M. Hamad

Sept mois plus tard, l'aventure vire au cauchemar. Investissement Québec (IQ) a suspendu ses paiements le 3 ou le 10 mai 2014, soutient Imad Hamad dans sa requête. «Il s'agit de sommes importantes (2 900 000$) dont RER a absolument besoin.»

IQ a versé 4,9 millions à RER le 28 mai 2013. D'autres sommes devaient suivre en 2014.

Il n'a pas été possible de parler à un porte-parole d'Investissement Québec avant d'envoyer le texte pour publication.

«Sans les fonds d'IQ, RER ne pourra continuer à payer ses dépenses courantes ou conclure son financement», avertit M. Hamad, toujours dans sa requête.

M. Hamad s'adresse au tribunal pour destituer Georges Dick de son poste de président du conseil de RER Hydro dans les plus brefs délais. M. Dick est le premier actionnaire de RER Hydro et président de la firme d'ingénieurs RSW International, dont est issue RER Hydro.

Le nom de M. Dick a été mentionné durant l'émission Enquête de Radio-Canada le 3 avril dans le cadre d'un reportage sur une affaire de corruption en Algérie impliquant la firme de génie RSW International. RSW a transféré la propriété de sa filiale RER à une société appelée Gestion RER quand RSW a été vendue à Aecom.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer