Achat d'Osisko: Goldcorp n'entend pas hausser son offre

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Chuck Jeannes, PDG de Goldcorp

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Sylvain Larocque
La Presse

Le géant vancouvérois Goldcorp, qui veut acheter la société aurifère québécoise Osisko pour 2,6 milliards, a publié ses résultats financiers jeudi. Son PDG, Chuck Jeannes, a répondu aux questions de La Presse Affaires.

Q: Vos résultats du quatrième trimestre ont été plombés par la baisse des cours des métaux et une charge de 615 millions US liée à des hausses d'impôt au Mexique, en Argentine et au Guatemala, où Goldcorp exploite des mines. La viabilité de vos activités dans ces pays est-elle menacée?

R: Non. Ces hausses d'impôt ont été annoncées au quatrième trimestre, et nous les avons déjà expliquées à nos investisseurs. C'est au Mexique que le changement est le plus important: depuis le 1er janvier, une nouvelle taxe de 7,5 % s'applique sur le bénéfice d'exploitation, ce qui est significatif. Quand nous décidons où engager nos capitaux, nous comparons la fiscalité de chaque pays. Il ne fait pas de doute que cette hausse d'impôt fait augmenter le coût des affaires au Mexique.

Q: Les sociétés minières craignaient une forte hausse des redevances avec l'arrivée au pouvoir du Parti québécois. Finalement, les augmentations ont été modestes. Êtes-vous satisfait?

R: Nous ne sommes jamais heureux quand les taxes et les impôts augmentent, bien sûr. Mais nous avons trouvé le processus de consultation raisonnable. Nous avons pu interagir avec les décideurs gouvernementaux et leur expliquer le fonctionnement de notre industrie. Le résultat final est satisfaisant. C'est pourquoi nous souhaitons accroître nos activités au Québec.

Q: Les réserves d'or de Goldcorp ont reculé de 15 % en 2013, une première en 9 ans. Après les réductions de dépenses imposées l'an dernier, songez-vous à accroître les investissements en exploration cette année?

R: Nous avons augmenté notre budget d'exploration pour 2014. Nous prévoyons investir 185 millions US, contre 135 millions l'an dernier. Une bonne partie de cette somme ira au projet Éléonore, dans le nord du Québec, où nous pensons pouvoir ajouter des réserves significatives. Déjà, l'an dernier, nous avons accru nos réserves d'un million d'onces là-bas.

Q: La mine Éléonore doit entrer en production à la fin de l'année. Faut-il craindre des dépassements de coûts ou des retards?

R: Nous avons bon espoir de respecter notre échéancier et notre budget maximal de 1,9 milliard US. Mais il y a toujours des choses que nous ne pouvons pas prévoir. L'an dernier, par exemple, il y a eu d'importants incendies de forêt et la grève dans la construction, ce qui nous a fait perdre un mois. Nous espérons qu'il n'y aura rien de tel cette année.

Q: Avant de déposer une offre d'achat pour Osisko en janvier, Goldcorp avait tenté à plusieurs reprises de mettre la main sur l'entreprise. Pourquoi n'avez-vous pas présenté votre projet aux actionnaires plus tôt?

R: Nous préférons toujours procéder de façon amicale, mais ça n'a pas été possible cette fois-ci. Osisko a mis fin aux discussions avec nous en novembre. C'est pourquoi nous avons décidé de présenter notre offre directement aux actionnaires d'Osisko.

Q: Dans une lettre envoyée aux actionnaires d'Osisko, la direction soutient que les actions de Goldcorp présentent un risque plus élevé sur les plans géopolitique et juridique ainsi qu'en matière de développement futur. Qu'en dites-vous?

R: Cette déclaration fait fi de la réalité des quatre dernières années dans notre industrie. Les actions des entreprises exploitant un seul actif se sont négociées au rabais par rapport à celles de grandes sociétés comme Goldcorp, qui jouissent d'une solidité financière et d'une diversification des risques. C'est sans compter les perspectives à moyen terme: Goldcorp prévoit croître de 50 % au cours des 2 prochaines années, alors qu'Osisko n'a aucun projet de croissance à l'horizon.

Q: L'action d'Osisko se négocie actuellement à un cours 14% plus élevé que l'offre de Goldcorp. Êtes-vous prêt à bonifier votre proposition?

R: Comme notre offre est composée d'actions et d'argent comptant, sa valeur a aussi augmenté. Elle vaut aujourd'hui seulement 4 % de moins que le cours d'Osisko. Cet écart a diminué au cours des dernières semaines, ce qui signifie, selon moi, que de plus en plus d'actionnaires sont à l'aise avec la valeur de notre offre. Nous ne voyons aucune raison de surenchérir contre nous-mêmes, surtout qu'après un mois, Osisko n'a pas encore réussi à intéresser d'autres investisseurs à ses actifs.

L'année 2013 de Goldcorp

Revenus: 3,7 milliards US (- 21 %)

Perte nette: 2,7 milliards US (3,34 $ US par action)




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