Un produit révolutionnaire... dont personne ne veut

Pierre Lapointe, président et chef de la direction... (Photo fournie par CelluForce)

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Pierre Lapointe, président et chef de la direction de FPInnovations, Jean Moreau, PDG de CelluForce, et John D. Williams, président et chef de la direction de Domtar, dans l'usine de Windsor en mars 2012.

Photo fournie par CelluForce

Hélène Baril

CelluForce, la coentreprise de Domtar et de FPInnovations qui fabrique de la nanocellulose cristalline à Windsor, est toujours à la recherche d'acheteurs pour son produit. Mais elle a surtout besoin d'investisseurs pour poursuivre ses activités.

«On cherche des investisseurs qui pourraient nous amener à la phase commerciale», confirme Pierre Lapointe, président et chef de la direction de FPInnovations, l'organisme de recherche sur les produits forestiers.

La commercialisation du produit qui devait révolutionner l'industrie des pâtes et papiers s'avère plus difficile que prévu. L'usine de Windsor a cessé ses activités en janvier 2013, après avoir produit 30 tonnes de cette poudre blanche qui attendent encore de trouver preneurs.

Pierre Lapointe reconnaît que FPInnovations et Domtar ont sous-estimé le temps qu'il faut avant qu'un nouveau produit trouve ses applications commerciales. À Trois-Rivières, où FPInnovations vient de lancer avec Kruger une usine pilote de fibre cellulosique, le tir a été corrigé, selon lui. «On a prévu le financement d'un programme de recherche de trois ans.»

CelluForce a besoin d'un nouveau bailleur de fonds pour poursuivre ses activités. Et il y a des intéressés, affirme Pierre Lapointe. Ni Domtar ni FPInnovations n'ont l'intention de quitter le navire, du moins pas avant le lancement de la phase commerciale, qui nécessitera un investissement de «plusieurs centaines de millions de dollars», précise-t-il.

Acheteurs demandés

En attendant de pouvoir redémarrer les activités à l'usine, le PDG de CelluForce, Jean Moreau, travaille au développement d'applications commerciales. Le potentiel de la nanocellulose est tel, selon lui, qu'il couvre des secteurs aussi différents que ceux des hydrocarbures et de l'alimentation.

Le produit issu de la fibre de bois peut servir autant à renforcer les colles qu'à rendre le lait au chocolat plus fluide. «C'est un matériau qui va devenir international», assure Jean Moreau.

«On reçoit de 6 à 10 demandes d'informations par semaine», dit celui qui a profité de la conférence annuelle de l'industrie des pâtes et papiers, qui se tient cette semaine à Montréal, pour rencontrer des acheteurs potentiels venus du Japon.

Avec ses stocks accumulés de nanocellulose cristalline, CelluForce peut répondre aux besoins de ses clients potentiels avec une petite équipe d'une demi-douzaine de personnes.

Avant de franchir le pas vers l'exploitation commerciale, l'entreprise doit se bâtir un carnet de commandes. Jean Moreau espère que l'usine pourra redémarrer à la fin de 2014 ou au début de 2015.

CelluForce en chiffres

Une usine construite au coût de 40 millions à Windsor

> Financement: les gouvernements d'Ottawa et de Québec

> Nombre d'employés: 40

> Capacité: 1 tonne par jour

> Inauguration: janvier 2012

> Fin des activités: janvier 2013




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