Le cours de l'or a fondu de 104 $ US mercredi pour clôturer à 1757,30 $ US l'once, victime de prises de bénéfices après son envolée des derniers jours.

Le cours de l'once d'or a ainsi abandonné plus de 150 $ par rapport au niveau record enregistré mardi dans les échanges asiatiques (à 1913,50 $). 

Alors que les places boursières internationales évoluaient en territoire positif mercredi après l'annonce d'un rebond plus vigoureux qu'attendu des commandes de biens durables en juillet aux États-Unis, les investisseurs pouvaient être tentés de délaisser l'or pour les actifs jugés plus risqués.

Ce regain de confiance des marchés les incitait par ailleurs à engranger quelques bénéfices, «ce qui apparaît assez naturel après la récente ascension quasiment ininterrompue des prix de l'or» des dernières semaines, soulignait Andrey Kryuchenkov, analyste de VTB Capital.

Des raisons techniques contribuaient aussi à expliquer cette soudaine chute des cours, ajoutait-il.

Ainsi, le Shanghai Gold Exchange, marché chinois des métaux précieux, a annoncé mardi avoir augmenté ses «appels de marge», c'est-à-dire les montants que les investisseurs doivent déposer auprès de l'opérateur pour chaque position sur un contrat à terme - rendant moins attractifs les placements dans l'or.

Le 11 août, le CME, l'opérateur boursier du COMEX, marché new-yorkais des métaux précieux, avait déjà relevé de 22% ses «appels de marge», mais «certains redoutent maintenant une nouvelle hausse (...) ce qui pousse les investisseurs les plus petits à se retirer du marché», notait M. Kryuchenkov.

«Mais la chasse aux bonnes affaires devrait vite revenir soutenir les prix de l'or», tempérait James Moore, analyste de la société Fast Markets.

Les craintes d'un possible retour en récession des économies des pays développés, tout comme les incertitudes persistantes sur la crise des dettes souveraines dans la zone euro devraient continuer à soutenir la valeur refuge par excellence qu'est le métal jaune, estimait-il.