Questions pour un patron: Trévi mise sur les acquisitions

Clément Hudon est le président-directeur général de Trévi.... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Clément Hudon est le président-directeur général de Trévi.

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Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse Affaires donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque semaine, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite.

Clément Hudon, président-directeur général de Trévi, répond aujourd'hui aux questions de Jean Bédard, président et chef de la direction du Groupe Sportscene.

Comment êtes-vous arrivé dans ce domaine ? Quel parcours vous a mené à fonder Trévi ?

C'est un parcours un peu bizarre. Quand on était plus jeunes, on se tenait sur les plages de Laval. Il y avait beaucoup de plages ouvertes à Laval à ce moment-là. Quand ils ont fermé les plages en raison de la pollution, je me suis dit que tout ce monde qui passait sa fin de semaine sur la plage voudrait continuer à se baigner. C'est comme ça que l'idée de vendre des piscines est arrivée. J'ai fondé Trévi vers l'âge de 25 ans.

Ça fait une quarantaine d'années que vous évoluez. Quel impact l'internet a-t-il eu sur votre modèle d'affaires ?

L'internet nous a facilité la tâche en matière de communication, autant entre nos employés qu'avec les clients. Ça nous a permis de découvrir d'autres moyens de communication. Depuis deux ans, presque toutes nos opérations sont sans papier.

Les installateurs et les techniciens travaillent tous sur une tablette. Le client peut savoir, en direct, ce qui se passe dans sa cour avec les photos que l'on prend et le rapport du technicien. Dans le monde de la piscine, le temps est l'essence principale, ce qui fait en sorte que la technologie a été très avantageuse.

Dans quelle mesure la variation du dollar canadien a-t-elle un impact sur votre entreprise ? De quelle façon ?

La variation du dollar a un impact sur les produits qu'on importe des États-Unis, c'est-à-dire les spas, et les produits qu'on importe de la Chine, comme le mobilier de patio. Mais dans un certain ordre de grandeur, c'est la même chose pour nos compétiteurs. Il faut juste travailler pour avoir des produits un peu moins équipés pour arriver à un prix qui ressemble à celui d'avant que le dollar passe à 1,10 $ ou à 1,40 $. Ça nous affecte, mais c'est à nous de nous adapter compte tenu des fluctuations du marché. Si ça continue comme ça, je pense qu'il va y avoir des occasions pour les fabricants québécois. Si on recule de 15 ou 20 ans, on avait beaucoup de fabricants d'ici qui faisaient des meubles de patio. Aujourd'hui, ils ont presque tous disparu. Je pense qu'il y aura un renouveau dans les années à venir. Le potentiel est là.

Je crois comprendre que vos fils sont impliqués dans Trévi. Êtes-vous en train de préparer le transfert de l'entreprise ?

Je travaille par modules. J'ai transmis par exemple le module Fabrication à un de mes fils. J'ai fait le module Val-Mar, je l'ai transmis à un autre de mes fils. J'ai créé le module Distribution que j'ai redonné au même fils. J'y vais graduellement comme ça parce qu'une chose est sûre : malgré mon bon vouloir, il y a un début et une fin à tout. Comme on est une entreprise assez grosse, il y a plusieurs modules sur lesquels on peut travailler. L'idée, c'est de donner l'expérience à tout le monde à la base, pour ne pas devenir un handicap au développement. Un de mes fils est intéressé par la possibilité de prendre la relève. Je me suis donné un mandat de minimum cinq ans encore.

Quels seront les axes de développement (nouveaux marchés, nouveaux points de vente, etc.) de Trévi dans les cinq prochaines années ?

Le développement va passer par des acquisitions. Est-ce que ça sera des acquisitions dans la même industrie ou dans des industries connexes ? Ça reste à voir. J'ai donné des mandats à différentes firmes pour regarder ça dans les mois à venir. Éventuellement, on va être capables de greffer des entreprises, préférablement québécoises, qui veulent vendre. Il reste que le marché québécois est un peu saturé. Par contre, il y a d'excellentes occasions compte tenu de l'âge de plusieurs entrepreneurs québécois qui, aujourd'hui, songent à la retraite et n'ont pas de relève. Il peut aussi y avoir des choses intéressantes dans le reste du Canada. Les nouveaux points de vente ne sont pas dans les plans pour le moment. Je travaille plus à développer de nouveaux produits.

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À lire la semaine prochaine : le cofondateur et chef de la direction de Frima Studios, Christian Daigle, répond aux questions de Clément Hudon.

Le parcours de Clément Hudon en bref

Âge : 70 ans

Études : Clément Hudon a étudié en électricité à Trois-Rivières. Il a aussi suivi des cours de soir en génie.

Président depuis : 1972

Nombre d'employés : 800

Avant de fonder Trévi : Il a travaillé neuf ans chez Gaz Métro, d'abord comme technicien puis comme opérateur à Pointe-aux-Trembles. Il a combiné ce travail avec la direction de Trévi pendant près de cinq ans.




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