Questions pour un patron: pourquoi la Bourse n'intéresse pas Aldo

David Bensadoun est président d'Aldo Amérique du Nord... (Photo fournie par Aldo)

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David Bensadoun est président d'Aldo Amérique du Nord et d'Aldo produits et services. Il est en poste depuis 2011. Avant de rejoindre l'entreprise familiale, il a travaillé plusieurs années dans la construction immobilière commerciale.

Photo fournie par Aldo

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse Affaires donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque semaine, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. David Bensadoun, président d'Aldo Amérique du Nord et d'Aldo produits et services, répond aujourd'hui aux questions de Mario Plourde, président et chef de la direction de Cascades.

Avez-vous déjà songé à utiliser l'émission d'actions pour accélérer votre développement ? Qu'est-ce qui a motivé votre décision ?

Non, on n'y a jamais pensé et on ne le fera jamais. On trouve que, dans notre industrie, c'est vraiment un avantage d'être une entreprise privée. Ça nous permet d'avoir une vision à long terme. Comme entreprise familiale, on aime bien aussi notre vie privée. Ça ne nous intéresse pas d'être dans les journaux toutes les semaines. Dans les magazines aux États-Unis, ça peut être très, très dur. En plus, dans la vente au détail, nous sommes dans une période où les actions sont en chute libre. Avoir ce genre de problème avant la fin de semaine quand tu veux passer du temps en famille, ce n'est pas vraiment ce qu'on recherche.

Comment composez-vous avec la présence de plusieurs membres de la famille dans l'entreprise et quels sont les avantages et inconvénients qui y sont attachés ?

Nos tâches sont bien définies et tout le monde travaille fort, alors en général il n'y a pas de problème. Mais il y a quand même des avantages et des désavantages. On se sent très responsables de l'entreprise, ça nous affecte quand les résultats sont moins bons. Notre entreprise a 10 cadres qui sont très forts et, parmi eux, il y a 3 membres de la famille. Nous sommes donc en minorité. C'est bien d'avoir un équilibre entre la famille, qui est très attachée à l'entreprise, et les talents qu'on embauche, des gens professionnels qui balancent les émotions.

Notre PDG, qui dirige au jour le jour, ne fait pas non plus partie de la famille. Patrick Frisk est en poste depuis 18 mois et ça va très bien. Avant lui, c'était Réjean Dionne, qui n'était pas un membre de la famille. Ça fait plus de cinq ans qu'on n'a pas eu un membre de la famille comme dirigeant.

Où voyez-vous votre entreprise dans 5 et 10 ans ?

Aldo crée et commercialise des marques renommées de chaussures et d'accessoires mode. Dans 10 ans, ce sera la plus grande entreprise de marques de chaussures mode au monde, et la plus forte. Rien de moins. On va être l'entreprise avec les plus belles marques de chaussures - pas dans le haut de gamme, mais à prix accessible. Dans cinq ans, on travaillera pour atteindre le même objectif. Aujourd'hui, on a Aldo et Boutique Spring. On aimerait ajouter une troisième, une quatrième ou même une cinquième marque dans notre portefeuille.

Avec l'expansion incroyable qu'Aldo a faite à l'étranger, comment faites-vous pour vous assurer que votre modèle d'affaires se perpétue dans tous les nouveaux marchés et continents ?

C'est un peu plate comme réponse, mais il faut seulement trouver les bons partenaires. Si tu trouves des gens et des entreprises qui partagent les mêmes valeurs, c'est vraiment facile et tout va bien. On ne fait jamais référence au contrat après sa signature.

Il faut comprendre que nos franchisés sont par pays et non par magasin. Le franchisé du Portugal est responsable de tous les magasins du pays. Il a les droits pour les ventes en ligne et les ventes en gros. C'est dans son intérêt de bien gérer la marque au Portugal. C'est plus facile à gérer que par magasin, où tu dois avoir une armée de contrôleurs qui font le tour des boutiques pour s'assurer que tout est en place. Comme président de l'Amérique du Nord, je visite un tiers de nos magasins aux États-Unis et au Canada chaque année.

Le monde de la mode est en constante évolution et la compétition y est féroce. Comment faites-vous pour demeurer en position de tête ?

C'est facile de demeurer le leader quand tu l'es déjà. Honnêtement, on réussit grâce à nos gens au siège social. Les positions clés, ce sont les designers de chaussures et de sacs à main ainsi que ceux qui créent les campagnes de publicité. Si on a les meilleurs au monde, on va toujours rester en tête. Mais il faut combiner ces gens-là avec une très bonne compréhension de notre clientèle. Je crois que tant qu'on comprend ce que le client veut et qu'on ne dicte pas la mode au consommateur, on gardera notre position. Il faut se situer entre les tendances du marché et les besoins de notre clientèle.

À lire la semaine prochaine : le président de l'Office national du film (ONF), Claude Joli-Coeur, répond aux questions de David Bensadoun.

LE PARCOURS DE DAVID BENSADOUN EN BREF

Âge : 46 ans

Études : David Bensadoun est titulaire d'un baccalauréat spécialisé en géographie et en histoire de l'Université Queen's et d'une maîtrise en économie de l'Université de Cambridge.

En poste depuis : septembre 2011

Nombre d'employés : environ 12 000

Avant d'être président : Il a travaillé plusieurs années dans la construction immobilière commerciale avant de se joindre au Groupe Aldo. En 20 ans dans l'entreprise familiale, il a supervisé divers services. Il a notamment été directeur général de l'enseigne SPRING et vice-président d'Aldo.




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