Questions à un patron: améliorer la qualité des soins de santé

Fabrice Brunet, directeur général du Centre hospitalier de... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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Fabrice Brunet, directeur général du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et du CHU Sainte-Justine.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque samedi, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Fabrice Brunet, directeur général du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et du CHU Sainte-Justine, répond aujourd'hui aux questions de Dominique Roy, président-directeur général de Taxi Diamond.

Q Qu'est-ce que les gens devraient savoir sur le CHUM et qui n'est pas connu du grand public actuellement?

R Le CHUM soigne 500 000 personnes par an, forme 5800 étudiants et offre des services très spécialisés notamment dans la cancérologie, la transplantation, les neurosciences et l'imagerie interventionnelle. Une personne qui doit par exemple subir une amputation d'un membre supérieur, peu importe où elle habite au Québec, sera envoyée au CHUM où elle pourra être prise en charge 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Le CHUM est aussi un employeur de choix, qui a créé une communauté consacrée à la santé de la population, dans ses aspects de promotion de la santé, de prévention et de guérison de la maladie, d'évaluation des innovations, en particulier des nouvelles technologies, et aussi de l'amélioration de l'utilisation des ressources. Le CHUM est également l'un des plus grands centres de recherche en milieu hospitalier de l'Amérique du Nord.

Q Quelle importance accordez-vous à la Fondation du CHUM? À quoi servent les fonds amassés?

R Au-delà de la collecte de fonds, le rôle de la Fondation est primordial comme moteur d'amélioration continue de la qualité des soins, de la recherche et de l'innovation. C'est un fonds important parce que ce n'est pas que de l'argent qu'il nous apporte; c'est aussi la vision et la façon de penser de nos donateurs, qui sont aussi des citoyens influents. C'est une véritable source d'inspiration pour améliorer la pratique, nos soins et notre enseignement et c'est un acteur de mobilisation de la société pour accompagner le CHUM dans ses priorités et sa transformation.

Les fonds amassés vont aussi bien à la recherche et aux soins qu'à la promotion de la santé et à l'enseignement, mais ils servent également aux liens avec le réseau qui permettent d'assurer un continuum de soins.

Q Quel est le plus grand défi que vous devez relever en tant que gestionnaire d'une organisation aussi prestigieuse que le CHUM?

R Quand on dirige deux centres hospitaliers aussi prestigieux, le plus grand défi est d'apporter les meilleurs soins possible à la population du Québec. C'est mon engagement d'ailleurs, je veux qu'à la fin de mon mandat, les patients constatent une réelle amélioration de la prise en charge et des soins qu'ils reçoivent. On doit mobiliser les équipes autour de cet objectif commun dans un environnement économique qui n'est pas facile en ce moment. Les équipes peuvent contribuer avec leur savoir-faire du terrain, qui nécessite une écoute et une très bonne communication. Le deuxième défi sera d'intégrer leurs solutions à notre objectif. Le troisième sera d'impliquer les patients et les citoyens dans leur santé. Le CHUM est engagé depuis quelques années dans un partenariat avec le patient pour qu'il devienne un acteur dans son traitement et la prise de décisions.

Q En novembre 2014, le ministre Gaétan Barrette a rendu public le rapport du Comité national sur les services préhospitaliers d'urgence. Dans ce rapport, on aborde la question de l'efficience et de l'économie dans les opérations, particulièrement dans le transport interétablissements. Dans ce contexte, croyez-vous que l'industrie du taxi pourrait jouer un rôle plus important pour diminuer les coûts?

R Le transport interhospitalier est un élément très important et nous avons pour ça mis en place un système de navette au CHUM, qui nous permet de faire un transport efficace et performant, sans trop dépenser d'argent. Cependant, l'industrie du taxi est utile, notamment pour des cas d'urgence. Elle joue un rôle complémentaire. Nous avons une très bonne collaboration avec les chauffeurs de taxi.

Q À votre avis, quel hôpital est un exemple de réussite dans le monde? Comment pourriez-vous vous en inspirer pour le CHUM et l'hôpital Sainte-Justine?

R J'étudie les systèmes de santé depuis de nombreuses années. Il n'y a pas de définition de l'hôpital idéal. La réussite d'un hôpital ne se limite pas à sa notoriété ou à son rayonnement, mais prend également en compte ce qu'il accomplit au quotidien pour les patients. Chaque hôpital permet de tirer des leçons des succès qu'il a eus et de les adapter ici. On importe donc des éléments d'un peu partout dans le monde, comme l'innovation technologique du Massachusetts General Hospital de Boston, la gestion du flux de patients de l'hôpital Sant Joan de Déu de Barcelone ou la formation à distance de UCLA en Californie.

Le parcours de Fabrice Brunet en bref

> Âge: 62 ans

> Études: cardiologue de formation, Fabrice Brunet a fait ses études de médecine à la faculté de Cochin Port-Royal, à l'Université de Paris V. Il a également étudié en administration de la santé à l'École supérieure de commerce de Paris, et terminé sa formation aux universités de Harvard et de Toronto.

> PDG depuis: septembre 2015. Il était DG du CHU Sainte-Justine depuis 2009.

> Nombre d'employés: environ 20 000

> Avant d'être PDG: il occupait le poste de chef du département de réanimation et des soins intensifs à l'hôpital St. Michael de Toronto et de directeur médical du programme de Télémédecine.




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