Question pour un patron: Stéphan Crétier

«L'industrie de la sécurité s'est transformée ces dernières... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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«L'industrie de la sécurité s'est transformée ces dernières années, nos agents ont maintenant sensiblement la même formation que les policiers», explique Stéphan Crétier.

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Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque semaine, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Stéphan Crétier, président-fondateur et chef de la direction de Garda, répond aujourd'hui aux questions de Serge Paquette, associé directeur du cabinet de relations publiques National à Montréal.

Comment la montée du terrorisme et du terrorisme citoyen touche-t-elle votre industrie?

Évidemment, je préférerais travailler dans un monde en paix, mais on constate que la montée du terrorisme crée un boom dans notre industrie, surtout que nous sommes actifs au Moyen-Orient et en Afrique. Quand je donnais des conférences, il y a quelques années, on me demandait si le Canada pouvait être la cible du terrorisme. Je répondais que ce n'était qu'une question de temps, et j'avais malheureusement raison. Nos services sont plus demandés partout dans le monde à cause de cette nouvelle réalité.

Le recrutement du personnel est-il devenu plus difficile pour votre entreprise?

C'est toujours un défi, mais nous n'avons pas de difficulté à embaucher. Les employés sont la base de notre entreprise, nous leur offrons de bonnes conditions de travail. Garda obtient de gros mandats des grandes sociétés, et ça nous aide à attirer et à recruter les meilleurs. L'industrie s'est d'ailleurs transformée ces dernières années, nos agents ont maintenant sensiblement la même formation que les policiers.

Le transport des valeurs est-il appelé à connaître de profondes mutations dans les prochaines années, compte tenu de l'émergence des plateformes numériques pour les transactions financières?

C'est drôle, on dirait que les gens croient que l'argent va disparaître. C'est comme quand j'étais jeune et qu'on me promettait qu'à 40 ans, j'allais vivre dans une société des loisirs. Ce n'est pas encore arrivé! D'ailleurs, l'argent en circulation est en hausse de 5 à 7% par année.

Le plus grand changement dans notre industrie vient des banques, qui se concentrent sur les services financiers et délaissent la manipulation de l'argent. Les institutions financières sous-traitent le transport et la gestion de l'argent à des compagnies comme la nôtre. On a par exemple conclu une entente de 1,4 milliard l'an passé avec Bank of America pour le traitement de l'argent.

Selon vous, existe-t-il une bonne collaboration entre les services de sécurité privés et publics au Québec et au Canada?

Oui, mais il y a encore du chemin à faire. On a beaucoup à apprendre de l'Europe, qui a eu à faire face au terrorisme dès les années 70 et qui a compris que la police ne suffisait plus. Là, le secteur privé s'occupe de toutes les tâches auxiliaires qui ne sont pas au coeur du travail des policiers. Les agents de sécurité se retrouvent à faire notamment la surveillance des trains et des parcs ou à répondre aux alertes de cambriolage. Au Canada, c'est encore la chasse gardée de la police. On peut améliorer la collaboration entre les secteurs privé et public.

Votre entreprise rayonne à l'international et vous avez la chance de voyager partout dans le monde. Qu'appréciez-vous le plus lorsque vous vous retrouvez à Montréal?

J'habite à Dubaï depuis quatre ans maintenant. J'ai appris à apprécier le changement des saisons que nous avons ici, puisque là-bas, il n'y a que trois saisons: chaude, très chaude et encore plus chaude.

Une des choses que l'on tient aussi pour acquise à Montréal et que j'aime quand je reviens, c'est le sentiment de sécurité. On peut marcher à toute heure du jour, homme ou femme, et avoir une tranquillité d'esprit. Pas besoin d'aller très loin dans le monde pour ne plus se sentir en sécurité. On n'a qu'à penser à certains coins des États-Unis ou du Mexique.

Le parcours de Stéphan Crétier en bref

> Âge : 51 ans

> Études : Stéphan Crétier est titulaire d'une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'Université d'État de Floride.

> A fondé Garda en 1995

> Nombre d'employés : plus de 45 000, dont 1000 au siège social de Montréal

> Avant de se lancer en affaires : il a été arbitre professionnel de baseball en Floride. Il a aussi travaillé pour une firme de sécurité quelques années avant de fonder la sienne.




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