Question pour un patron: la chance de faire sa part

«L'énergie est au coeur de l'économie, elle touche... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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«L'énergie est au coeur de l'économie, elle touche au développement, à l'environnement, à des questions sociales, il faut rejoindre les pauvres comme les riches», explique Sophie Brochu.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque semaine, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. La présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu, répond aujourd'hui aux questions de Guy LeBlanc, associé directeur de PwC (PricewaterhouseCoopers) Montréal.

Q: À quoi rêviez-vous comme analyste financière au début des années 90 et en quoi vos rêves de PDG sont-ils différents aujourd'hui?

R: C'est drôle, je parlais justement de ça avec des amis récemment. Mes rêves ne sont pas tellement différents aujourd'hui qu'il y a 25 ans. Dans la vingtaine, je rêvais de faire une différence, de contribuer à la société.

Gaz Métro colle bien à ça, puisque l'entreprise me permet de réaliser cette ambition. L'énergie est au coeur de l'économie, elle touche au développement, à l'environnement, à des questions sociales, il faut rejoindre les pauvres comme les riches, etc. J'ai la chance de faire ma part.

Q: Comment faire pour que la relation difficile des Québécois relativement au développement économique et à l'environnement devienne plus harmonieuse?

R: On est doucement en train de tendre vers cela. Vous savez, je ne crois pas que l'économie et l'environnement sont deux notions dichotomiques. Je suis enthousiaste et optimiste. Déjà, on voit naître des plateformes comme Switch, qui veut accélérer le virage vers une économie verte, et qui réussit à rallier des acteurs économiques et environnementaux. Le marché du carbone sera, selon moi, le point de ralliement, ce qui rassemblera tout le monde.

Q: Lors de sa conférence à Montréal, Hillary Clinton incitait les femmes à «oser la compétition». Au cours de la prochaine année, de quelle façon cette devise pourrait-elle s'appliquer à vous?

R: J'ai osé embarquer dans la galère de l'effet A. Ça prenait du courage, parce que c'est tout un défi. J'aimais l'idée, mais j'y ai réfléchi avant de dire oui, parce que je ne voulais pas qu'on voie ça comme un truc narcissique. Si l'effet A peut inspirer d'autres femmes à s'engager, à avoir de l'ambition et à se dépasser, on aura réussi.

Je rêve maintenant de rassembler non pas 100, mais bien 1000 femmes de tous les milieux à l'événement Soupe pour elles, qui aura lieu le 27 mars à midi, à l'esplanade de Place Ville-Marie. L'événement est organisé pour soutenir La rue des Femmes, qui vient en aide aux femmes itinérantes.

Seulement à Montréal, elles sont 6000. On peut donner de l'argent, dans la vie, mais on peut aussi s'impliquer personnellement. C'est ce que j'essaie de faire.

Q: Comment voyez-vous la prochaine étape de l'effet A, une fois les 100 premiers jours passés?

R: Il y aura une autre cohorte au moins, sinon deux, trois ou quatre. Je crois et j'espère que ça durera dans le temps. La première cohorte touche déjà des centaines de femmes au Québec. Certaines nous écrivent du Saguenay-Lac-Saint-Jean parce qu'elles veulent en faire partie ou qu'elles se sont lancé un défi. C'est un mouvement rassembleur, positif, pas discriminatoire du tout. Des hommes veulent aussi s'impliquer, et ça rejoint des femmes de 20 comme de 70 ans.

Q: À quelle question avez-vous envie de répondre?

R: C'est une bonne question! Guy LeBlanc est créatif, je ne suis pas étonnée qu'il ait pensé à me demander ça. J'aimerais qu'on me demande si je suis optimiste pour le Québec. Je répondrais oui, sans hésiter. La jeunesse de notre province saura insuffler au Québec la capacité à être ouvert, innovant, inspirant et rassembleur. J'en suis convaincue, même si c'est un grand défi.

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Sur le web:

allianceswitch.ca

effet-a.com

Le parcours de Sophie Brochu

> Âge: 51 ans

> Études: Sophie Brochu est diplômée en sciences économiques de l'Université Laval.

> Présidente et chef de la direction depuis: 2007

> Nombre d'employés: 1400 au Québec

> Avant d'être présidente: Elle a commencé sa carrière en 1987 en tant qu'analyste financière chez SOQUIP (Société québécoise d'initiatives pétrolières). Elle s'est jointe à Gaz Métro en 1997, comme vice-présidente, développement des affaires.

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À lire la semaine prochaine: Serge Paquette, associé directeur du cabinet National, répond aux cinq questions de Sophie Brochu.




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