Institutions financières: les employeurs se mettent en vitrine

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La lutte pour les talents dans le secteur des services financiers est intense.

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Marie Lambert-Chan

Collaboration spéciale

La Presse

Les entreprises de services financiers s'arrachent les bons candidats. Pour se démarquer, Desjardins et la Banque Laurentienne ont humanisé leur processus de recrutement en ouvrant des espaces pour accueillir les candidats potentiels.

En juin dernier, le Mouvement Desjardins a ouvert un espace éponyme à la base de la tour Sud du Complexe Desjardins. Dans un décor contemporain et lumineux à l'ambiance lounge, les passants peuvent en apprendre davantage sur la coopérative grâce à d'immenses écrans tactiles. Ils ont aussi accès à la section Carrières, un lieu qui centralise tout le processus de recrutement, des renseignements sur les emplois offerts jusqu'à l'entrevue, en passant par l'application en ligne et les tests psychométriques.

«On voulait simplifier les choses et offrir une expérience plus personnelle et humaine aux candidats», explique Jennifer O'Donoughue, directrice, prospection des talents, et responsable de la mise en place de la section Carrières.

C'est vrai qu'à l'ère du virtuel, la recherche d'emploi passe désormais par Google et les sites des employeurs, ce qui n'est pas sans inconvénient. En quelques clics, on envoie son CV, qui atterrira entre les mains d'on ne sait qui, qui en fera on ne sait quoi.

«Ici, avant même de postuler, vous pouvez discuter avec un représentant des emplois qui vous intéressent, de vos compétences et de vos expériences, indique Mme O'Donoughue. On peut vous donner des trucs pour bien composer votre CV et vous préparer à l'entrevue. C'est un contact réconfortant qui nous distingue comme employeur, surtout dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre.»

«La lutte pour les talents dans le secteur des services financiers est intense. et le bassin de candidats à Montréal est plus restreint qu'à New York», confirme Nadine Chiasson, directrice principale, acquisition des talents, à la Banque Laurentienne. L'institution financière a elle aussi aménagé un espace dédié au recrutement. Inaugurée en 2011, la Station Carrière est située à l'intérieur de la station de métro Berri-UQAM.

Une conseillère technique accueille les candidats potentiels dans ce lieu tout vitré. On y trouve des bornes interactives qui contiennent de l'informations sur la banque et les postes affichés. Là aussi ont lieu des entrevues avec des recruteurs, de même que des tests d'anglais et de connaissances informatiques. «Pour nous, la Station Carrière présente un avantage compétitif en démontrant aux postulants l'importance qu'on accorde au capital humain», affirme Mme Chiasson.

Quand le marketing rencontre les ressources humaines

Selon Lucie Morin, professeure titulaire à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, la mise en vitrine de Desjardins et de la Banque Laurentienne s'inspire largement du marketing. «Depuis une dizaine d'années, les spécialistes en ressources humaines ont repris à leur compte un modèle marketing qu'on appelle AIDA - c'est-à-dire l'attention, l'intérêt, le désir et l'action - qui leur permet de mettre en valeur la marque de l'employeur», explique-t-elle.

Les espaces de recrutement sont un parfait exemple de cette tendance, ajoute-t-elle. La visibilité du lieu attire l'attention du chercheur d'emploi. «Les échanges en personne permettent au candidat d'obtenir tout de suite des réponses à ses questions», signale Lucie Morin. Si l'interaction est positive, l'individu éprouvera sans doute le désir de travailler pour cet employeur, ce qui l'amènera à poser sa candidature. «Ce sont des stratégies d'attraction de main-d'oeuvre vraiment brillantes», estime Mme Morin.

La Station Carrière de la Banque Laurentienne a un vif succès. Dans la dernière année, 3000 personnes s'y sont présentées. Mais impossible de connaître le nombre précis d'embauches qui en ont découlé.

De juin à octobre, plus de 2000 personnes ont visité l'Espace Desjardins et sa section Carrières. Deux candidats ont été ainsi recrutés. L'un d'eux est Roberto Vidal, 30 ans. Il a reçu une formation de conseiller en finances personnelles. «J'ai trouvé l'expérience très humaine et enrichissante, raconte-t-il. Je suis d'autant plus comblé que toutes les promesses qui m'ont été faites pendant le processus de recrutement ont été tenues.»




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