Gestionnaires: vers une formation personnalisée

Alain Gosselin, directeur associé à la formation des cadres et... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE)

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Alain Gosselin, directeur associé à la formation des cadres et des dirigeants à HEC Montréal, note que les organisations québécoises investissent peu dans la formation, comparativement à celles de l'Europe et des États-Unis.

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Les organisations vivent de nombreux changements et sont de plus en plus exigeantes envers leurs gestionnaires. Si une bonne formation initiale est un atout pour eux, elle est insuffisante pour se hisser parmi les meilleurs.

Pour progresser, les gestionnaires doivent s'investir dans leur formation tout au long de leur carrière. Leurs besoins sont très variés. La tendance, dans les institutions d'enseignement, est donc à la personnalisation de la formation. «L'idée d'avoir le même curriculum pour tout le monde est un peu moins pertinente, croit Alain Gosselin, directeur associé à la formation des cadres et des dirigeants à HEC Montréal. Les gens veulent des formations sur mesure pour l'entreprise et pour le parcours des personnes.»

C'est d'autant plus vrai pour les nombreux spécialistes de leur domaine qui deviennent gestionnaires sans formation pour cela. «C'est un phénomène fréquent dans les PME, indique Sylvain Proulx, coordonnateur au développement et chef d'équipe au Centre de perfectionnement ESG UQAM. On le voit aussi beaucoup dans les milieux hospitalier et universitaire. Les gestionnaires sont des médecins et des professeurs et ils ont appris sur le tas.» Dans la fonction publique, les nombreuses réformes en poussent aussi plusieurs à se former davantage. «Les gens s'équipent pour faire face à un contexte difficile», souligne André Bourret, directeur de l'enseignement et de la recherche à l'École nationale d'administration publique (ENAP).

Planifier sa formation

Malheureusement, trop de gestionnaires se lancent dans la panoplie de formations offertes sans plan précis pour servir leurs ambitions. «Quand on prend un peu de recul pour voir comment ils se développent, on s'aperçoit que c'est débridé et que la cohérence n'est pas évidente, indique M. Gosselin. De plus, les gens ont souvent une stratégie de formation trop unidimensionnelle.» Ainsi, ils tendent à se concentrer sur une seule facette au lieu de plusieurs.

M. Gosselin croit également que le perfectionnement des gestionnaires devrait être basé sur un amalgame de moyens, comme le mentorat, les lectures personnelles, les défis au travail et le coaching, et non uniquement sur la formation. Il leur recommande de se former non seulement pour les besoins du moment, mais aussi pour ceux de l'avenir.

Plus de flexibilité

Par ailleurs, la conciliation famille et vie professionnelle ainsi que l'horaire passablement chargé des gestionnaires a poussé les établissements d'enseignement à offrir davantage de flexibilité. «Nous avons toujours eu beaucoup d'étudiants à temps partiel, mais leur nombre a augmenté significativement au cours des deux dernières années, signale M. Bourret. C'est le cas des trois quarts de nos 3000 étudiants.»

Pour les mêmes raisons, la formation à distance gagne aussi en popularité. À l'ENAP, les inscriptions dans ce type de cours ont plus que doublé au cours des trois dernières années pour atteindre environ 700. La formule n'est cependant pas toujours idéale. «Les gens en veulent plus, mais les résultats ne montrent pas nécessairement que c'est plus efficace, nuance M. Gosselin. C'est intéressant pour certaines formes d'apprentissage comme l'acquisition de connaissances. Mais pour développer des gestionnaires, on a besoin de les mettre dans une salle avec d'autres personnes qui vivent les mêmes choses et de réfléchir collectivement.»

À l'ENAP, on constate également un besoin des gestionnaires publics de briser l'isolement. «Avec toutes les coupes des gouvernements, les gestionnaires ont peu de budgets et de temps, souligne Lucie Montreuil, directrice des opérations et assurance-qualité à l'ENAP. Souvent, ils ont besoin de prendre du recul et d'échanger pour trouver des solutions avec leurs collègues. Nous relions souvent nos formations en classe à des ateliers de codéveloppement.»




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