Question pour un patron: redonner à la communauté

« La simplicité des Montréalais est la bienvenue... (PHOTO FOURNIE PAR Sid Lee)

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« La simplicité des Montréalais est la bienvenue partout. Nous ne sommes ni européens ni américains, nous avons une culture distincte», estime Philippe Meunier, cofondateur et chef de la création de l'agence Sid Lee.

PHOTO FOURNIE PAR Sid Lee

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque samedi, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Le cofondateur et chef de la création de l'agence Sid Lee, Philippe Meunier, répond aujourd'hui aux questions du grand chef Relais&Châteaux, Normand Laprise.

Q: Lorsque vous repensez à vos débuts de nouveau diplômé idéaliste, que vous manque-t-il le plus de cette époque?

R: C'est assez simple: le temps de voyager. J'ai sauté de la classe d'université à mon bureau sans prendre de pause. Je voulais faire ma place, devenir adulte tout de suite, faire de l'argent, profiter de l'effervescence qui m'entourait. Aujourd'hui, je suis un peu dans une cage d'or avec mon travail. Je n'ai plus le temps de partir, de découvrir les endroits que j'aurais aimé voir. Alors, je conseille aux jeunes de prendre leur temps avant de se lancer.

Q: Si les employés de votre département de création sont comme les créateurs en cuisine, ils sont hyperactifs, constamment à la recherche de règles à briser et parfois un peu indisciplinés! Comment faites-vous pour les encadrer et aussi les stimuler?

R: Je dirais même qu'ils sont hyper créatifs avec un déficit d'attention! Il faut gérer le chaos. Celui-ci amène une énergie créative, mais il ne peut pas tout mener non plus, sinon on perd le contrôle.

Notre processus de création en quatre étapes est simple et il est expliqué à chaque nouvel employé. C'est un travail d'équipe. Ils peuvent aller plus loin par contre, repousser les limites. Rien n'est impossible; ils proposent parfois des idées qu'on n'a jamais réalisées. Notre culture d'entreprise aide aussi à encadrer tout le monde, des assistants aux associés.

Q: Comment l'idée de créer C2-MTL vous est-elle venue? Avez-vous eu de la difficulté à faire croire au projet?

R: L'idée est venue de mon associé, Jean-François Bouchard. Il voulait faire un mariage entre la création et le commerce. On a mijoté l'idée pendant des années avant de la mettre sur papier.

Notre proposition a été bien reçue il y a quatre ans. On n'a pas eu besoin de convaincre les gens. De toute façon, qui pouvait être contre un événement créatif à Montréal? Tout le monde trouvait que c'était une bonne idée. Mais personne ne voulait le faire ou injecter de l'argent. On a donc dû réaliser C2-MTL avec de petits moyens.

Q: Sid Lee a maintenant des bureaux à Amsterdam, Paris, New York, Toronto. Que vous a apporté l'ouverture de bureaux dans ces grandes villes internationales? Et que gardez-vous de typiquement montréalais?

R: Ça nous a amené de la saveur. Notre culture montréalaise se retrouve dans nos autres bureaux, mais avec une saveur locale. La simplicité des Montréalais est la bienvenue partout. Nous ne sommes ni Européens ni Américains, nous avons une culture distincte, nous parlons le français et l'anglais, et cette dualité nous donne une ouverture d'esprit qui est appréciée. À New York, ils adorent les gens de Montréal.

D'ailleurs, on a déjà réfléchi à un déménagement possible et on a décidé de rester ici. Pour le potentiel de la ville, qui est plus grand qu'à New York par exemple, pour les possibilités, pour cette dualité qui nous apporte tellement. Montréal est aussi la ville qui nous a permis de voir le jour et de grandir. Elle nous a donné beaucoup, et on lui doit quelque chose. On veut redonner à la communauté.

Q: Vous arrive-t-il de décrocher et si oui, quel est votre secret?

R: Il faut décrocher et il faut le faire souvent. Je pratique le yoga entre 16h et 17h tous les jours (ou presque). Ça me permet de vider mon cerveau et de faire de la place pour autre chose. Je suis très productif le matin, mais en fin d'après-midi, j'ai une baisse d'énergie. Le yoga me prépare à ce qui suit, que ce soit une sortie ou du temps en famille.

Le parcours de Philippe Meunier en bref

> Âge: 45 ans

> Études: Il possède un diplôme en arts graphiques de l'UQAM.

> Chef de la création depuis: 1993

> Nombre d'employés: plus de 600 dans le monde




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