Question pour un patron: l'avantage d'être à Montréal

«Montréal est un centre universitaire qui attire les... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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«Montréal est un centre universitaire qui attire les talents de Toronto, notamment. Ils apprennent le français et peuvent ensuite aller ailleurs. C'est un beau tremplin. Je suis très content d'être ici», dit Frank Kollmar, PDG de L'Oreal.

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Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne désormais la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque semaine, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Le président-directeur général de L'Oréal Canada, Frank Kollmar, répond aujourd'hui aux questions de Thierry Vandal, président-directeur général d'Hydro-Québec.

Q: Comment L'Oréal aborde-t-elle le marché du Québec? Y a-t-il ici des spécificités, des attentes particulières, ou un marché en développement?

R: C'est un grand avantage d'être à Montréal, qui est une ville inspirante. Nous avons des liens forts avec la France et nos marques, et nos employés sont surtout québécois.

Ici, la pharmacie est plus accessible, les cosmétiques aussi. Nous donnons plusieurs formations aux esthéticiennes, qui sont bien informées pour répondre aux clients. Le marché du Québec veut beaucoup de soins de la peau et moins de maquillage. Le rouge est aussi populaire au rayon de la coloration capillaire.

Q: Le siège social de L'Oréal Canada est à Montréal. Pourquoi selon vous Montréal est-elle une ville attrayante pour l'industrie dans laquelle vous oeuvrez?

R: L'aspect multiculturel est un grand atout. Le français est très important pour notre marque, l'anglais aussi. Nous retrouvons d'ailleurs 69 nationalités au siège social de Montréal. Montréal est un centre universitaire qui attire les talents de Toronto, notamment. Ils apprennent le français et peuvent ensuite aller ailleurs. C'est un beau tremplin. Je suis très content d'être ici.

Q: La technologie et l'innovation scientifique semblent jouer un rôle de plus en plus grand dans l'industrie cosmétique. Vous avez par exemple plus de 20 centres de recherche et une trentaine de collaborations avec des universités et des centres de recherche. L'avenir du cosmétique passe-t-il par ce type de partenariat?

R: L'innovation est essentielle, c'est le moteur de la croissance. Nous avons une industrie dynamique, 30 % de notre chiffre d'affaires est parfois dû à l'innovation. C'est pourquoi nous consacrons 3 % de nos revenus à la recherche et nous collaborons avec des universités. On pense global et local à la fois.

Depuis 1998, nous avons aussi le programme Pour les femmes et la science, en collaboration avec l'UNESCO. C'est un peu notre prix Nobel. Les bourses ont été créées pour promouvoir le rôle des femmes dans la recherche scientifique et aider les jeunes chercheuses.

Q: Vous avez beaucoup travaillé en Allemagne et en Autriche. Quelles sont les différences ou les ressemblances dans les styles de leadership de part et d'autre de l'Atlantique?

R: J'en sais quelque chose, puisque je suis d'origine allemande et ma femme, canadienne.

L'Autriche ressemble un peu au Canada en affaires. On recherche là-bas comme ici le consensus et la participation de tous les membres de l'équipe. On travaille en partenariat. Le cadre est généralement plus strict en Allemagne. On y respecte plus la hiérarchie.

Q: Côté gastronomique, avez-vous un dessert allemand à nous recommander et un plat typique à essayer? Quel est votre vin allemand préféré?

R: Je viens du sud-ouest du pays, et j'aime bien les spätzle, des pâtes de ma région, que l'on retrouve maintenant sur la carte de quelques restaurants à Montréal. Qui sait, après le bretzel, ce sera peut-être la prochaine spécialité allemande qu'on exportera! J'en prépare chaque Noël, avec un émincé de veau et une sauce à la crème. Servis avec un riesling sec, fruité et un peu minéral, c'est parfait.

Pour terminer, je suggère un dessert autrichien: le strudel aux pommes. L'Autriche, comme le Québec d'ailleurs, a beaucoup de pommes l'automne. C'est le moment d'en profiter pour manger un strudel. C'est fabuleux, surtout à Vienne.

Le parcours de Frank Kollmar

> Âge: 45 ans

> Études: Frank Kollmar est diplômé de l'École de management européen-Groupe IECS à Strasbourg, et titulaire d'une maîtrise en administration des affaires&génie informatique de l'Université de Karlsruhe, en Allemagne.

> PDG depuis: février 2014

> Nombre d'employés: 1200

> Avant d'être PDG: Il a amorcé sa carrière chez L'Oréal Canada il y a 15 ans au sein de la division Cosmétique Active. Il a ensuite rejoint la filiale allemande du Groupe en 2003. Il a continué son parcours international jusqu'à son retour au Canada, en 2011.

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À lire la semaine prochaine: le président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton, Emilio Imbriglio, répond aux cinq questions posées par Frank Kollmar.




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