De travailleuse autonome à salariée

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La fin de son congé parental est-elle un bon moment pour quitter son statut de travailleur autonome et retourner sur le marché du travail comme salariée? Oui et non. «Mais c'est un bon moment pour envisager ce changement», estime Josée Landry, conseillère en orientation.

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Josianne Haspeck
La Presse

Julie* aura son deuxième enfant dans quelques mois. Travailleuse autonome depuis une dizaine d'années, la mère de famille songe maintenant à trouver un emploi salarié afin de s'assurer une stabilité financière. Ce qui soulève plusieurs questions.

La fin de son congé parental est-elle un bon moment pour quitter son statut de travailleur autonome et retourner sur le marché du travail comme salariée? Oui et non. «Mais c'est un bon moment pour envisager ce changement», estime Josée Landry, conseillère en orientation. «On voit davantage la situation inverse, fait remarquer Antoine Devinat, psychologue du travail et coach exécutif. Comme nouveaux parents, on doit s'adapter à une nouvelle réalité. Changer de travail s'ajouterait à cette réalité, ce qui peut apporter de la frustration si on le fait pour cette raison.»

Vaut donc mieux se poser les bonnes questions en amont de la décision. Quelles sont les motivations derrière ce projet? Quelle était notre situation de travailleur autonome? «Un emploi de salarié peut apporter plus de stabilité au niveau de l'horaire et des finances, mais, selon l'endroit où on va travailler, on pourrait se retrouver avec un horaire plus exigeant. [...] Le critère no 1 dans le choix de l'emploi devrait être ce qu'on veut faire, et non le salaire ou l'horaire, au risque de ne pas trouver d'emploi», fait remarquer Mme Landry.

Antoine Devinat estime que si la motivation première est la stabilité, ce n'est pas gagnant auprès d'une organisation. Le nombre d'années comme travailleur autonome aura un impact sur la facilité à intégrer le marché du travail, tout comme le contexte professionnel dans lequel on travaille. «Il y a des secteurs où le choc sera plus grand, comme le secteur financier, où il y a moins de flexibilité pour un horaire équilibré», souligne-t-il.

Comment se préparer à se lancer?

L'expérience de travail autonome peut faire peur à certains employeurs. «Le travailleur autonome est une personne très travaillante, polyvalente et volontaire, mais l'employeur peut craindre que cette personne ait de la difficulté à avoir un patron, à recevoir des consignes. Il faut alors faire ressortir en entrevue sa capacité d'adaptation, sa volonté de travailler en équipe et d'être encadré professionnellement», soutient la conseillère en orientation. Travailler seul, gérer seul... On peut avoir oublié le comportement attendu dans une situation de travail d'équipe, ajoute le psychologue de travail.

Pour trouver un emploi, le réseau de contacts et les réseaux sociaux s'avèrent des alliés d'importance. Toutefois, attention au fait d'annoncer ainsi son intention à ses clients. «Si notre décision est claire, il vaut mieux les en informer en premier. Certains trouvent d'ailleurs un emploi au sein de leur clientèle», indique Mme Landry.

En entrevue, il faut faire ressortir les expériences et les types de mandat en lien avec le poste pour lequel on dépose sa candidature. «Il est bien de démontrer qu'on a bien réfléchi à tous les aspects touchant la flexibilité de l'horaire, qu'on a pesé le pour et le contre et qu'on l'assume», convient la conseillère. Le travail salarié peut apporter des apprentissages et des expériences variées, ce qui peut être un aspect intéressant en contrepartie, observe Antoine Devinat.

Vaut mieux ne pas aborder la question du salaire, au risque de ne pas obtenir l'emploi, estime-t-elle, en précisant qu'elle peut cependant être abordée lors d'une deuxième entrevue, si nécessaire.

Faire marche arrière

Six mois plus tard, on regrette son choix? Il faudra recommencer à zéro, car on aura été remplacé. «On peut recontacter les clients qu'on avait et leur expliquer la situation, mais il faut avoir un bon plan de communication pour expliquer les raisons valables pour lesquelles on revient au travail autonome. Les clients vont craindre qu'on reparte dans six mois», souligne-t-elle.

*Prénom fictif




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