Travailler pour financer ses voyages

Nicolas Simard touchera 83% de son salaire d'enseignant,... (PHOTO FOURNIE PAR NICOLAS SIMARD)

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Nicolas Simard touchera 83% de son salaire d'enseignant, pendant six sessions, afin d'autofinancer une pause dès l'hiver 2015, où il prévoit visiter l'Allemagne, apprendre le catalan à Barcelone et peut-être boucler son séjour en Amérique du Sud. Sur la photo, on voit l'enseignant de littérature et d'histoire au collège Lionel-Groulx en voyage au Maroc.

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Depuis 10 ans, Catherine Marquis travaille comme une forcenée durant des mois pour partir à l'étranger pendant presque aussi longtemps. Nicolas Simard touchera 83% de son salaire d'enseignant pendant six sessions, afin d'autofinancer une pause dès l'hiver 2015.

L'enseignant de littérature et d'histoire au collège Lionel-Groulx a de nombreux projets pour combler son congé, de janvier à août 2015. «Je prévois visiter un ami en Allemagne, apprendre le catalan à Barcelone et peut-être boucler mon séjour en Amérique du Sud», explique l'enseignant de 36 ans.

Le programme est géré par son employeur et son fonctionnement est fort simple. Pendant six sessions, M. Simard recevra 83% de son salaire. Il accumulera ainsi une session de congé payé à 83%.

«J'aurais pu varier le pourcentage pour prendre une année de congé tous les quatre ans, avec une paie à 75%. Mais selon moi, l'option de 83% fait moins de dommage dans les finances personnelles.»

Quand on lui demande s'il craint le retour à la vie conventionnelle après plusieurs mois loin des classes, il répond par la négative. «Je m'ennuie tout le temps d'enseigner après les longs étés. Je crois aussi que c'est une bonne chose d'aller m'imprégner d'histoire, de culture et d'expériences nouvelles. C'est un grand avantage pour mon enseignement qui se fonde sur des faits vécus.»

Vivre pour voyager ou voyager pour vivre?

Catherine Marquis n'a pas bénéficié des programmes d'autofinancement. À 21 ans, après des études en design intérieur, elle est partie pour l'Australie. «J'avais prévu un séjour de trois à cinq mois, mais je suis restée un an, souligne-t-elle. J'avais pris un visa voyage-travail d'un an, offert aux jeunes de 30 ans et moins. Je me disais que si j'avais besoin d'argent pour financer la suite de mon voyage, je pourrais travailler là-bas. Finalement, j'ai fait de la cueillette de fruits et travaillé dans plusieurs restaurants.»

De retour à Montréal, elle a occupé un emploi pendant deux ans, avant de repartir à la découverte du monde. «J'ai tout vendu ce que j'avais et je me suis rendue en Irlande avec mon copain de l'époque. On a fait presque le tour de l'Europe de l'Ouest pendant des mois. Ensuite, j'ai déménagé à Londres, où j'ai travaillé durant un an.»

Au cours des trois dernières années, Mme Marquis a fait un voyage en Thaïlande et plusieurs aux États-Unis, où son amoureux demeure. «L'année dernière, j'ai passé un total de cinq mois aux États-Unis. Je fais plusieurs petits et moyens séjours là-bas.»

Ses multiples voyages sont financés par un emploi à temps plein en administration et des quarts de travail comme serveuse dans un restaurant. Sa vie professionnelle occupe parfois 60 heures de sa vie par semaine. Un rythme qu'elle maintient grâce à des patrons très compréhensifs. «Quand je travaille au resto à partir de 16h, je quitte parfois mon autre boulot à 15h. Avec un autre employeur, je ne pourrais sûrement pas faire ça. Je suis consciente de la chance que j'ai.»

À 30 ans, Catherine Marquis ne peut plus profiter d'un visa voyage-travail dans la majorité des pays du monde. Elle doit donc revoir ses façons de faire. «Maintenant, si je veux partir, je dois financer tout mon voyage avant mon départ, sans possibilité de travailler à l'étranger. Je ne prévois plus partir plusieurs mois à la fois, mais je n'arrêterai jamais de voyager. J'ai besoin de cette adrénaline-là, de mouvements et de changements. Si un jour, j'avais un emploi qui offre un programme d'autofinancement, c'est sûr que j'en profiterais.»




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