Carrefours jeunesse-emploi: trouver sa voie

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Les critères utilisés par le recruteur pour sélectionner les C.V. les plus intéressants parmi tous ceux reçus pour un poste à pourvoir n'ont pas changé.

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Les Carrefours jeunesse-emploi aident les jeunes de 16 à 35 ans à cheminer vers l'emploi, à retourner aux études et même à se lancer en affaires. Concrètement, comment s'y prennent-ils? Un jeune partage son expérience avec La Presse.

Jonathan Mayo revenait d'Ottawa où il a complété un baccalauréat en sciences biomédicales en même temps qu'un certificat en administration des affaires, lorsqu'il a commencé à chercher un emploi à Montréal. Après un an de recherche, toujours rien.

«En 2008, on vivait une période de récession, puis je trouvais l'intégration au marché du travail très difficile», raconte Jonathan Mayo en entrevue téléphonique de Québec, où il est maintenant installé.

Il avait de la difficulté à voir comment il pourrait se présenter à des employeurs et mettre en valeur ses forces pour être convoqué en entrevue.

«Le monde du travail est très différent de ce qu'on apprend à l'école; c'est beaucoup plus axé sur la pratique. J'avais besoin d'aide pour faire le lien entre ces deux mondes.»

En se rendant à la bibliothèque de son quartier, il a vu plusieurs stands d'organismes installés dans un parc, où il a rencontré Vickie Brulé Beaudoin, intervenante socioprofessionnelle au Carrefour jeunesse-emploi Saint-Laurent. Il a tout de suite souhaité participer au programme ActivEmploi proposé par Vickie.

«Le programme de 13 semaines aide les jeunes à se trouver un emploi qui les intéresse, explique-t-elle. Nous travaillons avec eux sur leur CV, leur lettre de présentation, les entrevues. Plusieurs participants arrivent aussi de l'étranger, alors nous pouvons les aider dans le processus de reconnaissance de leur diplôme.»

Le succès de Jonathan

Au Carrefour jeunesse-emploi, Jonathan a réfléchi à la direction qu'il voulait prendre et il a découvert l'existence du MBA en gestion pharmaceutique de l'Université Laval.

«J'ai eu de l'aide pour préparer mon dossier d'admission, puis j'ai été accepté, j'ai déménagé à Québec et je me suis trouvé un emploi à l'hôpital du Saint-Sacrement au Centre R.O.S.E., qui soutien des femmes atteintes d'un cancer du sein et leurs familles, raconte le jeune homme de 26 ans. J'assiste le chercheur principal dans des tâches relatives à la finance, à l'administration.»

Il vient d'obtenir une bourse d'excellence pour terminer ses études en France et réaliser un stage dans une compagnie pharmaceutique. Son objectif ultime de carrière? Développer son profil international pour un jour retourner aux Philippines, d'où viennent ses parents, pour travailler à développer un système de santé auquel les pauvres auraient aussi accès.

L'histoire de Jonathan semble sortie tout droit d'un conte de fées, mais des jeunes avec des profils très différents peuvent obtenir de l'aide au Carrefour jeunesse-emploi.

La diversité des gens réunis dans le programme est d'ailleurs un élément que Jonathan a particulièrement apprécié.

«Une infirmière de 35 ans, mère de deux enfants, arrivait du Cameroun. Il y avait des jeunes de 16 ans qui ne savaient pas où se diriger. Nous apprenions tous les uns des autres et nous sommes toujours en contact.»

Plusieurs types de soutien

Emploi-Québec envoie aux Carrefours jeunesse-emploi bon nombre de jeunes avec des besoins différents. À celui de Saint-Laurent, un programme touche l'entrepreneuriat. Un autre intervient dans les écoles auprès des élèves à risque de décrocher. En ce moment, Vickie Brulé Beaudoin travaille avec de jeunes décrocheurs sans emploi de 18 à 24 ans dans un processus d'intégration en emploi ou de retour aux études.

«Le programme d'un minimum de 20 semaines exige un investissement d'au moins 20 heures par semaine et donne accès à du soutien financier, explique-t-elle. Il y a des activités de groupe, des rencontres individuelles et du travail personnel. Nous accueillons des personnes judiciarisées, des nouveaux arrivants, des gens qui ne savent plus où se diriger. Chaque démarche est personnelle. Les activités peuvent toucher aussi à des questions comme les droits et les obligations des locataires, ou la dépression.»

Logement, santé mentale; quel est le lien avec l'employabilité?

«Souvent, un jeune qui n'arrive pas à se trouver du travail ou à se maintenir en emploi vit un autre problème qu'il devra régler avant de chercher un emploi, explique Vickie. C'est notre plus grand défi. Nous devons souvent les accompagner vers d'autres ressources, comme le CLSC ou un conseiller d'orientation.»

Il y a 111 Carrefours jeunesse-emploi dans les différentes régions du Québec et plus de 60 000 jeunes les fréquentent annuellement. Pour trouver celui qui est le plus près de chez soi, on consulte le site du Réseau des Carrefours jeunesse-emploi du Québec: www.rcjeq.org.




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