Défi BioGENEius Sanofi Canada: une première expérience en labo

Julien Sénécal, 18 ans, gagnant de la compétition... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

Agrandir

Julien Sénécal, 18 ans, gagnant de la compétition régionale du Défi BioGENEius Sanofi Canada et son mentor, Yann Le Duff, stagiaire postdoctoral.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martine Letarte

Collaboration spéciale

La Presse

Près de 5000 jeunes du secondaire et du cégep ont participé au concours Défi BioGENEius Sanofi Canada depuis 20 ans en présentant leur projet de recherche lié aux biotechnologies. Même si plusieurs grands centres de recherche privés dans l'industrie pharmaceutique ont fermé leurs portes dans la région métropolitaine au cours des dernières années, le concours continue, contre vents et marées, à stimuler la relève.

«Lorsque le VIH touche une première cellule dans le corps humain, il se propage vers d'autres cellules. Mon objectif était de travailler avec une enzyme pour inhiber la réplication du VIH.»

Celui qui raconte son projet n'est pas un chercheur émérite dans le domaine du VIH-sida, mais Julien Sénécal, 18 ans. Élève au programme collégial de baccalauréat international au Collège Jean-De-Brébeuf, il a remporté la compétition régionale du Défi BioGENEius Sanofi Canada et représentera le Québec au volet national, le 22 mai à Ottawa.

Il a eu l'idée de son projet en parcourant la littérature scientifique. Puis, il a regardé les profils de différents chercheurs et le Dr Chen Liang de l'Institut Lady Davis (ILD) de recherches médicales de l'Hôpital général juif, lié à l'Université McGill, a accepté de le prendre sous son aile. Dans le quotidien, il a travaillé avec Yann Le Duff, stagiaire postdoctoral à l'ILD.

Projet ardu

«Réaliser un projet de recherche en moins de trois mois, c'est ardu, d'autant plus qu'en recherche, neuf projets sur dix n'aboutissent pas, mais Julien a eu de la chance puisque tout a bien fonctionné», affirme Yann Le Duff.

Entre les mois de janvier et mars, Julien Sénécal a investi plus de 200 heures dans le laboratoire en organisant son horaire avec celui de son mentor. Dès le départ, il a adapté son projet en fonction des réalités du terrain.

«J'ai décidé de travailler avec une autre enzyme que celle que j'avais prévue puisque l'ILD l'avait obtenue, explique-t-il. Mon mentor m'a montré les protocoles de recherche, j'ai appris comment les suivre, puis il me supervisait. J'ai trouvé l'expérience en laboratoire fascinante.»

Regard neuf

L'arrivée d'un jeune comme Julien dans un laboratoire ne passe pas inaperçue.

«Les jeunes ont une grande créativité, un regard neuf sans idées préconçues et ils n'ont pas peur de poser des questions», remarque Jon Fairest, président-directeur général, Sanofi Canada.

Avec l'arrivée d'un tel électron libre, difficile de prévoir où cela peut mener. Par exemple, lors du concours de 2007, à 17 ans, Ted Paranjothy, de Winnipeg, a mis au point un agent anticancéreux, aujourd'hui breveté, capable de tuer les cellules cancéreuses humaines sans nuire aux cellules saines.

Chaque jeune participant au concours a la responsabilité de protéger son projet par un brevet avec l'aide de son mentor, conformément aux directives de l'établissement où il effectue sa recherche.

Pour sa part, Julien a l'intention de poursuivre son travail sur le VIH.

«Ma première recherche visait à valider mon outil, explique-t-il. Les cellules que j'ai utilisées ne sont pas des cellules que le VIH infecte. J'aimerais réaliser une deuxième phase de recherche avec des cellules ciblées par le VIH.»

Pour se rapprocher de son objectif et continuer d'acquérir de l'expérience en laboratoire, il a postulé à son collège pour décrocher un stage d'été rémunéré dans un laboratoire scientifique.

«Mon mentor m'a dit que j'étais le bienvenu pour un stage d'été au laboratoire», précise celui dont les deux parents travaillent dans le domaine de la santé.

Par la suite, il a l'intention de continuer ses études en microbiologie et en immunologie pour faire carrière en recherche.

Forte concurrence

Pour les biologistes, les perspectives d'emploi sont favorables, mais elles sont acceptables pour les chimistes, selon les données d'Emploi-Québec. Considérant les fermetures de centres de recherche, ne risque-t-on pas de créer de faux espoirs à ces jeunes en les incitant à se diriger vers une carrière scientifique?

«Si on n'encourage pas la relève, la science s'arrêtera où elle est aujourd'hui», affirme Jon Fairest.

Il est toutefois conscient que faire carrière en sciences de la vie est plus difficile qu'auparavant.

«C'est vrai que la concurrence est très forte, mais ce concours est justement un bon accélérateur de carrière pour ces jeunes, affirme-t-il. BioGENEius met en contact les jeunes avec des chercheurs de grande renommée de qui ils ont du soutien. Ces liens pourront être très bénéfiques pour leur carrière. Nous avons besoin de ces jeunes très talentueux pour continuer à développer la science et nous devons faire en sorte que ces talents ne soient pas gaspillés.»




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer