Marie-Ève Cyr: une patronne pas comme les autres

Amoureuse de sa région, Marie-Ève Cyr est directrice générale... (Photo fournie par Mario Tremblay)

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Amoureuse de sa région, Marie-Ève Cyr est directrice générale de Tourisme Sept-Îles depuis deux ans.

Photo fournie par Mario Tremblay

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

Marie-Ève Cyr est le porte-étendard tout indiqué pour sa région. La directrice générale de Tourisme Sept-Îles ne vivrait ailleurs pour rien au monde. Elle dit d'ailleurs en riant que l'air salin doit lui couler dans les veines. Quand elle n'est pas sur le quai, elle dirige bien humblement sa petite équipe.

«Je n'aurais jamais pensé devenir patronne un jour! Après deux ans aux communications, on m'a offert le poste de directrice. Mon rôle est de chapeauter tous les projets et de m'assurer que ça se passe bien», dit-elle. La diplômée en architecture et en communication graphique compte aujourd'hui sept employés permanents et une dizaine de plus l'été venu.

La femme de 35 ans se voit comme un leader silencieux. «Mon style de gestion est très participatif. Les décisions sont discutées avec tous les membres de l'équipe. Je les écoute beaucoup. C'est aussi important pour moi que le mérite revienne à la bonne personne. Je dis souvent aux employés que s'ils n'étaient pas là, je ne serais rien», note-t-elle.

L'équipe tire avantage des forces de chacun. Celle qui a une formation en environnement s'occupe du volet développement durable, par exemple. Le travail est également partagé selon les atouts des employés lors des réunions hebdomadaires.

«J'organise aussi des rencontres individuelles tous les mois pour savoir comment la personne se sent, ce qu'il y a de neuf et ce qu'elle espère», ajoute Marie-Ève Cyr. 

Une petite famille

Si l'équipe se conjugue essentiellement au féminin, la directrice ne dirige pas différemment pour autant. «On travaille ensemble à tout moment. On aime rire, se taquiner, mais le fait que l'on soit surtout des femmes ne change rien», croit-elle. 

C'est peut-être plutôt la petitesse de l'équipe qui modifie la donne et rapproche les collègues. Les rencontres régulières aident, évidemment, mais tout le monde participe à des activités à l'extérieur du bureau et à des jeux qui tricotent encore plus serré le groupe déjà bien soudé.

«La même passion de la région nous réunit, même si ce n'est pas toujours facile d'oeuvrer pour un organisme sans but lucratif», estime celle qui voudrait qu'on puisse voir Sept-Îles à travers ses yeux.

L'AVIS D'UN EXPERT

Le besoin d'appartenance n'arrête pas d'être présent lorsqu'on quitte le bureau. L'intérêt et le fait de trouver une cause qui rejoint nos valeurs sont deux motivations saines et puissantes pour expliquer un fonctionnement optimal et durable. Le tout peut être décelé dans le mot passion qui est utilisé ici. L'utilisation des forces de chacun au travail, comme le fait Marie-Ève Cyr, augmente de son côté à la fois la performance et le bien-être. Les enquêtes sur les émotions positives montrent qu'il faut un ratio de trois émotions positives pour une émotion négative. Les émotions positives permettent d'élargir et de bâtir les ressources (ce qui amène un climat de travail positif dans ce cas précis) alors que les émotions négatives concentrent l'attention et les efforts pour régler un problème efficacement (comme lorsque toute l'équipe aide la collègue qui a un cancer). Le ratio de 3 pour 1 semble respecté dans cette équipe.

- Jacques Forest, psychologue, CRHA, professeur au Département d'organisation et ressources humaines, ESG-UQAM

PAROLES D'EMPLOYÉE

Passée d'employée à directrice, Marie-Ève Cyr a des compétences modernes, une gestion souple et humaine. Elle est transparente dans tous les projets, créative et rassembleuse, et surtout à l'écoute de toutes ses employées. Elle ne juge jamais, est patiente, et pour elle, il n'y a pas de problèmes, que des solutions. 

Bien que nous n'ayons pas de liens familiaux dans l'équipe, elle a réussi à créer un sentiment de famille qui fait qu'aujourd'hui nous allons toutes marcher pour soutenir une collègue qui a un cancer et nous assumons ses tâches pendant son absence, car nous sommes importantes les unes pour les autres. 

- Marion Martin, agente de développement




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