Le leadership, un art qui s'apprend

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La présidente fondatrice d'Attitude Orange, Sujata Vadlamudy, est convaincue que le leadership s'apprend avec de la volonté.

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Josianne Haspeck

Collaboration spéciale

La Presse

Gestionnaire de la comptabilité en entreprise, Félix* manque de leadership, parce que cette attitude est loin d'être innée chez lui. Le tempérament de chef se développe-t-il ou est-ce un talent naturel?

«Je suis convaincue que le leadership s'apprend, mais cela prend de la volonté», assure Sujata Vadlamudy, présidente fondatrice d'Attitude Orange, entreprise qui propose des outils et de la formation pour «prendre le leadership de sa vie» et atteindre un meilleur équilibre. Selon elle, il s'agit avant tout de «l'intégrité de savoir ce qu'on veut, d'en développer une vision et de la transmettre aux autres.» Cela part donc de son for intérieur. Communiquer sa vision découle d'une écoute active. «Nous sommes tous leaders, avec des talents et des compétences différentes. Il faut apprendre à sortir du jugement et du blâme. C'est ensemble qu'on arrive à faire de grandes choses», soutient-elle.

Chef de pratique développement de compétences pour CFC Dolmen, Anik Charest abonde dans le même sens. «Peut-être qu'une personne n'étant pas un leader naturel aura besoin d'investir plus d'énergie au niveau de son développement. Certains sont moins flamboyants que d'autres et font un excellent travail, estime-t-elle. Quelqu'un qui n'a pas beaucoup d'ascendance peut réussir comme leader, mais cela est nuancé par le genre de situation. Par exemple, en situation de crise, il faut un style directif tandis qu'en période de croissance, il faut un style de bâtisseur.»

Formation et mentor

Des formations et les conseils d'un mentor ou d'un coach peuvent aider un gestionnaire à sortir de sa zone de confort et à se dépasser. «Un bon gestionnaire doit avoir fait le travail des membres de son équipe, mais il doit être capable de voir les coups venir, indique Mme Vadlamudy. Devenir gestionnaire, c'est du développement personnel continu. Il doit laisser aller les opérations. C'est un lâcher-prise qu'il faut développer, transformer ses habitudes et développer de nouveaux comportements.» Cette description reflète bien le parcours de Louis Plante, directeur de qualité chez ArcelorMittal Montréal et gestionnaire depuis 23 ans. «J'ai appris sur le tas en regardant d'autres leaders faire. J'ai commencé à suivre des formations en 1999 et j'applique encore les principes appris», affirme-t-il.

«Il faut d'abord bien se connaître pour savoir s'entourer de personnes qui nous complètent dans nos éléments plus faibles. Des leaders complets, ça n'existe pas. Il faut comprendre comment nous sommes perçus par les autres pour ensuite connaître où sont nos limites personnelles afin d'en développer et de combler nos manques», croit Mme Charest.

Selon elle, il faut d'abord faire une distinction entre le tempérament de chef et la gestion. «Le leadership peut s'exercer dans n'importe quelle situation et sans qu'on soit nécessairement gestionnaire. [...] Un leader né aime communiquer, est extraverti, a un bon niveau d'énergie et d'affirmation de soi», décrit-elle.

Lorsqu'un employé manifeste naturellement un tempérament de chef, il peut s'agir d'un couteau à deux tranchants. Il peut être une force puisqu'il attire des projets intéressants, devient un conseiller pour l'équipe et gagne la confiance de son supérieur, comme il peut être menaçant pour ce dernier. «Un leader ne cherche pas nécessairement à monter les échelons, mais il sait s'adapter aux autres parce qu'il est à leur écoute», précise Sujata Vadlamudy.

«Un leader doit être inspirant et rallier les gens à celle-ci. Il existe des trucs pour que les gens soient mobilisateurs dans leur style de communication», ajoute Anik Charest. «J'utilise plus l'intelligence émotionnelle. Selon moi, il faut le vivre pour l'apprendre. Des sessions de formation comprenant des simulations et des jeux de rôle sont essentielles», indique M. Plante.

*Prénom fictif




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