Les filles et les sciences: 15 ans de travail à poursuivre

Michèle Thibodeau-DeGuire (à gauche) est présidente du conseil... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Michèle Thibodeau-DeGuire (à gauche) est présidente du conseil d'administration de Polytechnique, alors que Nancy Rancourt est ingénieure et directrice, Services aux membres et Exploitation du Réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ).

Photo Marco Campanozzi, La Presse

Caroline Rodgers
La Presse

L'événement «Les filles et les sciences: un duo électrisant», destiné aux adolescentes des deuxième et troisième secondaire, aura lieu cette année le 15 février à Montréal, Québec, Rimouski et Sherbrooke. Quand cette activité a été lancée, il y a quinze ans, son objectif était de corriger un déséquilibre en sciences et technologies, où les garçons dominaient largement. Depuis, les filles ont investi massivement les sciences de la santé, mais boudent encore l'informatique, la physique et certaines branches du génie.

En quinze ans, l'événement a sans contredit contribué à sensibiliser les élèves du secondaire aux nombreuses possibilités de carrières en sciences et technologies. Selon un sondage effectué en novembre dernier auprès des anciennes participantes, 85% d'entre elles ont concrétisé la présence des femmes dans ces domaines grâce à cette activité, et 69% ont découvert de nouvelles professions dont elles ignoraient jusque-là l'existence.

Encore plus significatif: 82% des anciennes participantes qui travaillent ou étudient aujourd'hui en sciences et technos affirment que l'activité a augmenté leur intérêt à suivre des cours en sciences. De plus, 77% de celles qui se destinent vers une carrière en science déclarent que leur participation a contribué à ce choix.

Du chemin à faire

À Polytechnique Montréal, les filles sont majoritaires dans trois domaines: le génie chimique, le génie biomédical et le génie géologique. Selon Michèle Thibodeau-DeGuire, présidente du conseil d'administration de Polytechnique Montréal, cela peut s'expliquer par le fait que les filles sont très préoccupées par l'environnement.

«Elles veulent avoir la possibilité d'influencer leurs futurs employeurs sur de bonnes pratiques dans ces secteurs pour protéger l'environnement et faire une différence», dit-elle.

Mais il reste encore du chemin à faire. En effet, au premier cycle en sciences physiques dans l'ensemble du Québec, il n'y avait toujours que 18% de jeunes femmes. En sciences de l'informatique, elles n'étaient que 15%. Et en génie électrique et génie mécanique, 10%.

Il faut donc continuer le travail de sensibilisation et répéter le message, année après année. C'est pour cette raison que Nancy Rancourt, ingénieure et directrice, Services aux membres et Exploitation du Réseau d'informations scientifiques du Québec, a décidé d'être bénévole pour la mise sur pied du concours depuis ses débuts. Elle est présidente de son comité organisateur depuis cinq ans.

«À l'université et dans les milieux où j'ai travaillé, j'ai toujours été consciente du fait que les femmes étaient peu représentées, dit-elle. Dans plusieurs branches du génie et en sciences appliquées, leur pourcentage stagne depuis quinze ans. Plusieurs disciplines restent méconnues auprès des jeunes et c'est important de leur parler de ces possibilités de carrière.»

Pendant toute la journée du 15 février, les adolescentes auront donc l'occasion de rencontrer des femmes qui font carrière en sciences et en technologie, tout en participant à des ateliers variés. Elles courent également la chance de gagner l'un des quatre voyages pour deux personnes à la Baie-James d'une valeur de 4000$.

Des carrières passionnantes

Les études en sciences, en technologie et en génie ouvrent souvent les portes de carrières passionnantes et variées. Le parcours inspirant de Michèle Thibodeau-DeGuire, ingénieure civile de formation, en témoigne. Elle a accepté d'être présidente d'honneur du concours Les filles et les sciences pour encourager celles-ci à choisir des carrières qu'elle considère comme palpitantes.

«Les jeunes filles doivent oser se lancer dans des études en sciences jugées difficiles, dit-elle. Elles ont le talent pour le faire. J'ai eu un plaisir fou dans la vie parce que j'étais ingénieure. Cela m'a apporté tellement de reconnaissance et de possibilités! J'aimerais bien que les jeunes filles réalisent à quel point elles peuvent en faire autant. C'est dommage qu'elles ne choisissent pas davantage ces carrières, car elles peuvent être excellentes et très bien gagner leur vie.»

En 1963, Mme Thibodeau-DeGuire a été l'une des premières femmes diplômées de Polytechnique. Après avoir pratiqué le génie pendant vingt ans, elle a été déléguée générale du Québec à Boston, directrice des relations publiques de Polytechnique Montréal et PDG de Centraide du Grand-Montréal, en plus de recevoir une foule de prix et de distinctions, dont cinq doctorats honorifiques.

«Quand on est ingénieur, c'est pour la vie, dit-elle. L'esprit est formé à réfléchir et on garde toujours une façon d'aborder les problèmes et de les analyser. Je dirais que c'est comme un passeport. On vous reconnaît comme quelqu'un de rationnel, qui recherche des solutions pratiques, mais qui est aussi capable de travailler en équipe. C'est une qualité importante parce que des grands projets, ça ne se réussit pas seul. Quand j'ai été nommée déléguée générale, il est indéniable que le fait d'avoir été ingénieure a compté énormément.»




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