Gain de cause pour une employée licenciée de Best Buy/Future Shop

Le Tribunal administratif du travail a donné raison... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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Le Tribunal administratif du travail a donné raison à la plaignante, qui avait perdu son emploi lorsque le magasin Future Shop où elle travaillait a été transformé en Best Buy.

Photo David Boily, Archives La Presse

Comme tous ses collègues vendeurs payés à commission au Future Shop d'Anjou, Mona Abdullah a perdu son travail le jour où le magasin d'électronique a été transformé en Best Buy. Le détaillant prétendait que le boulot dans les deux chaînes est « radicalement différent ». Mais la jeune femme a porté plainte et eu gain de cause.

Le travail de vendeur chez Best Buy et feu Future Shop est-il similaire ? Oui, a tranché le juge Gérard Notebaert, du Tribunal administratif du travail (TAT). Et c'est pourquoi il a ordonné au détaillant, le mois dernier, de réintégrer Mona Abdullah dans ses fonctions. Le géant de l'électronique conteste toutefois la décision. La cause doit être entendue le 6 avril.

Best Buy a acheté Future Shop en 2001. Les deux enseignes vendent essentiellement la même chose, mais en raison de la concurrence accrue des ventes en ligne, les affaires diminuent davantage chez Future Shop (employés à commission) que chez Best Buy (salaire horaire).

Début 2015, l'entreprise décide donc d'abandonner le nom Future Shop, ce qui se traduit par 66 fermetures et 65 conversions en Best Buy au Canada.

Dans les magasins qui ont changé de nom, tous les employés de Future Shop ont conservé leur emploi, à l'exception de ceux payés à la commission. Ceux-ci ont plutôt reçu une indemnité de départ et une invitation à postuler chez Best Buy.

Mona Abdullah estimait que cela était injuste et qu'elle pouvait travailler chez Best Buy puisqu'elle avait les compétences nécessaires pour travailler à temps plein chez Future Shop, ce qu'elle faisait depuis plus de deux ans.

SEULE LA COULEUR DE L'UNIFORME DIFFÈRE

Best Buy s'est défendu en affirmant que la jeune femme a été licenciée en raison de la réorganisation de l'entreprise et de la fermeture du Future Shop. La plaignante croit plutôt avoir été congédiée sans cause juste et suffisante, ce qui est interdit par la Loi sur les normes du travail.

Le juge a donné raison à Mona Abdullah puisque « l'entreprise exploitée par la Compagnie à Anjou avant et après la fermeture du Future Shop est essentiellement la même, et ce, nonobstant le changement de bannière ».

Les deux commerces sont « comparables », poursuit le juge, « si ce n'est que l'uniforme des employés et les couleurs du commerce ont changé ». De plus, les compétences exigées par Best Buy sont « essentiellement les mêmes que celles qui étaient requises pour travailler comme conseiller aux ventes chez Future Shop ». Les tâches sont les mêmes et le poste occupé par la plaignante existe encore dans le magasin converti, ajoute le TAT.

« Dans ce contexte, force est de conclure qu'il n'y a pas eu de véritable abolition des postes de conseillers aux ventes au magasin d'Anjou », termine le juge qui annule le congédiement et ordonne à Best Buy de réintégrer son ancienne employée.

Best Buy a refusé de commenter hier parce que, dit-la société, la cause est devant les tribunaux.

- Avec la collaboration de Louis-Samuel Perron, La Presse




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