Rue Fleury: au coeur de la vie de quartier

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Les commerçants de la rue Fleury n'hésitent pas à s'entraider.

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Dans cette rubrique estivale, La Presse vous présente chaque semaine une artère commerciale montréalaise à travers ses détaillants incontournables, originaux et charmants. Aujourd'hui, la rue Fleury, dans le quartier Ahuntsic.

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Casa Luca

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Il n'y a rien d'extravagant dans la rue Fleury. La petite rue commerciale de quartier a cependant l'avantage de bien desservir les résidants du coin, grâce à son offre variée et complète. Quelques adresses ont aussi réussi à devenir des aimants qui attirent une clientèle venant de loin.

Même s'ils sont conscients que le pouvoir d'attraction de leur rue a ses limites, les commerçants de la rue Fleury y voient bien d'autres avantages. Comme l'ambiance qui y règne.

« J'ai choisi la rue Fleury parce qu'elle est sympathique, locale, abordable. Pour moi, qui viens de Laval, ça a été un coup de coeur. C'est comme une mini-banlieue et j'avais envie de faire partie de ce voisinage », raconte Isabelle Quinn, qui y a ouvert sa boutique de cupcakes et de biscuits Sweet Isabelle en 2010.

Cette « vie de quartier » n'est pas que théorique, jure Éolie Laforce, qui exploite une boutique d'articles de cuisine. « Ici, les commerces s'entraident. Il n'y a pas vraiment de compétition. Si quelqu'un cherche une cafetière, je lui demande quel type et je l'envoie au bon magasin. »

Aussi cinq détaillants se sont-ils regroupés pour créer une lisière de cartes-cadeaux échangeables et distribuées dans leurs établissements ces temps-ci. L'automne dernier, les coûts d'une page de publicité dans un journal ont été partagés par une poignée de commerçants.

Patrick Chayer, propriétaire de la bijouterie du même nom, a participé aux deux initiatives. « On essaie de promouvoir nos commerces et la rue en même temps. Il faut que je fasse venir du monde sur Fleury, pour qu'il y ait plus de monde dans ma bijouterie. »

D'ici et d'ailleurs

Il ne faut pas se leurrer, c'est plus difficile pour les petites artères qui « n'attirent pas les gens d'ailleurs », note Claude Rossignol, propriétaire de la boutique Lili et Théo. « Il faut se faire adopter par les gens du quartier, sinon on ne survit pas. » Dans son commerce, 50 % des clients habitent dans le coin.

Selon le directeur général de la Promenade Fleury (une Société de développement commerciale), François Morin, environ 80 % de la clientèle habitent à proximité. Ce qui est aussi un avantage puisque « les enjeux de stationnement et de parcomètres n'ont pas d'impact », fait-il valoir. Le reste de la clientèle provient surtout de Laval. « Ils aiment la vie de quartier ici. Ils peuvent marcher, magasiner, prendre un café et manger », constate Éolie Laforce, étonnée que la moitié de sa clientèle vienne de l'île Jésus.

Et contrairement à d'autres rues qui manquent de boutiques de mode féminine (on peut penser à Wellington ou à Masson), Fleury en regroupe près d'une dizaine (Collection 24, Muscade, Style Pétales, Fringues, etc.). Puisqu'elles offrent des marques de qualité difficiles à trouver dans les centres commerciaux, elles suscitent du lèche-vitrine et de l'achalandage.

Nombreux professionnels

La SDC regroupe 245 membres, des commerces et des professionnels « dans une proportion plus élevée que la norme ». En règle générale, les SDC souhaitent que le tiers des espaces soient occupés par des bureaux, un taux qui frôle les 60 % sur la Promenade Fleury. « L'avantage, c'est qu'en temps de crise économique ou de mutation du commerce de détail, les professionnels ne sont pas touchés. La clientèle des dentistes et des comptables est stable », note François Morin, précisant que le taux d'inoccupation des locaux est « très faible ».

« C'est de la publicité gratuite! ajoute Patrick Chayer. Celui qui vient chez l'acupuncteur, en haut de mon magasin, risque de me voir et de revenir me voir. » Pour le propriétaire de Mode Koury, Gabriel Koury, la forte présence de professionnels est effectivement un avantage. « Mais il ne faut pas compter sur eux pour nous faire vivre. Comme tout le monde, ils vont au centre commercial. »

Patrick Chayer croit que son artère aurait besoin « d'un ou deux gros noms qui attirent du monde. Ne serait-ce qu'un Tim Hortons ». Il s'est lui-même collé sur un Jean Coutu, avec succès. « En deux ans, mon achalandage a doublé. Pas mon chiffre d'affaires, mais je change 40 batteries de montres par jour! »

« La rue perdrait de son cachet si de grandes chaînes s'installaient, croit plutôt Bruno Cloutier, qui exploite un salon de coiffure rue Fleury depuis 25 ans. Ce ne serait pas négatif, mais ce ne serait pas un plus non plus. »

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Lili et Théo

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Mode Koury

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Quelques adresses

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Lili et Théo

La propriétaire des lieux, Claude Rossignol, est passionnée par ses produits et le service à la clientèle. Elle peut vous décrire dans le moindre détail toutes les caractéristiques des porte-bébés, des poussettes, des tétines et des jouets qu'elle vend. Elle connaît les fabricants, leurs garanties, et parfois même le mode de fabrication des emballages! « Ma sélection de produits se fait en fonction de mes principes. Si je trouve que quelque chose est inutile, ça ne rentre pas ici! » Si les clients viennent d'aussi loin que de Valleyfield, c'est grâce à son service-conseil, croit l'entrepreneure.

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Gourmet Privilège

Pour une petite fringale ou un cadeau, pour le brunch du dimanche ou pour se faire plaisir, la pâtisserie-chocolaterie en a pour tous les goûts. On y trouve des guimauves maison à l'érable et aux framboises, de beaux gros copeaux de chocolat pour décorer ses desserts et des viennoiseries. Les clients peuvent s'y attabler, à l'intérieur ou à l'extérieur, pour déguster un sorbet. Gourmet Privilège a aussi des boutiques dans les marchés Jean-Talon et Atwater, notamment.

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Bois Urbain

On y vend des meubles urbains et rustiques ainsi que des armoires de cuisine sur mesure fabriquées à 3,7 km de là. Mais Bois Urbain, c'est avant tout une OSBL d'insertion sociale qui forme des 18-35 ans en ébénisterie, manutention et service à la clientèle. Le magasin a été rue Saint-Denis pendant 12 ans avant de faire le saut rue Fleury, en 2012. « On était au nord de Mont-Royal, ce qui était trop loin de l'action. Ici, il y a plus d'achalandage, je dirais entre 30 et 40 personnes de plus par semaine », relate le gérant, Alain Métivier.

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Tablier Rouge

L'endroit, qui se décrit comme une « boucherie et burger-bar » ne paie pas trop de mine. L'offre alimentaire y est néanmoins intéressante, ne serait-ce qu'en raison de sa variété. Plus d'une dizaine de soupes pour emporter (patates-asperges-topinambours, rapini-patates douces, navet-pommes-érable, lentilles), saucisses maison, pâtes fraîches et sauces, charcuteries maison, repas congelés. Tout est cuisiné en face, au resto Molisana, qui appartient aux mêmes propriétaires. On peut aussi s'asseoir pour manger sur place un burger ou un panini « à votre goût », précise l'affiche.

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Mode Koury

Le plus ancien commerce de la rue a ouvert ses portes en février 1955. « J'avais 16 ans, je m'en rappelle très bien. J'avais cassé la glace en avant du magasin pour que les gens entrent », raconte le fils du fondateur et l'actuel propriétaire, Gabriel Koury. Malgré son âge vénérable, le commerce offre des marques jeunes comme Mavi Jeans, Mexx, Adidas, Puma, Modango et Horst. C'est le seul endroit où acheter des vêtements pour hommes dans la rue Fleury.

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Les ustensiles d'Éolie

Inaugurée il y a un an, la boutique est remplie d'articles de cuisine colorés et design qui donnent envie de se mettre illico aux fourneaux. Les tabliers accrochent particulièrement l'oeil et les couteaux de qualité sont souvent soldés. « J'avais une boutique en face, mais mon concept était désuet. Il aurait fallu que je fasse des travaux, alors j'ai déménagé. [...] On sent que le quartier rajeunit, plusieurs jeunes couples achètent des maisons. Certains commerces s'adaptent à ça, dont moi! », lance la propriétaire, Éolie Laforce.

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Scrupules

C'est un salon de coiffure à l'étage. Et c'est aussi une boutique d'accessoires et de cadeaux au rez-de-chaussée. Le propriétaire, Bruno Cloutier, a beaucoup rajeuni sa sélection de produits l'hiver dernier. « Ce que je cherche, c'est que ça fasse dire "wow, où est-ce que tu as pris ça?" » Il vend des bijoux, dont ceux de Caroline Néron, des sacs à main, « au moins 40 modèles » les parapluies et les valises Lollipops, entre autres. Son site web sera mis à jour à l'automne pour refléter la nouvelle orientation des lieux.

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Casaluca

Bijoux, horloges, articles de cuisine, sacs, objets déco... On ne sait plus trop où regarder quand on franchit la porte de Casaluca tellement la boutique déborde d'objets colorés tous plus originaux et mignons les uns que les autres. Rebaptisée Casaluca il y a 20 ans, l'ancienne Boutiquatou est souvent mentionnée dans les magazines, car les stylistes sont nombreux à l'avoir adoptée. « On essaie de dénicher en Europe des choses qu'on ne trouve pas ailleurs. On se distingue aussi par notre sélection de bijoux d'artistes locaux [Isabelle Lehoux, Arnaud, Nes, Osmose] », souligne la gérante depuis 12 ans, Caroline Ammann.

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Sweet Isabelle

La boutique gourmande se spécialise dans les biscuits-presque-trop-beaux-pour-être-mangés et les cupcakes tout aussi alléchants. Sa propriétaire, Isabelle Quinn, propose aussi des ateliers de décoration de biscuits et des camps de jour culinaires pour les 8 à 15 ans qui veulent s'initier à la confection de guimauve, de sucre à la crème et de tire éponge. Après le succès obtenu rue Fleury, l'entrepreneure a ouvert des succursales à Longueuil et L'Ange-Gardien. « Les gens d'Ahuntsic nous ont adoptés et après, ça a rayonné. Ils ont parlé de nous. Ils sont fiers de ma réussite, comme si ma boutique leur appartenait. J'aime ça! »




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