Promenades Hochelaga-Maisonneuve: nouveau nom, nouvelle atmosphère

La taverne irlandaise Le Trèfle ouvrira bientôt ses... (Photo François Roy, La Presse)

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La taverne irlandaise Le Trèfle ouvrira bientôt ses portes, rue Ontario, à quelques pas de la place Simon-Valois.

Photo François Roy, La Presse

La Presse vous présente chaque semaine une artère commerciale montréalaise à travers ses détaillants incontournables, originaux ou charmants. Aujourd'hui, les Promenades Hochelaga-Maisonneuve.

Ne cherchez pas la Promenade Hochelaga-Maisonneuve sur une carte, elle n'existe pas. C'est le nom qu'on a donné l'an dernier au regroupement des deux principales rues commerciales du quartier: Sainte-Catherine et Ontario, à proximité du boulevard Pie-IX.

Ce quartier est une «pépinière à jeunes entreprises créatives», affirme Donald Guy, président de la Société de développement commercial Hochelaga-Maisonneuve. L'an dernier, il a accueilli 17 nouveaux commerces et espère en accueillir 15 cette année.

S'il décrit ainsi les Promenades, c'est parce qu'elles attirent de plus en plus «d'ateliers-boutiques» de jeunes créateurs. «Ils font le tour de la ville pour trouver des locaux à prix raisonnables, mais ici, le quartier est créatif, à la mode. Ils peuvent manger aux Affamés [4137, rue Sainte-Catherine Est] et même habiter à proximité, dit Donald Guy. On devient donc un mélange de commerces de quartier et d'ateliers qui vendent leurs créations en ligne.»

Electrik Kidz, qui fabrique des «vêtements rusés» pour enfants, est un bon exemple. Les créations de la PME (au 3921, rue Sainte-Catherine, depuis février) sont vendues dans la petite boutique, sur le web et à divers détaillants (Clément au Québec, Nordstrom aux États-Unis, etc.).

«On a magasiné pendant au moins un an. On voulait un sous-sol et une vitrine en plus de l'espace pour l'atelier. Saint-Laurent, c'était trop cher. En plus, je réside dans le quartier depuis six ans et j'aime ça», raconte la copropriétaire Ariane St-Pierre Cyr, qui voit comme des atouts la proximité de la rue Sainte-Catherine avec la Rive-Sud, le stationnement facile et le choix de restaurants.

Deux mois plus tôt, l'artiste-verrière Martine Leclerc a installé son atelier-boutique au 4855, rue Sainte-Catherine Est. On peut s'y procurer de rigolotes veilleuses, des lampes et des bijoux. Vous aimeriez apprendre à faire des vitraux, des lampes Tiffany ou un kaléidoscope? Des formations sont offertes.

Plus au nord, rue Ontario, la plus grande transformation des dernières années est sans conteste l'aménagement de la place Simon-Valois, inaugurée en 2007. L'ancien chemin de fer «sur lequel on transportait de l'ammoniaque», rappelle Donald Guy, est devenu une place centrale où on trouve la boulangerie et fromagerie Arhoma, le saucissier William J. Walter et le restaurant Le Valois.

L'endroit moderne aux commerces haut de gamme détonne forcément, mais il agit comme un vecteur de revitalisation du quartier.

D'ailleurs, à quelques pas de là, Le Trèfle (3971, rue Ontario Est) ouvrira ses portes dans quelques jours, avec comme objectif de satisfaire les amateurs de bière, de whisky et de cuisine irlandaise.

Le risque d'avant-vague

Lors de notre passage, la semaine dernière, les travaux allaient bon train dans cet ancien magasin Pitt, désormais méconnaissable. «Il y a un Trèfle à Trois-Rivières et on voulait prendre de l'expansion. On a envisagé d'aller dans Griffintown, mais ce n'était pas nous, et il n'y a pas grand monde. On est venus dans l'est pour être dans le début de la vague», raconte l'un des sept copropriétaires, Martin Lamperon.

Arriver dans un quartier avant qu'il ne soit à la mode est risqué, convient-il. «Ça va nous coûter trois quarts de million. Mais si on fait bien les choses, ça va bien aller...» L'entrepreneur trouve que son concept complète bien l'offre du quartier, avec Monsieur Smith, L'État-major et Le Valois à proximité. Il aime que «ça grouille» autant dans le quartier.

«Je fais l'envie de beaucoup de monde, dit Donald Guy. J'ai 50 000 résidants dont la moitié aime vivre son urbanité à pied. Donc, on se veut foncièrement local.» Pour faire connaître le quartier, la SDC est très active en ligne. Elle fait constamment la promotion de ses activités et de ses commerces sur Facebook. En mars dernier, le blogue Les Promeneurs a été lancé. Rédigé par six résidants du quartier, il met sous les projecteurs trois commerces par semaine.

Quelques adresses

Biscuiterie Oscar : 3755, rue Ontario Est

C'est le paradis des amateurs de sucré avec ses bonbons, biscuits, piñatas et jujubes en tous genres. Mais Oscar n'attire pas seulement les enfants. Par un bel après-midi, les cinq employées étaient toutes très occupées avec des adultes qui voulaient se gâter un peu, avec des confiseries... des billets de loto ou des cigarettes. Ces «anomalies» n'enlèvent toutefois pas le charme d'antan de la boutique, qui impressionne par sa grande variété. Ses copropriétaires font partie de la famille du fondateur, Oscar Hétu, qui a créé l'entreprise en 1929. À défaut de s'y rendre, on peut acheter en ligne.

Arhoma : 15, place Simon-Valois

«En 2007, on nous a dit qu'on surévaluait le quartier, qu'on ne pourrait pas vendre des fromages du Québec et des pains haut de gamme ici. Personne n'y croyait. Finalement, les résultats ont dépassé toutes nos attentes, même si ça a pris du temps avant que les gens viennent nous voir parce qu'on était dans le fond», raconte la propriétaire Ariane Beaumont. Aujourd'hui, Arhoma («HoMa», pour Hochelaga-Maisonneuve) loue quatre des cinq locaux de la place Valois, le dernier étant occupé par le saucissier William J. Walter.

Les Artisans d'Azure : 4862, rue Sainte-Catherine Est

Tassettes, carquois, grimoires, gambisons... Voilà un aperçu de ce qu'on trouve dans l'atelier-boutique Les Artisans d'Azure, ouverte il y cinq ans. Mais l'endroit se spécialise surtout dans les armures en cuir pour les jeux de rôles grandeur nature. Les créations sont vendues sur place, en ligne et dans quelques boutiques aux États-Unis et en Europe. Les artisans y fabriquent du sur-mesure et du prêt-à-porter, qui plaisent autant aux grands enfants qu'à l'industrie du spectacle (cinéma, théâtre).

Marcosa 3668, rue Ontario Est

Pour avoir la charmante impression d'être en voyage dans le Sud, rendez-vous chez Marcosa. La minuscule boutique vend des aliments venus du Mexique, du Brésil, du Salvador, etc. Envie de tester des cristaux de type Kool-Aid au maïs pourpre? Besoin de feuilles d'aloès fraîches pour apaiser la douleur d'un coup de soleil? Appétit subit pour une mole classique? On peut aussi déguster sur place une empanada maison ou boire un café.

Showroom : 3987, rue Sainte-Catherine Est

Avec plus de 10 000 fans sur sa page Facebook, la boutique de meubles scandinaves des années 50 à 70 (le plus souvent en teck) ne manque pas de notoriété, fait remarquer son propriétaire, Éric Duchesne. Il s'est pourtant installé sur une portion de la rue Sainte-Catherine «où il n'y a rien à voir», de sorte que personne ne s'y promène pour faire du lèche-vitrine. «L'endroit où se trouve un commerce n'a pas d'importance si on sait comment faire pour attirer du monde», croit l'entrepreneur, qui restaure les meubles sur place.

La coccinelle jaune : 4236, rue Sainte-Catherine Est

On a l'impression en entrant dans la Coccinelle jaune qu'on pourrait y passer la moitié de la journée à fouiner. L'endroit déborde d'objets inusités et originaux qui piquent la curiosité. Plus de 75 collections d'artisans y sont vendues (bijoux, sacs faits de matières recyclées, objets de décoration). La propriétaire, Gabrielle Moffett, privilégie les créations québécoises et équitables offertes «à prix d'ami». On y trouve aussi une vingtaine de collections de vêtements d'écodesigners dans l'espace Folle Guenille. La boutique souffle 10 bougies ces jours-ci.

L'Oiseau bleu : 4146, rue Sainte-Catherine Est

Que vous fabriquiez des bijoux, des bougies, des maquettes, des savons, des oeuvres d'art ou des broderies, il y a fort à parier que vous trouverez ce qu'il faut à L'Oiseau bleu. Le commerce, à la même adresse depuis 1953, vend plus de 50 000 produits et se démarque des concurrents en offrant de grandes quantités (50 lb de cire, par exemple). «On a créé (dans les années 90) des ateliers pour initier les gens à l'artisanat, car il n'y avait rien en français. Chaque année, des milliers de personnes y participent», souligne le propriétaire, Réjean Paquin.




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