Jacob retire sa pancarte «à vendre»

«Les centaines de témoignages que nous avons reçus... (Photo Jeannot Lévesque, Archives Le Quotidien)

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«Les centaines de témoignages que nous avons reçus de clientes au cours des derniers mois qui étaient déçues de nous voir partir, et qui nous encourageaient à trouver une façon de garder la marque en vie, nous ont inspirés à évaluer une option de relance», a indiqué à La Presse Christelle Basmaji, responsable des communications de Jacob et fille du fondateur Joey Basmaji.

Photo Jeannot Lévesque, Archives Le Quotidien

Deux mois après avoir fait des adieux à ses clientes, Jacob ne cherche plus d'acheteur pour ses actifs au Québec. Le détaillant demandera plutôt au tribunal, d'ici vendredi, plus de temps pour réussir à ficeler un plan de relance.

«Les centaines de témoignages que nous avons reçus de clientes au cours des derniers mois qui étaient déçues de nous voir partir, et qui nous encourageaient à trouver une façon de garder la marque en vie, nous ont inspirés à évaluer une option de relance», a indiqué à La Presse Christelle Basmaji, responsable des communications de Jacob et fille du fondateur Joey Basmaji.

Elle précise que «c'était bel et bien leur objectif de liquider et fermer lors de la dernière annonce [au début mai]». Et que ce n'est pas certain que Jacob sera en mesure de poursuivre ses activités. Mais elle confirme que les dirigeants cherchent le moyen de garder en vie ce fleuron du commerce de détail québécois.

Dans les provinces anglophones, des affiches dans les vitrines des magasins annoncent que tout doit être vendu, autant les vêtements que le mobilier. Au Québec, toutefois, seuls les vêtements sont à vendre. Cela laisse croire que la stratégie de Jacob est de restreindre ses futures activités dans son marché d'origine.

«Notre stratégie de fermeture de magasins commence dans l'Ouest, l'endroit le plus loin du siège social, et continue en se rapprochant du Québec. Donc, c'est la raison pour laquelle le message est différent», explique Cristelle Basmaji. Le nombre et l'emplacement des magasins qui pourraient survivre n'auraient pas été déterminés.

Et les baux?

Les activités quotidiennes sont assurées par une équipe réduite au siège social. En mai, près de 70% des 115 employés avaient été remerciés. Personne n'a été rembauché depuis. Contrairement à ce qui est indiqué sur le site web de Jacob, aucun poste n'est à pourvoir: la section «Carrière» n'a pas été mise à jour.

Il n'a pas été possible de savoir si certains baux de Jacob dans le reste du Canada avaient été vendus. Des centres commerciaux sont-ils intéressés à les reprendre? Des détaillants ont-ils déposé des offres? Jacob nous a demandé de poser nos questions au syndic à l'avis d'intention, Claudio Filippone, de PwC. Ce dernier a affirmé ne pas détenir d'information à ce sujet.

Le tribunal a donné au détaillant jusqu'au 18 juillet pour présenter un plan de restructuration, sans quoi il serait automatiquement en faillite. Jacob demandera une prolongation de ce délai, nous a confirmé PwC.

Troisième prêteur

Même si la CIBC a cessé de le financer, le détaillant peut se permettre d'élaborer un plan de restructuration puisqu'il a trouvé un prêteur intérimaire. Il s'agit de Continental Capital Investments (CCI), entreprise de l'arrondissement de Saint-Laurent qui appartient à Andrew Chelminski, ex-président des magasins de valises Bentley (de 1987 à 2013), et à Leonardo Gucciardi. Son secteur d'activité est «encanteur et liquidateur», peut-on lire dans le Registraire des entreprises du Québec.

Il s'agit d'un financement de type «DIP», pour debtor-in-possession, dans le jargon. Jacob a obtenu, auprès de CCI, une marge de crédit de 8 millions, au taux annuel de 15%.

Au cours de ses 30 premières années d'existence, Jacob a eu la Banque Nationale comme banquier. Une relation qui s'est très mal terminée, à en croire les témoignages acrimonieux livrés en 2010 par les parties en Cour (l'entreprise s'était alors placée à l'abri de ses créanciers pour une première fois). Joey Basmaji avait notamment déploré qu'une relation de 30 ans se soit «évaporée en 30 jours». La CIBC est ensuite devenue (en 2011) le prêteur du détaillant.




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