La dette de Jacob frôle les 90 millions

Les magasins Jacob jouissent de plusieurs emplacements de... (Photo Jeannot Lévesque, Le Quotidien)

Agrandir

Les magasins Jacob jouissent de plusieurs emplacements de choix dans des centres commerciaux performants comme le Carrefour Laval, le Centre Eaton, les Promenades Saint-Bruno et Laurier Québec.

Photo Jeannot Lévesque, Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les affaires ont été si mauvaises ces dernières années pour Jacob que sa dette a atteint 88,9 millions de dollars. C'est presque deux fois plus qu'il y a trois ans, quand le détaillant s'était placé pour la première fois à l'abri de ses créanciers.

Force est de constater que la restructuration et la multiplication des nouvelles stratégies (lancement d'un site transactionnel, fermeture des magasins déficitaires, embauche de Karine Vanasse comme égérie, collections plus colorées et moins chères) n'ont pas suffi à remettre Jacob sur les rails.

Le détaillant s'était sorti, en 2011, du processus de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Mais selon un document déposé au palais de justice de Montréal et consulté par La Presse, la rentabilité n'a plus jamais été au rendez-vous. L'année 2012 (exercice terminé le 2 février 2013) s'est soldée par une perte nette de 5,6 millions et la suivante (exercice terminé le 1er février 2014), par une perte de 9,2 millions.

Le chiffre d'affaires pour la période n'est pas précisé. L'entreprise privée réclame d'ailleurs le droit à la confidentialité et affirme son désir de ne pas partager ses informations financières. Leur divulgation serait «très préjudiciable» à Jacob puisqu'elles pourraient «potentiellement être utilisées par ses concurrents», fait valoir le détaillant qui utilise, cette fois, la Loi sur la faillite et l'insolvabilité (LFI).

Liquidation rapide

Le document nous apprend par ailleurs que Jacob veut procéder rapidement à la liquidation de ses actifs. Le syndic à l'avis d'intention, PricewaterhouseCoopers (le même cabinet qu'en 2010), a déjà entamé sa recherche d'un «liquidateur pour diriger le processus de liquidation des stocks, des meubles et des accessoires». Jacob espère avoir conclu la transaction au plus tard le 3 juin. Ce processus permettra d'obtenir un montant plus élevé que si la vente s'effectuait «dans un scénario de faillite», croit Jacob.

La valeur totale des actifs n'est pas indiquée dans la motion rédigée par le cabinet d'avocats Stikeman Elliott. Les stocks sont évalués à 51,2 millions et les comptes clients, à 640 000$. Mais l'entreprise possède aussi des baux (valeur encore indéterminée) «qui seront liquidés dans le processus».

Les magasins Jacob jouissent de plusieurs emplacements de choix dans des centres commerciaux performants comme le Carrefour Laval, le Centre Eaton, les Promenades Saint-Bruno et Laurier Québec. On peut penser que les propriétaires qui ont des listes d'attente seront ravis de récupérer le local. Mais ce ne sera pas le cas partout.

Mauvais moment

Un expert du secteur immobilier qui préfère conserver l'anonymat croit d'ailleurs que le moment est loin d'être idéal pour obtenir le meilleur prix pour ces baux, vu la morosité actuelle des ventes au détail. Les contrats auraient eu plus de valeur en 2010, estime-t-il, quand Jacob s'est placé à l'abri de ses créanciers pour la première fois en raison de sa dette de 46,7 millions.

À ce moment-là, les détaillants américains étaient plus nombreux à vouloir entrer au Canada. Des entreprises comme J. Crew ou Aéropostale, par exemple, auraient pu acheter tous les baux de Jacob, ce qui leur aurait assuré une belle présence d'un océan à l'autre.

Aujourd'hui, «ça risque d'être plus difficile de trouver preneur, mais c'était normal que Joseph [Basmaji, le propriétaire de Jacob] tente à ce moment-là de sauver son entreprise».

Ces dernières semaines, Jacob affirme avoir eu «plusieurs discussions avec la CIBC et d'autres prêteurs potentiels», mais qu'il n'a pas été possible de conclure une entente de refinancement.

Jacob possède 91 magasins dans 6 provinces et compte 991 employés (dont 115 au siège social du chemin de la Côte-de-Liesse).

Jacob: une dette de 88,9 millions

Créanciers garantis:

> CIBC: 9,3 millions

> Banque de développement du Canada: 7,5 millions

> Joseph Basmaji «prêt 3092»: 49,5 millions

> Joseph Basmaji «prêt 9182»: 9,8 millions

> Employés (salaires): 955 000$

> Total: environ 77 millions

En plus de créances non garanties de près de 12 millions




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer