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ALENA: pas d'accord sans flexibilité sur la gestion de l'offre, dit Mulroney

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Mylène Crête
La Presse Canadienne
OTTAWA

Brian Mulroney ne voit pas comment le Canada pourra conclure un accord de libre-échange avec les États-Unis sans faire preuve de flexibilité sur la gestion de l'offre.

«Nous n'allons pas avoir d'entente quelle qu'elle soit sans un compromis qui permet à M. Trump de clamer une victoire», a-t-il affirmé, mardi, alors que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et les négociateurs canadiens étaient de retour à Washington.

L'ancien premier ministre était de passage à Ottawa pour une conférence à Bibliothèque et archives Canada. Il a accepté de répondre aux questions des journalistes après l'événement.

M. Mulroney, qui conseille Justin Trudeau sur la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), a rappelé que le président américain Donald Trump veut une victoire pour les producteurs de lait du Wisconsin et a ajouté qu'il ne s'agissait que d'un dixième d'un pour cent de nos exportations de produits laitiers.

Le premier ministre Trudeau a répété à plusieurs reprises qu'il voulait défendre le système de gestion de l'offre qui permet de contrôler l'offre, le prix et les importations de produits laitiers, de volaille et d'oeufs, mais des concessions ont déjà été faites au cours des dernières années lors des négociations de l'accord entre le Canada et l'Union européenne et le Partenariat transpacifique.

Le Mouvement pour la gestion de l'offre, un collectif formé de représentants des producteurs de lait, de volaille et d'oeufs, accuse M. Mulroney de nuire aux négociateurs canadiens par ses prises de position.

«Les sorties de Brian Mulroney sont nuisibles à la défense des intérêts du Canada dans cette négociation», ont-ils écrit dans une lettre diffusée le mois dernier en précisant que la gestion de l'offre donne de la stabilité autant aux producteurs qu'aux consommateurs.

Les détracteurs de ce système font plutôt valoir qu'il fait gonfler les prix et que les consommateurs paient plus cher pour leur panier d'épicerie.

«Je comprends bien les cultivateurs et je n'essaie pas de démolir la gestion de l'offre, mais qu'on indique un peu de flexibilité qui va permettre à M. Trudeau et à Mme Freeland de négocier une entente qui couvre le tout», a répondu M. Mulroney

M. Mulroney croit qu'il est toujours possible pour le Canada et les États-Unis d'en arriver à une entente bientôt, malgré les déclarations du président Trump qui laissent penser le contraire.

«Je demeure confiant que le gouvernement Trudeau va réussir la conclusion de cette négociation parfois difficile», a-t-il dit.

L'ex-premier ministre a reconnu à la fin de sa conférence, en répondant à une question du public, que la situation avait été plus facile pour lui lors des premières négociations de l'ALENA que celle dans laquelle se trouve Justin Trudeau aujourd'hui.

«Je trouve que le gouvernement, qui se trouve dans une situation complexe, représente bien le Canada et les Canadiens doivent le savoir», a-t-il souligné.

Fidèle à elle-même, la ministre des Affaires étrangères a été discrète quand elle a été interrogée sur les remarques de M. Mulroney. Elle a refusé de parler publiquement des discussions autour de la table de peur de saper ce qu'elle a qualifié d'atmosphère cordiale et productive.

«Cela a été la bonne décision jusqu'ici», a déclaré Chrystia Freeland mardi soir à propos de l'accord mutuel d'éviter de divulguer publiquement les détails des négociations.

«Le fait de ne pas négocier en public nous a permis d'avoir les conversations franches et ouvertes dont nous avons besoin autour de la table et cela a contribué de manière cruciale à instaurer cette confiance et cette bonne foi des deux côtés.»

Plus tôt dans la journée, la ministre a souligné le 17e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre. Un événement qui a servi à rappeler la relation de longue date entre les deux pays.

«Peut-être que cela nous aide à remettre en perspective les négociations que nous menons - et à mettre un peu de contexte historique autour de l'importance de la relation entre le Canada et les États-Unis», a commenté Mme Freeland.

«En fin de compte, nous sommes voisins et les voisins s'entraident quand ils en ont besoin», a-t-elle conclu.




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