Les immigrantes subissent plus d'iniquités dans l'emploi

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Le rapport interne du ministère conclut que les politiques de sélection des programmes d'immigration ne misent pas suffisamment sur la valeur économique de ces femmes.

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Teresa Wright
La Presse Canadienne
OTTAWA

Les immigrantes se heurtent à plus d'obstacles à l'emploi que les femmes nées au Canada, mais aussi davantage que les immigrants masculins, révèlent des données compilées par le gouvernement fédéral. Ces immigrantes gagnent aussi moins que les autres.

Les données du ministère fédéral de l'Immigration, obtenues par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l'accès à l'information, démontrent un écart persistant entre les femmes nées au Canada et les immigrantes, même si elles sont installées au pays depuis un certain temps. Les chiffres révèlent par ailleurs que ces nouvelles arrivantes sont souvent des épouses d'« immigrants économiques » ou des réfugiées.

Le rapport interne du ministère conclut que les politiques de sélection des programmes d'immigration ne misent pas suffisamment sur la valeur économique de ces femmes. Selon cette analyse, c'est l'intégration au marché du travail qui constitue le principal défi de ces immigrantes, car les écarts persistent même quelques années après leur arrivée.

Les données révèlent même que les obstacles à l'emploi demeurent pour les enfants d'immigrants, particulièrement des minorités visibles, même si ces jeunes sont plus instruits que les jeunes nés au Canada. De fait, les enfants d'immigrants de presque toutes les minorités visibles gagnent moins que les jeunes Canadiens nés au pays.

Le rapport interne note par ailleurs que la situation des immigrants en général s'améliore avec le temps: le revenu annuel des travailleurs immigrants hautement qualifiés dépasse le revenu moyen des Canadiens peu de temps après leur arrivée au pays, et augmente encore par la suite. Par contre, le revenu des épouses ou des personnes à charge d'« immigrants économiques », ou celui des immigrants qui ne sont pas de la composante économique, mettent plus de temps à s'installer financièrement - et ce sont les réfugiés qui ont le plus de mal.

De fait, les réfugiés et les immigrants qui bénéficient du regroupement familial occupent souvent des boulots qui exigent moins d'instruction ou qui offrent une formation en cours d'emploi. Leurs revenus sont aussi moins élevés que la moyenne canadienne.

Par ailleurs, les immigrants qui ont obtenu leur citoyenneté éprouvent un sentiment d'appartenance au Canada plus fort que celui des Canadiens nés au pays ou que les immigrants qui ne sont pas encore citoyens. Les immigrants récents sont aussi en meilleure santé et courent moins de risques de développer plusieurs maladies chroniques. Mais ces avantages diminuent à mesure qu'ils s'installent au Canada. Les réfugiés, par contre, courent plus de risques de souffrir de problèmes physiques ou mentaux.

Fait intéressant: une majorité de Canadiens se disent en faveur des seuils d'immigration actuels, mais cet appui chute lorsqu'on leur apprend combien d'immigrants exactement arrivent chaque année au Canada. Les fonctionnaires recommandent au gouvernement de tenir à l'oeil ce « point de bascule » dans l'opinion publique, afin de maintenir le nécessaire consensus sur l'immigration.




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