Après Fort McMurray, comment réagira l'économie canadienne?

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M. Poloz a comparé les impacts économiques de l'incendie de Fort McMurray aux inondations dévastatrices qui avaient ravagé le sud de l'Alberta en 2013.

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, estime qu'il est difficile de prédire à quel moment l'économie canadienne se redressera dans la foulée de l'immense incendie qui a ravagé une communauté en Alberta et forcé l'interruption de la production des sables bitumineux.

M. Poloz croit que cela dépend de la vitesse à laquelle les installations de sables bitumineux reprendront du service.

Il faut considérer un autre facteur important, selon lui, qui est probablement le plus difficile à contrôler - soit le moment du retour au travail pour les habitants qui avaient été évacués.

Interrogé par les journalistes à ce sujet, samedi, alors qu'il était de passage à l'Université d'Ottawa, M. Poloz a souligné qu'il s'agissait d'une «situation très difficile», ajoutant qu'il ne voulait pas en faire une «question mécanique».

La banque centrale a récemment prédit que le brasier - qui s'est déclaré au début du mois de mai dans la province riche en pétrole - allait diminuer de 1,25 point de pourcentage la croissance économique pour le deuxième trimestre de l'année 2016. Elle avait toutefois prévenu qu'il s'agissait seulement d'un «examen préliminaire».

En avril, la banque avait anticipé une croissance annuelle de 1 pour cent pour le deuxième trimestre selon les données du produit intérieur brut (PIB).

Cela signifie que les répercussions de l'incendie pourraient avoir pour effet de provoquer une contraction économique au pays pour le deuxième trimestre.

Les prévisions à la baisse de la banque centrale font suite à des prédictions semblables émises par les économistes de grandes banques.

M. Poloz a suggéré qu'environ la moitié - et peut-être même un peu plus - de la perte estimée de 1,25 point de pourcentage s'expliquait par la baisse des activités pétrolières.

La Banque du Canada avait également indiqué au mois de mai qu'elle s'attendait à ce que l'économie effectue un rebond au cours du troisième trimestre, lorsque la production pétrolière aura repris et que la reconstruction de la région sera en cours.

M. Poloz a comparé les impacts économiques de l'incendie de Fort McMurray aux inondations dévastatrices qui avaient ravagé le sud de l'Alberta en 2013. Dans ce cas, le processus de reconstruction avait été graduel, a-t-il rappelé.

La banque offrira un meilleur portrait de la situation le mois prochain, lorsqu'elle publiera son rapport sur la politique monétaire, a affirmé le gouverneur.

Selon des experts, l'équivalent d'un million de barils de pétrole par jour ont été perdus lors du désastre. La première ministre de la province a elle-même soutenu qu'il faudrait des années pour se relever du passage de l'incendie, qui a détruit 2400 édifices à Fort McMurray.

Le gouverneur était présent samedi à l'université pour discuter de l'impact des politiques économiques sur le niveau d'endettement des secteurs privé et public.

Dans son discours, il a expliqué que le niveau d'endettement des secteurs privé et public était fortement influencé par le dosage entre les dépenses du gouvernement et les politiques monétaires comme le taux directeur.

M. Poloz a indiqué que la meilleure combinaison d'approches budgétaires et monétaires variait en fonction de la situation économique.

Cette allocution est prononcée alors que plusieurs pays à travers le monde ajustent leur dosage de politiques budgétaires et monétaires dans l'espoir de stimuler leur croissance économique.

Le gouvernement de Justin Trudeau a changé la façon de faire du gouvernement fédéral au cours des derniers mois en promettant d'investir des milliards de dollars de plus dans des projets permettant de relancer l'économie, dont les infrastructures.

Dans son allocution, Stephen Poloz a expliqué que l'un des scénarios élaborés par la Banque du Canada montrait que des dépenses gouvernementales plus importantes jumelées à des taux d'intérêt élevés entraînent une baisse du niveau d'endettement privé et une hausse de la dette publique.

Le scénario inverse provoque une montée de la dette du secteur privé et une baisse du niveau d'endettement du gouvernement.

M. Poloz a insisté sur le fait que trouver le bon équilibre était une tâche difficile pour les décideurs étant donné qu'un niveau d'endettement élevé au privé ou au public représentait une menace pour la stabilité financière.

«Il est toujours facile de juger après coup, et ce genre d'analyse ne présenterait ici que peu d'intérêt. Le meilleur dosage des politiques monétaire et budgétaire dépendra de la conjoncture économique», a-t-il conclu.




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